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Mai 06

Lutte contre les changements climatiques : Le Maroc disposé à partager son savoir-faire avec les pays africains et de la région MENA (Nouzha Chekrouni)

nouzha-chekrouniOttawa, 05/05/2016 (MAP)- Le Maroc est disposé à partager son savoir-faire en matière de lutte contre les changements climatiques avec les pays africains et ceux de la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA), a affirmé, mercredi à Ottawa, l’ambassadeur du Royaume au Canada, Mme Nouzha Chekrouni.
« Dans le cadre de sa politique basée sur les principes de solidarité, le Maroc est disposé à partager son savoir-faire en la matière, à travers des partenariats innovants, particulièrement avec les pays africains et ceux de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) », a souligné Mme Chekrouni, qui intervenait lors d’une conférence à l’Université de Carleton sous le thème : « Du changement climatique à la durabilité environnementale: défis et opportunités pour l’Afrique et le Canada ».
Dans ce sens, elle a indiqué, devant une assistance composée notamment de diplomates africains et d’universitaires, que la mise en oeuvre de l’accord historique de Paris offre une opportunité unique pour l’élaboration de feuilles de route en faveur d’un développement durable qui placent la protection du climat et l’égalité des sexes au cœur des priorités, notamment en Afrique.
Pour l’Afrique tout particulièrement, l’accord de Paris représente une occasion unique qui permet de mettre au point des stratégies s’appuyant sur de nouvelles approches et technologies afin de réaliser le rêve d’un continent africain en plein essor sur les plans économique et environnemental, a-t-elle ajouté lors d’un panel dans le cadre de son intervention sur l’investissement dans l’autonomisation des femmes et l’énergie renouvelable pour une Afrique verte.
Mme l’Ambassadeur a soutenu que le Maroc, qui abritera du 7 au 18 novembre prochain la 22ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP22), a adopté une politique nationale intégrée pour garantir la protection de l’environnement, la lutte contre les effets du changement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 32 pc d’ici 2030.
Pour ce faire, a-t-elle poursuivi, le Maroc a adopté, entre autres, la Charte nationale de l’environnement et la stratégie de l’efficacité énergétique et procédé à la libéralisation du secteur des énergies renouvelables, notant que le Maroc a également fixé des objectifs encore plus ambitieux qui consistent à satisfaire 52 pc de sa demande en électricité à partir de sources d’énergies propres d’ici 2030, grâce notamment aux projets d’énergie solaire et éolienne.
Mettant en exergue l’importance de la COP22, qui aura lieu dans la cité ocre, où l’effort collectif mondial se focalisera sur la mise en œuvre des dispositions de l’accord de Paris, Mme Chekrouni a fait savoir que cet événement planétaire, qui se tiendra sur le sol africain, sera l’opportunité idoine pour les pays du continent et ceux qui sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique, de se concentrer sur leurs besoins spécifiques en matière de financement et de transfert de technologies.
Alors que le monde commence à mettre en oeuvre les dispositions de l’accord de Paris, la COP22 de Marrakech, qualifiée de conférence de « l’action » est d’autant plus importante puisqu’elle va contribuer à la réalisation de l’agenda 2030 et des Objectifs de développement durable (ODD), a-t-elle dit, précisant que cette conférence ambitionne aussi de renforcer la contribution effective de tous aux efforts internationaux de lutte contre les changements climatiques.
Notant que l’Afrique dispose d’un énorme potentiel en matière d’énergies propres grâce à ses ressources hydrauliques, solaires, éoliennes et géothermiques, Mme Chekrouni a estimé que la prise de conscience des décideurs africains pour s’engager sur la voie des énergies renouvelables afin de sauver le continent et par de là la planète est « salutaire », ajoutant que le fait que la question du genre se pose aussi parmi les priorités pour atteindre cet objectif constitue une avancée notable sur la voie de la réalisation du développement durable et de l’égalité des sexes.
Cependant, a-t-elle relevé, ces seules mesures indéniablement cruciales ne sont pas suffisantes si elles ne sont pas accompagnées d’actions où l’implication des acteurs de la société civile et des citoyens/citoyennes concernés, notant que pour inscrire la lutte contre les changements climatiques dans le long terme, les sociétés ont besoin de mobiliser les femmes qui sont les plus touchées par leurs impacts négatifs.
Et Mme Chekrouni de soutenir qu’il faut agir localement et être à l’écoute des problèmes auxquels les femmes font face, car c’est avec leur participation que l’on peut rechercher les solutions adéquates et durables, estimant que les femmes représentent un gisement inestimable qu’il faut « mobiliser, encadrer et former ».
Les femmes doivent être impliquées dans la prise de décisions et jouer un rôle de leadership dans la promotion d’un accès décentralisé à l’énergie renouvelable, a-t-elle insisté, soulignant que l’énergie propre ainsi que l’égalité des sexes sont des conditions préalables pour réaliser le développement durable et lutter contre le changement climatique tels que définis dans l’agenda 2030 pour le développement durable.
Mme l’ambassadeur a affirmé, dans ce sens, que l’autonomisation des femmes ne peut être réussie ou durable qu’à travers des actions visant à relever les défis du changement climatique, faisant observer que les initiatives d’adaptation ne peuvent réaliser leur plein potentiel si les préoccupations et les priorités relatives à l’égalité des sexes ne sont pas intégrées dans ces politiques.
Et de conclure que les femmes peuvent devenir des agents du changement positif pour un accès à l’énergie renouvelable pour tous.
Cette conférence a été également marquée par la diffusion une vidéo de la Banque Mondiale sur le plus grand complexe énergétique solaire au monde « Noor Ouarzazate ». A cette occasion, Mme Chekrouni a souligné que ce grand projet d’envergure marque un tournant majeur dans la politique énergétique du Maroc qui s’érige désormais en un modèle à suivre en matière d’utilisation des énergies propres, qui respecte l’environnement et contribue au développement économique et social durable.

Elle a aussi affirmé que ce projet gigantesque reflète la volonté et la vision stratégique et clairvoyante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de faire du Royaume un leader dans le domaine des énergies renouvelables et du développement durable.(MAP)