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Oct 31

Interview MAP /A. El Fouladi La COP22, une nouvelle démonstration de l’engagement infaillible du Maroc en faveur de l’environnement et du développement durable.

Photo : Abderrahman El Fouladi animant l’une des cessions de la conférence ‘’Territoires et changements climatiques’’ organisée par la Fondation de la Mosquée Hassan II, à Casablanca (Maroc) , le 22 octobre 2016.

el-fouladiL’organisation de la 22ème Conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP22), du 7 au 18 novembre prochain à Marrakech, est une nouvelle démonstration de l’engagement infaillible du Maroc en faveur de la protection de l’environnement et du développement durable, a affirmé M. Abderrahman El Fouladi, climatologue maroco-canadien et fondateur de l’entreprise “Géo Planète Solutions Canada”.

“L’organisation au Maroc de la COP22 vient consacrer et reconnaître de nouveau, si besoin est, l’engagement infaillible et les efforts considérables consentis par le Royaume pour la protection de l’environnement, la lutte contre le réchauffement climatique et la promotion du développement durable”, a souligné M. El Fouladi dans un entretien accordé à MAP-Montréal.

Il a ajouté que la tenue sur le sol marocain de cet événement planétaire, qui marquerait un “tournant crucial” dans les efforts de la communauté internationale pour l’opérationnalisation et la mise en application des dispositions de l’Accord de Paris, issu de la COP21, “démontre aussi la confiance et la grande estime dont jouit le Royaume à l’échelle mondiale dans le domaine écologique, en vue de contribuer à l’émergence d’une nouvelle économie verte favorisant une croissance propre”.

Concilier Développement et protection de l’environnement

Dans ce sens, il s’est félicité des actions d’envergure et des stratégies multidimensionnelles mises en œuvre par le Royaume pour la préservation de l’environnement et le développement de l’économie verte, sous le leadership visionnaire de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et ce, dans le cadre d’une approche inclusive en vue de concilier le développement socio-économique que connaît le pays avec l’impératif de la protection de l’environnement, tout en veillant à renforcer la position du Royaume sur l’échiquier international, notamment en matière d’énergies renouvelables.

Cap sur la Résilience et l’adaptation

“Si la COP21 a su, grâce à l’Accord de Paris qui entrera officiellement en vigueur le 4 novembre prochain, régler en grande partie le problème de l’atténuation, à travers notamment les engagements pris par les pays signataires pour la réduction des émissions des gaz à effet de serre et le développement des énergies renouvelables, elle a aussi mis la table, côté adaptation, pour la COP22, faisant de la conférence de Marrakech, à juste titre la Conférence de +l’action tous azimuts+ pour augmenter la résilience et permettre l’adaptation des systèmes, des écosystèmes et des êtres humains aux aléas climatiques”, a-t-il expliqué.

  1. El Fouladi a indiqué, par ailleurs, que l’organisation par le Maroc de cet événement majeur sera aussi l’occasion pour le Royaume d’être le porte-voix du continent africain et le défenseur de ses causes environnementales tout au long de sa présidence de cette Conférence pour une année, soulignant que le Royaume, fortement engagé en faveur du développement économique et social dans les pays africains et de la promotion de la coopération Sud-Sud, oeuvrera pour renforcer cette prise de conscience mondiale quant à la nécessité de poursuivre l’engagement collectif face au changement climatique et de mobiliser les moyens et fonds nécessaires devant aider les pays vulnérables d’Afrique et d’Amérique latine et les petits États insulaires à faire face aux aléas des dérèglements climatiques et réaliser ainsi le développement durable escompté.

“La Présidence marocaine de la COP22 sera toujours à l’écoute de ses frères africains, et oeuvrera inlassablement à mettre en application avec eux les décisions très attendues de cette Conférence. Le Maroc sera, en effet, la figure de proue dans la préparation d’une action commune pour la prochaine COP23?, a-t-il précisé.

Mettre de l’avant la cause des ‘’réfugiés climatiques’’

Mais au delà des initiatives déjà au menu de cette COP22, il est fort souhaitable que les délégations participantes se focalisent aussi sur la question des “réfugiés climatiques”, a-t-il insisté, soulignant la nécessité de la fédération des énergies de tous pour agir en faveur d’une “justice climatique” car le réchauffement planétaire provoque également des migrations qui engendrent plus de réfugiés que les guerres.

“Mon espoir est grand de voir, lors de cette COP22, le problème des migrations climatiques attirer davantage l’attention des Etats : Les pays les plus touchés par ce phénomène sont ceux qui sont les moins responsables du réchauffement de la planète”, a-t-il soutenu.

Dans ce sens, M. El Fouladi a fait savoir que durant les décennies à venir, le Royaume, dernier rempart entre les migrations climatiques de l’Afrique subsaharienne et l’Europe, pourrait faire face à ce nouveau phénomène migratoire, d’où la nécessité d’identifier les stratégies et de mobiliser les moyens nécessaires pour faire face aux éventuels mouvements de masses des populations subsahariennes sous l’impact des changements climatiques.

“J’espère du fond du coeur que la COP22 de Marrakech entrera dans l’Histoire grâce, entre autres, à un accord ou ne serait-ce qu’une initiative sérieuse pour plaider la cause des migrants ou réfugiés climatiques”, a-t-il souhaité en conclusion.

Propos recueillis par Hassan El Amri (MAP / Montréal)