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Mar 03

«Du nouveau sur la marocanité du Sahara : Archives inédites et réalités socio-historiques», thème d’une conférence-débat à Dar Al-Maghrib à Montréal

Montréal, 03/03/2017 (MAP)- «Du nouveau sur la marocanité du Sahara : Archives inédites et réalités socio-historiques» a été le thème d’une conférence-débat, organisée, jeudi soir, au centre culturel marocain «Dar Al-Maghrib» à Montréal.

Animée par Jillali El Adnani, historien et enseignant-chercheur à l’Université Mohammed V de Rabat, cette conférence lui a permis de présenter à l’assistance de nouvelles vérités sur la marocanité du Sahara telles que révélées par de récentes consultations scientifiques et des documents inédits et déclassifiés qu’il a exploités à partir notamment des archives des anciennes puissances coloniales.

Dans ce sens, M. El Adnani, qui est également directeur du Centre de l’histoire du Temps présent, a fait savoir que ces nouvelles données ont été rassemblées et analysées avec soin après un long travail de fouille, entre autres, dans les Archives nationales d’Outre-Mer à Aix-en-Provence, les archives diplomatiques de Nantes et de la Courneuve, celles du centre de Koulouba à Bamako, au Mali, et celles du centre des archives nationales de Dakar, au Sénégal.

Relevant que sa recherche, commencée il y a plusieurs années, s’est faite alors que le conflit du Sahara entrait et se développait dans une actualité qu’il n’a pas encore quittée, il a ajouté que ces sources ont une objectivité irréfutable puisqu’elles sont, toutes, celles des archives mêmes des autorités coloniales qui prirent le contrôle du Sahara.

Les textes extraits de ces sources montrent notamment que des prétextes multiples furent invoqués pour créer des situations de fait au Sahara, en vue de contrer ou d’ignorer des revendications marocaines sur des territoires que la colonisation, elle-même, et jusqu’à l’indépendance du Maroc, avait pourtant reconnu comme relevant de la souveraineté effective du Royaume, a-t-il expliqué.

Et M. El Adnani d’estimer que le conflit actuel sur le Sahara marocain apparaît, avec ce regard sur l’histoire, comme une «imposture».

Selon l’éminent historien, il est le résultat, différé dans le temps, d’une politique coloniale française qui a soustrait des territoires de souveraineté marocaine pour réaliser la grande ambition d’un vaste ensemble rattachant l’Algérie française à l’Atlantique et aux territoires français de l’Afrique occidentale.

Dans ce cadre, M. El Adnani a expliqué que son ouvrage, fruit de son travail, intitulé «Le Sahara à l’épreuve de la colonisation : Un nouveau regard sur les questions territoriales» (2014) est un livre d’histoire mais les faits qu’il rapporte en font, bien que cela n’ait pas été son intention d’historien, un livre de clarification d’un contexte complexe.

Ce livre invite à un autre regard, celui de l’historien et de l’investigation basée sur un travail d’archives de longue haleine, a-t-il dit.

Et de poursuivre qu’une deuxième édition de cet ouvrage, remaniée et adaptée au grand public vient d’être publiée sous le titre «A la conquête du Sahara marocain : deux siècles de convoitises étrangères – Les nouvelles révélations des archives françaises», afin qu’il puisse prendre connaissance de ce travail pour sa compréhension des origines de la question du Sahara.

Rappelant que ce conflit régional a nourri une masse considérable d’écrits qui, pratiquement tous, se sont exprimés sur les débats politiques, juridiques ou idéologiques qui concernaient les positions des différentes parties, M. El Adnani a fait remarquer que la réflexion à partir de l’histoire appelle d’autres attitudes, celle de la prise de distance et celle de l’acceptation des faits objectifs et prouvés.

Egalement spécialiste de l’histoire sociale et religieuse à l’Université Mohammed V de Rabat, Jillali El Adnani compte plusieurs publications à son actif, notamment « La Tijaniyya (1791-1880) : les origines d’une confrérie maghrébine » (2007), « Jacques et Augustin Berque, anthropologie coloniale et dilemme de la modernisation » (2013) et « Mosquée de Paris, oeuvre marocaine et patrimoine mondial » (2016).(MAP)