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Nov 09

Rendre à Coderre ce qui revient à Coderre

CaptureMais que c’est-il passé ce 5 novembre pour que celui qui croyait avoir redonné ‘’sa dignité’’ à toute une métropole subisse une défaite aussi cuisante ?

Tous sont tombés des nus . Et plus que l’intéressé , les adversaires, les alliés de toujours, les girouettes et… Surtout ceux qui ont affiché leur allégeance à la dernière minute; tellement la victoire semblait être acquise !

Certes le peuple avait parlé. Mais avait-il besoin de crier si fort comme disait l’autre ?

Alors… Est-ce l’attitude de M. Coderre que certains trouvaient arrogante ? Sur ce point le maire sortant déclara à la presse quelques jours avant le scrutin : « Vous m’avez comme je suis: Avec mes qualités et mes défauts… Mais vous avez quelqu’un en moi qui, pendant les quatre dernières années, prenait des décisions, prend des décisions et les assume »

Arrogant ? Il serait plutôt déterminé comme il le souligne lui-même. Et de la détermination, il l’avait semé à tout vent : Dans son bras-de-fer avec les policiers et les pompiers ou dans le lancement de chantiers de construction tout azimut au point de donner à la métropole un visage de ville en état de siège !

Mais contre les inconvénients de tout ce remue-ménage à grande échelle, Le maire semble faire confiance au bon sens de l’électorat ; bon sens qui finira par faire découvrir aux montréalais et montréalaises tout le bien à court et moyen terme de ces grands travaux. Et, semble-t-il avec tous les points marqués auprès des gouvernements provincial et fédéral ainsi que sur la scène internationale, les désagréments causés par les chantiers de construction ne seraient qu’un lointain mauvais souvenir.

En effet, selon Radio Canada, Denis Coderre aurait ramené l’intégrité à l’Hôtel de Ville, « avait réussi à faire adopter par Québec la loi sur le statut de métropole (la veille du déclenchement des élections) et avait négocié des projets qui verront le jour bientôt, à commencer par le Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec, dont le projet de loi a été adopté en pleine campagne électorale ».

Tout semble donc indiquer que Coderre avait remis Montréal sur les rails. Et selon le journaliste Michel C. Auger, « Montréal s’est remise à fonctionner comme une administration publique normale après des années d’errance et de corruption». Et le journaliste d’ajouter « Certaines des initiatives de M. Coderre, comme la création du Bureau de l’inspecteur général, ont été de grandes réussites et doivent être conservées »

Le message semble donc clair et compréhensible par tous : le Maire est en train de faire bouger les choses aussi bien dans la métropole que pour la métropole auprès de villes-partenaires, des deux autres paliers de gouvernement qu’à travers le réseau mondial des maires.

Concernant ce dernier point, Coderre avait renforcé la position de Montréal dans ce qu’on peut qualifier de diplomatie urbaine qui se ramifie au-delà des frontières nationales pour influencer les grandes décisions aux sein de la communauté internationale. Il faudrait voir M. Coderre évoluer parmi les maires du Monde lors du XIIe Congrès mondial de Metropolis –  à Montréal en juin dernier, cherchant à unifier des positions pour envoyer des messages forts quant aux grands enjeux de la planète dont le changement climatique n’est pas le moindre ! Est-ce ce dernier enjeu qui le motiva pour s’accrocher à la formule E et pour faire d’elle une réussite à tout prix ? sachant ses retombées positives sur la ville de Montréal qui passera dans l’Histoire comme la Ville Verte ayant fait la promotion des énergies propres à travers un sport ?

On ne le saura sans doute jamais vu ce côté compact, voire secret, de l’individu… Et il faut se rendre maintenant à l’évidence que M. et Mme tout le monde ont fait fi de ce bilan concret de M. Coderre, de sa vision future et futuriste, et ce, pour caresser un rêve à un avenir meilleur pour la métropole selon la vision de l’équipe  Valérie Plante.

Sans doute le manque de transparence, ajouté à des chantiers de construction qui ne finissent pas de finir; transformant le quotidien des usagers de la route en enfer, auraient poussé l’électorat à opter pour un rêve en plus de 400 promesses électorales dont la plus importante est sans doute la fameuse ligne rose du métro . Viennent ensuite les 300 bus hybrides d’ici 2020, les 12 000 logements sociaux en 4 ans, le remboursement des droits de mutation immobilière, ou « taxe de bienvenue », à quelque 5000 familles , l’instauration d’un tarif social pour les usagers du transport en commun à faible revenu etc… Etc. !

Or pour que l’équipe de la Mairesse, Mme Valérie Plante, vienne à bout de toutes ses promesses électorales, il lui faudrait en exaucer environ 10 par mois ! Ceci sans oublier les aléas hérités de l’administration Coderre dont les chantiers de construction (toujours là) ne sont pas les moindres… De quoi rendre la victoire aussi indigeste que la défaite. Mais nous avons devant nous quatre années pour déchanter ou pour applaudir chaudement la Première mairesse de l’Histoire de Montréal.

Par A. El Fouladi, Maghreb Canada Express, Vol XV, N°11, Novembre 2017

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