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Déc 26

Maroc : Quelques faits qui ont marqué le pays en 2017

L’année 2017 a été marquée par un certain nombre d’événements majeurs. Certains risquent de tomber vite dans l’oubli alors que d’autres vont rester gravés dans  notre  mémoire collective, au moins  pour un bon moment. La radioscopie des faits saillants ayant  marqué l’année 2017 au Maroc, nous a permis de faire ressortir plusieurs événements de haute importance que nous allons présenter dans un récit récapitulatif mais non chronologique car, j’estime  que l’importance intrinsèque  d’un événement dépend de l’ampleur de ses impacts et de ses incidences et non du moment durant lequel il s’est produit. Ceci dit,  le temps et surtout  le contexte garde  toute   son importance et son utilité pour un exercice qui vise à   mieux comprendre   les tenants et les aboutissants d’une décision politique. L’année 2017 a connu plusieurs faits saillants qui ont concerné plusieurs domaines à savoir la politique intérieure, la compétition autour du leadership au sein de certains partis politiques, la  diplomatie et les affaires étrangères, la technologie spatiale, les performances sportives et la gestion désastreuse des actions caritatives.

  1. POLITIQUE INTÉRIEURE

  • Formation d’un nouveau gouvernement :

       Le 16 mars 2017, le Roi Mohammed VI a déchu M Abdelilah Benkirane de ses fonctions de chef de  gouvernement désigné. Un jour après, le souverain marocain  a désigné M Saad- Eddine El Othmani  pour succéder à Benkirane et amorcer, sans délais,  les consultations  nécessaires avec les partis politiques pour la formation d’une  nouvelle majorité  gouvernementale. Vingt jours seulement après sa nomination au  poste de chef de gouvernement désigné, El Othmani  a pu constituer une nouvelle coalition et former un nouvel Exécutif  dirigé par le Parti de la Justice et du Développement  ( PJD), le parti  islamiste qui a remporté  les élections législatives du 7 octobre 2016 .

  Il sied de rappeler que M Abdelilah Benkirane, qui était à l’époque Secrétaire Général  du PJD, a été nommé suite aux résultats des élections législatives du 7 octobre 2016 et en application de l’article 47 de la Constitution marocaine.  En vertu du même article, le Roi Mohammed VI a mis fin aux fonctions de M Abdelilah Benkirane . M El Otmani qui occupait la fonction de  président du conseil national du PJD ( parlement du parti) a été nommé, à la place de Benkirane, conformément à la même logique c’est-à-dire en prenant en considération les résultats du scrutin du 7 octobre 2016 , ce qui a permis à un membre du PJD de succéder à un autre membre du même parti.

Par conséquent le PJD a pu  conserver le poste de  chef du gouvernement. A cet égard, il y a lieu de relever que si  la nomination de Benkirane ne suscitait aucune interrogation puisqu’il s’agissait d’une décision en parfaite conformité avec la Constitution marocaine, celle  de Saad-Eddine El Othmani  a été décidée suite  à une interprétation intelligente et pragmatique de l’article 47 de la Constitution, un article qui ne prévoit pas un tel cas de figure, c’est-à-dire la conduite à observer au cas où le chef de gouvernement désigné n’arrive pas à former une nouvelle majorité et partant  un nouveau gouvernement. Un vide juridique qu’il conviendrait, probablement, de combler par un amendement de l’article 47 de la constitution marocaine, adoptée par référendum  le 1er juillet 2011.

Nommé le 10 octobre 2016  pour un second mandat d’affilée à la tête de l’Exécutif, Abdelilah Benkirane n’a pas pu former une nouvelle majorité gouvernementale malgré les efforts qu’il a entrepris pendant plus de cinq mois. Par contre, El Othmani parvint à constituer un nouveau gouvernement dans un délai très court (20 jours seulement). Ainsi, du jour au lendemain, l’immobilisme et le « blocage » auxquels devrait faire  face   Benkirane  ont disparu soudainement. Ce qui n’est pas sans susciter de multiples et légitimes  interrogations  sur la  « baguette  magique » mise au service d’El Othmani. Evidemment pour la majorité des Marocains, le fait qu’une personne débarque et cède les commandes à une autre  n’a pas d’importance, car les décisions stratégiques sont prises à un autre niveau, plus élevé. Ce qui importe plus  pour eux, ce sont des initiatives concrètes, simples et à la portée d’un chef du gouvernement  mais qui peuvent réduire les coûts financiers  pour le citoyen, dont notamment les profils et les compétences des ministrables ainsi que l’ingénierie et la taille du gouvernement. En optant pour un gouvernement pléthorique par rapport aux normes internationales et en restant moins regardant sur les profils exigés, El Othmani  aurait amorcé  un « mauvais départ » en commettant la même erreur dont les coûts financiers et autres peuvent s’avérer énormes pour les contribuables dans un pays qui souffre d’un taux élevé du chômage surtout des jeunes et de la pauvreté, voire de la  précarité qui caractérise la vie d’une bonne partie de sa population. Le drame de la localité de Sidi Boulaalam en est une parfaite illustration qu’il convient de  bien méditer.

  • Éviction de Hamid Chabat et de Benkirane

Dans un véritable jeu démocratique et non de façade, le changement à la tête d’un parti politique est un événement normal et récurrent qui résulte de la mise en marche de la démocratie interne qui devrait sévir  au sein des partis politiques.  La reproduction  des élites politiques et la préparation de la relève dépendent de la gestion du processus de changements à opérer au niveau des structures et des organes des partis. Malheureusement, ce n’était pas le cas pour les partis de l’Istiqlal et du PJD. La lutte acerbe  déclenchée autour du troisième mandat de Benkirane à la tête du Secrétariat Général du PJD et la résistance acharnée de Chabat contre le projet de son éviction montre clairement «  la culture de l’attachement aux sièges » et  le manque d’autonomie dont souffrent les partis politiques marocains.

Le  7  octobre 2017, Hamid Chabat a été écarté de  la présidence du parti de l’Istiqlal  pour céder les commandes à Nizar Baraka, un homme politique mais surtout un bon technocrate très apprécié par les milieux proches du véritable centre  de pouvoir et  des décisions stratégiques  au Maroc. Le 10  décembre 2017, Abdelilah Benkirane a subi le même sort et a dû quitter le Secrétariat général du PJD. Ces deux leaders ont joué avec brio  leur rôle au moment où le Maroc traversait une zone de turbulence. Le contexte politique a changé, il fallait aussi changer  les  hommes de l’étape. Les dirigeants des partis politiques doivent en tirer les principaux enseignements et accepter cette règle qui, malheureusement altère le champ politique   et biaise le jeu démocratique au Maroc. Pour un certain nombre   de  Marocains, il n’y aurait probablement qu’un seul regret : le paysage politique a perdu  deux leaders qui avaient le mérite  d’animer les débats politiques par des propos populistes qui n’avaient, malheureusement, aucun impact réel sur les conditions de vie de la population marocaine.

  • Limogeage de trois ministres et d’un Secrétaire d’Etat

Le 24 octobre 2017, le Roi Mohammed VI a pris la décision de mettre fin aux fonctions de trois ministres et d’un Secrétaire d’Etat. Il s’agit de :

*M. Mohamed Hassad, ministre de l’Education nationale, en sa qualité de ministre de l’Intérieur dans le gouvernement précédent qui était dirigé par Abdelilah Benkirane

* M. Mohamed Nabil Benabdellah, ministre de l’Aménagement du Territoire, en sa qualité de ministre de l’Habitat  dans le gouvernement précédent.

*M. El Houcine Louardi, ministre de la Santé, en sa qualité de ministre de la Santé  dans le gouvernement précédent.

*M. Larbi Bencheikh, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale, chargé de la formation professionnelle,  en sa qualité d’ancien directeur général de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail ( OFPT)

Cette décision a été prise après que le Roi ait pris connaissance des conclusions du rapport accablant de la Cour des Comptes sur le programme ambitieux  de développement de la ville d’Al Hoceima : Al Hoceima-Manarat Al Moutawwassit. Le rapport en question a confirmé l’existence de multiples dysfonctionnements enregistrés sous le précédent gouvernement. Heureusement pour les ministres débarqués,  le rapport de la Cour des Comptes n’a relevé aucune malversation ou  détournement de fonds.

  • Al Hoceima, épicentre du Hirak du Rif : un mouvement de contestation populaire à revendications purement sociales, économiques et culturelles :

Né spontanément suite à la mort tragique, le 28 octobre 2016, à Al Hoceima de Mouhcine Fikri,  un jeune marchand de poisson, le Hirak du Rif s’est installé dans la durée grâce  à  l’activisme et des capacités de mobilisation populaire  d’un jeune de la région du Rif, Nasser Zefzafi.

Par l’arrestation de ce jeune « leader local », le 29 mai 2017 pour une raison fort discutable du fait qu’elle  peut susciter un grand débat sur la  ligne de démarcation entre le politique et la religion, les autorités marocaines espérait éteindre la « flamme du Hirak ». Malgré l’arrestation de Nasser Zefzafi et d’autres militants, la protestation et les manifestations ont continué pour  connaitre leur paroxysme le 20 juillet 2017. Répondant à un appel lancé, auparavant,  par Nasser Zefzafi avant son arrestation, les habitants de la région  du Rif ont  annoncé leur  intention d’organiser une grande manifestation à Al Hoceima, le 20 juillet 2017. Les autorités marocaines ont pris la décision de l’interdire. En dépit  du  quadrillage de toute la région,  l’envoi de renforts et la prise de mesures dissuasives, la grande manifestation a eu lieu. Résultat : des centaines d’arrestations dont plusieurs adolescents ou  des mineurs et un décès. Il faut souligner que le choix de la date du 20 juillet n’était pas fortuit. A cet égard, il faut savoir que  le 21 juillet 1921, un petit  nombre de résistants du Rif,  conduits par Mohamed  Abdelkbir Al- Khattabi,  ont battu l’armée espagnole (armée d’occupation à l’époque) lors de   la bataille dite d’Anoual. Une victoire qui a donné le coup d’envoi à la résistance armée et à   la guerre du Rif contre le colonisateur espagnol. C’est pourquoi, cette date a une grande signification pour les habitants du Rif.

Les procès des manifestants  arrêtés  sont toujours en cours et des peines  très lourdes continuent d’être prononcées à leur encontre. Le Hirak du Rif a des revendications exclusivement sociales, économiques et culturelles. Il ne touche en rien « les lignes rouges et les constantes du Maroc » à savoir l’Islam et le rite malékite, la monarchie et l’intégrité territoriale du pays. En plus, les libertés de réunion, de rassemblement, de manifestation pacifique, d’association ….  sont garanties par l’article 29 de la constitution marocaine. C’est pourquoi, il parait que ce mouvement social aurait dû être  autrement géré.

L’approche ultra sécuritaire peut « éteindre le feu »pendant un laps de temps mais ne manquera pas de laisser des cicatrices profondes et des séquelles difficiles à faire disparaitre dans le  moyen terme. Le Roi a démis de leurs fonctions trois ministres et un Secrétaire d’Etat et en  a sanctionné d’autres à cause, justement, des dysfonctionnements qui ont bloqué ou ralenti le rythme de   réalisation d’un important projet royal ( Al Hoceima : Manarat Al Moutawwassit). Des dizaines d’agents d’autorité dont un Wali et 5 gouverneurs ont subi  le même sort à cause de leur négligence et de mauvais suivi des projets de développement dans d’autres villes marocaines. Des présidents de  communes risquent d’être écartés à cause d’une mauvaise gestion des affaires locales en rapport direct avec les besoins les plus basiques et les plus urgents de la population. Ce mouvement d’assainissement  et cette large purge décidés par le Roi est  à mettre à l’actif du Hirak. C’est pourquoi, l’Etat marocain devrait avoir le courage de rectifier le tir et de gérer autrement les droits  des  citoyens à la dénonciation, par des moyens civilisés et  pacifiques,  de la gabegie et de la  mauvaise gestion des deniers publics. Toute mobilisation populaire et spontanée  qui se fait  dans le respect total des valeurs communes et des  constantes marocaines  à savoir  l’Islam modéré et tolérant, la monarchie et l’intégrité territoriale, doit être encouragée au lieu d’être sévèrement réprimée ou tout simplement  étouffée dans l’œuf. Les arrestations massives et peut être arbitraires,  les procès non équitables  et l’intimidation de certains journalistes honnêtes,  courageux  et libres ( le cas de Hamid El Mahdaoui est très édifiant à ce sujet) peuvent  calmer les esprits et la situation pendant un certain moment mais risquent de porter atteinte à l’image du Maroc à l’étranger et multiplier les manques à gagner pour le développement réel  du Maroc. Le développement socio-économique  réel des pays, faut-il le rappeler, dépend en grande partie de l’interaction entre  les idées  et les projets sociétaux véhiculés par le gouvernement en place, les partis politiques et les ONGs … et soutenus par l’adhésion de la population concernée, de près ou de loin. Arrêter des militants du Hirak, des manifestants de Zagora qui ont revendiqué le droit à l’eau (manifestation contre  la soif) ou juger des gens qui ont exprimé leur préférence pour  un Imam au lieu d’un autre imposé, sont des actions contre-productives et inacceptables.

  • Une large purge au ministère de l’Intérieur et un vaste mouvement des départs en retraite aux Forces Armées Royales :

Le 11 décembre 2017, le Roi Mohammed VI a donné ses instructions au ministre de l’Intérieur pour démettre de leurs fonctions 180 agents d’autorité dont 1 Wali, 6 gouverneurs et 6 secrétaires généraux des provinces. Le séisme  a également frappé 122 Caïds et 26 Pachas. Ces limogeages ont été décidés suite aux investigations internes menées par le ministère de l’Intérieur et qui ont révélé des cas de manquements dans l’exercice de la responsabilité chez un certain nombre d’agents d’autorité.

Par ailleurs, selon certaines informations relayées par la presse locale, des investigations  menées par les autorités marocaines compétentes risquent d’enclencher le recours à des actions  judiciaires  qui ne manqueront pas de faire  tomber plus de 50   présidents de communes voire des régions.

Evidemment, et contrairement aux agents d’autorité  qui ont été sanctionnés par une simple  décision administrative prise par  le chef hiérarchique puisqu’il s’agit de responsables nommés,  le sort  des  élus qui sont  des représentants du peuple, ne peut être décidé que par un verdict émanant  du pouvoir judiciaire.

Ce rouleau compresseur a  concerné aussi les Forces Armées Royales (FAR).En effet,  dans le cadre du projet visant la reconfiguration de l’institution des FAR,  43 généraux  et colonels, qui occupaient des postes clés au sein des FAR, ont été mis à la  retraite.

  1. DIPLOMATIE ET AFFAIRES ÉTRANGÈRES

  • Réintégration de l’Union Africaine

 En 2017, le Maroc a recouvré son siège   au sein l’Union Africaine( UA), après une absence qui a duré plus de 43 ans,  rompant ainsi avec la politique de « la chaise vide ». Lors du 28ème sommet de l’UA, tenu à Addis-Abeba, les 30 et 31 janvier 2017, la majorité écrasante des chefs d’Etat et de gouvernement des  pays membres de l’UA ont voté en faveur de la demande d’admission du  Maroc.

Il y a lieu de préciser  qu’en date du 12 novembre  1984, le Maroc avait claqué la porte et a quitté  l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA),  l’ancêtre de l’UA,en guise de protestation  contre l’admission de la RASD que le Maroc qualifie de République fantomatique. Dans un message adressé  au 20ème sommet de l’OUA, Feu Hassan 2 avait  annoncé, non sans amertume,  le retrait volontaire du Maroc de l’OUA

Demande d’adhésion à la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest  (CEDEAO) 

Le 24 février 2017, le Maroc  a officiellement  présenté sa candidature  pour acquérir le statut de  membre à part entière de la CEDEAO. L’accord de principe à l’adhésion du Maroc obtenu à l’issue du sommet de la CEDEAO, qui a eu lieu  à  Monrovia, en juin dernier, devrait être confirmé lors du dernier sommet de la CEDEAO  tenu à Abuja ( Nigeria), le 16 décembre 2017. Contrairement à ce que souhaitait le Maroc, c’est-à-dire une confirmation et une adhésion définitivement actée, les 15  membres de la CEDAO ont décidé de mettre en place un comité de chefs d’Etat et de gouvernement composé du Ghana, du Togo, de la Guinée, de la Cote d’Ivoire et du Nigéria pour adopter les termes de référence et superviser l’étude approfondie des implications de cette adhésion. A cet égard, il  faut noter qu’aucune date n’a été retenue pour statuer définitivement sur  la demande marocaine. Il parait que le sort de cette demande dépendra de la position et l’attitude  qui seront adoptées par les  hommes d’affaires des pays concernés. Il parait, aussi,   que  ceux-ci   craignent « les conséquences désastreuses » de l’agressivité des entreprises marocaines. Pour sa part, le Maroc  serait appelé à clarifier sa position sur un certain nombre de questions cruciales pour la CEDEAO, dont notamment celles ayant trait à la monnaie unique et la libre circulation des personnes.

  1. TECHNOLOGIE SPATIALE

Le 8 novembre 2017, le Maroc a fait son entrée  dans le club très  restreint des pays disposant d’un satellite d’observation de la Terre. Il devient de ce fait, le troisième pays arabo-africain disposant d’un tel satellite après  l’Afrique du Sud et l’Egypte.  Mise en orbite par le lanceur européen Vega, le 8 novembre 2017, le satellite marocain Mohammed VI-A de type pléiade   permettra au Maroc de disposer des données  scientifiques nécessaires  pour une bonne surveillance  des frontières mais ,aussi et surtout, pour une parfaite connaissance de ses ressources naturelles,  une gestion optimale de  son expansion urbanistique. Ce satellite permettra aussi au Maroc d’opérer  des choix judicieux parmi les multiples  projets  en concurrence et  plus précisément  ceux qui concernent  le  développement des infrastructures de base, dont notamment  les routes et les voies ferrées ..Le programme spatial du Maroc prévoit  aussi  la mise en orbite, en 2018, d’un second satellite baptisé Mohammed VI-B,  de même type que le premier.

  1. SPORT

  • Qualification du Maroc pour le Mondial 2018

Le 11 novembre 2017, l’équipe nationale marocaine de football (soccer)  s’est qualifiée pour la phase finale de la coupe du monde (Russie 2018) en allant battre la Cote d’Ivoire, à Abidjan, par deux buts à Zéro. Le Maroc retrouve ainsi le Mondial après une longue absence, puisque la dernière participation du Maroc à une phase finale de la coupe du monde remonte à1998, lors de l’édition accueillie et remportée par  la France. Le tirage au sort effectué le 1er décembre 2017 a mis le Maroc dans un groupe difficile( groupe B) qui comprend l’Espagne , une équipe redoutable   qui a à son actif une coupe du  monde (2010) et trois  championnats d’Europe( 1964, 2008 et 2012),  le Portugal ( champion d’Europe en titre -2016), en plus de l’Iran qui compte parmi les meilleures équipes du continent asiatique .En 1986 ( édition organisée  au Mexique), le Maroc a battu le Portugal par 3 buts à 1 et s’est qualifié au second tour dans un groupe composé de la Grande Bretagne, de la Pologne et bien sûr du Portugal. Evidemment, dans le domaine du sport, l’histoire n’a pratiquement aucun rôle  à jouer, le résultat dépend du niveau et de la qualité de la prestation fournie sur le rectangle vert. C’est une évidence que ne devraient pas ignorer Hervé Renard et ses joueurs qui ont, déjà, le mérite de gagner  un  premier pari qui leur a ouvert la voie vers la Russie 2018. Enfin et pour clore ce registre, il convient de rappeler qu’au cours de son Histoire footballistique, le Maroc avait déjà  participé à 4 phases finales de la coupe du monde ( 1970, 1986, 1994 et 1998). En prenant part à « la Russie 2018 », le Maroc s’offre une  5ème  participation aux phases finales de la coupe du monde.

  • Domination du WAC de Casablanca au niveau des clubs :

Le 4 novembre 2017, le Wydad de Casablanca ( WAC) a remporté  la Ligue des Champions Africaine de football en battant , lors du match retour, le club égyptien d’Al Ahly par un score étriqué mais très précieux( 1-0) puisqu’il a permis au WAC de remporter  son deuxième titre continental après le sacre de 1992. Ce titre a  offert  au WAC l’occasion  de représenter le continent africain lors de la Coupe du Monde  des clubs qui s’est déroulé aux Emirats Arabes Unis, du 6 au 16 décembre 2017. Lors de cette compétition internationale, remportée par le club espagnol (Real Madrid), le WAC était complètement méconnaissable et plus que décevant. Il a disputé  deux rencontres  pour autant de défaites. Résultat : Un retour au bercail  précipité avec  deux défaites successives et 0 point.

  1. SOCIAL 

Une distribution d’aides alimentaires avait tourné au drame

Le dimanche 19 novembre 2017,  Sidi Boulaalam, une petite localité rurale  située à presque 70 Kms au Nord  de la ville d ’Essaouira, a été endeuillée par la mort  de 15 femmes très pauvres, piétinées lors d’un grand désordre de foule ayant entrainé des bousculades  au cours  d’une opération de distribution d’aides alimentaires, qu’organise annuellement et depuis quelques années, l’Imam d’une mosquée  de Casablanca. La disparition  tragique de ces femmes très pauvres qui cherchaient à obtenir un panier de denrées alimentaires de base ( farine, sucre et huile) d’une valeur qui serait de l’ordre de 14 Euros devrait amener le gouvernement marocain à aller bien au-delà de l’encadrement juridique des opérations caritatives, en songeant à mettre en place une stratégie pour l’éradication de la pauvreté extrême qui est la vraie cause de ce drame. La pauvreté n’est ni une fatalité ni une question qu’il faut  gérer, c’est la conséquence d’une politique socio-économique défaillante qu’il faut revoir de fond en comble. Sinon, le drame de Sidi Boulaalam  risque de se produire dans d’autres localités du Maroc. Et ce que nous ne souhaitons pas pour notre pays.  Enfin, il  convient de noter  que  Sidi Boulaalam est une localité  rurale  qui vit essentiellement de la valorisation et de la  commercialisation du fruit de l’arganier. Elle est considérée comme l’une des zones  les plus pauvres au Maroc. Sa population serait de l’ordre de 8000 personnes.

Par Ahmed Saber pour Maghreb Canada Express