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Mar 07

Contestation Sociale : Du Printemps de Prague aux Printemps sans fleurs

printempsMars serait dans toutes les cultures le mois annonciateur du printemps avec toutes ses Amours et ses fleurs.

Mais ce fut aussi (pour certains païens) le mois où le Dieu de la guerre avait la fâcheuse habitude de descendre sur Terre pour se livrer à son sport favori (la guerre)… par  humains interposés, et ce, de la préhistoire jusqu’aux grandes révolutions dont la Révolution française qui remit la démocratie à la Mode.

Pour faire vite, et pas compliqué, disons que depuis lors, et pour occuper les rues, les mécontents parmi les citoyens furent obligés de troquer leurs sabres et leurs fusils contre des banderoles et des slogans pour se faire entendre… Quelquefois le troc se fit contre des gourdins en souvenir du bon vieux temps. Mais les forces de l’ordre faisaient vite de le leur confisquer tout en les f… en prison pour non-respect des règles du jeu démocratique.

Le Printemps qui venait du froid

Toujours pour faire vite et simple, disons que ce jeu changea un peu quand vint la fin de la Seconde guerre mondiale : Le Monde se divisa en deux blocs dont chacun créa un super-état major pour faire la guerre à l’autre. Ce fut la naissance de l’OTAN et du Pacte de Varsovie; instances qui se rendirent vite compte que faire plaisir au Dieu Mars aboutirait à la destruction de la vie sur Terre; force de frappe nucléaire des antagonistes oblige !

Les ardeurs belliqueuses (classiques) furent donc mises en veilleuse et la guerre devint Froide : C’est-à-dire qu’on faisait tout pour refroidir son prochain dans le plus grand secret tout en affichant les meilleurs intentions du monde sur la façade et tout en cachant derrière son dos le plus solide des gourdins qui soit… à l’affut de la moindre distraction ou défaillance chez l’adversaire afin de lui asséner le coup de grâce.

Mais voilà que la dissidence éclata dans le Bloc de l’Est en 1968 quand l’ex Tchécoslovaquie afficha sa volonté de virer vers un ‘’socialisme à visage humain’’. Ce fut le ‘’Printemps de Prague’’ auquel Moscou (qui représentait le ‘’socialisme à visage martien’’ dans le temps) mit fin l’été suivant en envahissant le pays et en occupant militairement Prague.

Ce fut cependant trop tard car le Printemps va devenir une nouvelle forme de lutte pour les uns, ou de subversion pour les autres, que les protagonistes provoquaient ou du moins encourageaient ou soutenaient, et ce, afin d’asséner des coups-bas à l’ennemi.

Toutefois si l’onde de choc du Printemps de Prague s’amplifia dans le bloc communiste au point de détruire, selon certains, le mur de Berlin; sonnant ainsi le glas pour l’URSS, cette onde de choc fut stoppée net, quelques mois plus tôt, aux abords de la place de Tiananmen à Beijing en juin 1989 : Le régime communiste chinois laissa venir, prit acte de la dissidence et écrasa la révolte une fois les dissidents sortis de l’ombre encouragés par les applaudissements de l’Occident ainsi que par une immobilité de vipère de l’armée avant que celle-ci ne passe à l’attaque de nuit.

Le repli stratégique de la Russie

Après le démantèlement de l’URSS, et en l’absence de l’ours Russe, Chinois et Américains s’en donnèrent à cœur joie pour s’imposer sur la scène internationale.  Y aurait-t-il eu un accord secret ou tacite entre ces deux puissances économiques et nucléaires ? L’Histoire ne divulguera pas tous ses non-dits aux spectateurs que nous étions devant ce Nouvel Ordre Mondial ayant permis aux chinois de conquérir les marchés mondiaux et aux USA de déclencher toute une tempête de désert sur le monde arabe à partir de l’Iraq .

L’Histoire ne dira pas non plus si l’Ours Russe blessé avait perdu la guerre froide ou si son retrait, dans sa tanière, ne fut qu’un stratagème, à l’image de celui devant l’invasion napoléonienne ou celle hitlérienne… Stratagème ayant comme but l’abandon des républiques satellites qui coutent de plus en plus cher et afin de combler, dans sa tanière, les lacunes de sa stratégie militaire.

Les printemps sans fleurs

Tout est-il que sous ce nouvel ordre mondial, et à partir de la fin de 2010, une série de printemps sans fleurs secouèrent le monde arabe de la Tunisie à la Syrie; en passant par la Libye et l’Égypte… , Printemps qui semblent s’inscrire dans le prolongement racinaire de la tempête du désert déclenché par les USA en 1991 contre l’Iraq.

L’ingérence étrangère est flagrante, et ce, sous prétexte de défendre la démocratie; alors que pas plus loin dans la région on soutient ouvertement un tas de dictatures se prétendant ISO-Halal !

En politique on n’a pas d’amis; On n’a que des complices qu’on qualifie hypocritement d’Alliés. Et pour nombre d’arabes, leur Printemps ne fut orchestré que pour mieux chasser des complices qui ont failli à leur devoir vis-à-vis de leurs complices occidentaux (pour les remplacer par d’autres plus dociles) ou pour détruire des régimes-obstacle à certains intérêts occidentaux dans la région.

La Syrie tient toujours malgré les coups-de-bélier des tous les côtés car elle eut un  bon complice en la Russie… Cette Russie qu’on croyait aplatie et qui semble sortir de l’ombre juste pour répondre au slogan de Trump ‘’Make America great again’’: ‘’Nous, nous avons déjà rétabli notre Grandeur !’’

Par ailleurs , et tout récemment au Maghreb, un vent de Révolution tranquille semble souffler sur l’Algérie (Voir page 10 de cette édition). Du fond du cœur avec le Peuple algérien pour qu’enfin la Région puisse connaître un Printemps sans tempête et tout en fleurs pouvant aboutir, pourquoi pas?, à l’édification du Grand Maghreb

Par A. El Fouladi pour Maghreb Canada Express,, page 3, Vol. XVII, N°3 , Mars  2019.

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ÉDITION MARS 2019