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Juin 05

Podium / Kick-Boxing : Un champion Australo-Marocain du nom de Moulay Ahmed

moulay3Issu d’une famille d’immigrants marocains installée en Australie depuis bientôt 29 ans, Moulay Ahmed a fait ses armes en Kick-boxing et en Mauy-Thai.

Jusqu’en 2018, année où il mit en veille ses activités sportives pour mieux se concentrer sur ses études universitaires, Moulay a, à son actif, 32 combats dont il n’a perdu que 4.

Pressé d’en dire davantage, Moulay nous confia, lors d’un iftar à Melbourne, le 18 mai dernier, qu’il a commencé les arts martiaux dès 2005, à l’âge de 11 ans.

Et de poursuivre : « Quand j’étais plus jeune, j’étais plutôt un garçon turbulent et enclin à l’oisiveté. Mon père qui sans doute se dit que ‘’l’oisiveté est mère de tous les vices’’,  me fit entrer dans un club sportif pour limiter mes fréquentations des bandes de rue. Et le résultat ne se fit pas trop attendre . J’ai commencé par exceller et par gagner des trophées dans mon club : ‘’Meilleur élève’’, ‘’Meilleur élève junior’’, etc. pour finir  par décrocher mon premier combat en kick-boxing à l’âge de 16 ans en 2010 ».

Et devinez qui était contre ? La Maman ! Cette dame qui doit toute une chandelle à ce doyen borné de la faculté des sciences de Rabat pour l’avoir empêché de repasser un examen final en ‘’mode rattrapage’’ (en biologie), et ce, suite à sa maladie puis à sa convalescence. Au bout du désespoir, elle rejoignit son frère à Melbourne (Australie), s’inscrit sur place à l’université, obtint des crédits pour tous les cours suivis au Maroc et décrocha haut la main son diplôme en pharmacologie.

«Ma mère était bien-sûr. complètement contre, mais j’avais l’approbation de mon père » me dit Moulay en laçant un coup d’œil complice à son père assis à ma gauche lors de cet iftar où il m’invita au milieu de toute sa famille.

Et c’est le père qui nous confia à son tour que Moulay était un bébé à la santé fragile et qui, jusqu’à à l’âge de 8 ans, ne fut qu’un enfant maigrichon. Comme quoi…

« Quand je l’avais inscrit au club, ce fut juste pour une période de 6 mois à un an au maximum me disais-je; le temps qu’il apprend à se contrôler, car j’étais quasiment sûr qu’il ne va pas aimer ça» ajouta le père, M. Mohamed Bekkali; cet ancien employé de l’Ex Hôtel Hilton de Rabat, qui immigra en Australie en août 1990.

Mais voilà que l’enfant maigrichon qui commence à développer du muscle et qui, contre toute attente, se mit à raffoler des arts martiaux au point de faire du kick-boxing sa passion !

Le père décida alors d’entourer Moulay de soutien familial, et ce, en inscrivant dans le même club ses filles Soukayna; l’aînée, et  Najlaa; la benjamine.

Soukayna tint bon plus longtemps. Mais Najlaa eut vite fait de quitter le club des arts martiaux pour quelque chose de plus pacifique : la nage qu’elle conjugua très bien avec des études en Design de mode où elle décrocha un baccalauréat spécialisé.

Quand à Soukhana, nous confia M. Bekkali, elle resta au club avec son frère jusqu’à ce qu’elle trouva difficile de concilier études et kickboxing. Car, souligne-t-il, son emploi du temps était très chargé. En effet, , elle se concentre maintenant sur sa dernière année de doctorat en neuroscience.

Quant à Moulay, poursuit M. Bekkali, il est maintenant le champion australien du Pacifique de sa catégorie.

Quand il obtint la ceinture pour ce titre, rappela M. Bekkali avec émotion, nous n’avions pas dormi de la nuit. Sa maman était en mode ‘’panique’ et elle n’arrêtait pas de pleurer d’inquiétude . Après la victoire se furent des larmes de joie. Nous étions tous inquiets car le combat fut extrêmement dur. Comment décrire ce que je sentis quand la victoire fut annoncé ? Je fus sous le choc ! Ce fut surréaliste !

Et pour conclure cet entretien , la parole au champion :

« En 2013, j’ai commencé ma carrière professionnelle en kick-boxing en même temps que mes études universitaires en vue de devenir docteur chiropraticien.

Au cours des 5 années suivantes, je me suis entraîné, j’ai combattu, étudié et travaillé pour atteindre mes objectifs. Ce fut difficile de concilier tout ça : étudier 5 jours par semaine, s’entraîner 5 jours par semaine et travailler le week-end !

Mais durant ces 5 ans, j’ai pu quand même arracher 27 victoires et ne subir que 4 défaites. Je suis devenu pour ainsi dire, champion de Victoria 2x WBC, champion de Victoria 2x WKA, champion australien WKBF et champion IKBF South Pacific.

Au cours de la dernière année, j’ai arrêté cependant de concourir afin de mieux me concentrer sur ma dernière année d’études. J’ai cependant l’intention de faire un retour à la fin de cette année au kick-boxing avec l’ambition de combattre internationalement incha Allah ».

En attendant, Moulay planifie d’aller cet été (hiver en Australie) au Maroc pour ses premières vacances après 9 ans de travail acharné.

Propos recueillis par Abderrahman El Fouladi pour Maghreb Canada Express, page 7, Vol. XVII, N°6 , JUIN 2019

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