Samedi 26 octobre un méfait insensé et inexcusable est commis sur la voie publique à Paris : le drapeau marocain est piétiné et brûlé par une énergumène hystérique, inconsciente de l’impact de son geste et de la portée symbolique de son méfait.

Honte à elle et à tous ceux et celles qui choisissent de s’attaquer aux symboles sacrés d’une Nation, quelle que soit leur nature religieuse ou politique, pour exprimer une opinion en l’occurrence ici exclusivement politicienne prônant le séparatisme et appelant à la confrontation entre les différentes composantes d’une même société. Par ce geste inqualifiable, celle qui a piétiné et brûlé le drapeau marocain a trahi les rifains qu’elle prétend défendre et souillé par son geste la mémoire du regretté Mouhcine Fikri, à qui, en principe, la manifestation était dédiée. Cet homme mort dans des conditions atroces pour défendre son droit de vivre dignement de son travail ne mérite pas de tels débordements le jour du troisième anniversaire de sa disparition. Honte à tous ceux qui utilisent son nom et le drame humain qui a frappé sa famille pour promouvoir des causes indépendantistes et politicardes avec pour seul argument un régionalisme borné qui exclut plus qu’il ne rassemble et un ethnocentrisme exacerbé, mal compris et mal assimilé.

Certes, la loi marocaine punit (trois ans de prison et de 10.000 à 100.000 dirhams) l’«outrage à l’emblème et aux symboles du Royaume ». Mais ce geste outrageant et insultant pour le pays doit alerter et interpeler les politiques et les acteurs associatifs de tous bords et de tous horizons, du Nord, du Sud et d’ailleurs, des conséquences d’une telle dérive et du danger que peuvent faire courir à la Nation toute entière des revendications régionalistes, linguistiques ou ethniques poussées à l’extrême. D’ailleurs les marocains qui ont participé à la manifestation du samedi 26 octobre à Paris savent à quel point l’extrémisme est un mal absolu. Ils en souffrent et ils en sont les premières victimes.

Si le Maroc a traversé la tempête de 2011 qui a déstabilisé nombre de sociétés arabes, s’il a réussi à créer les conditions de son développement économique et humain, s’il a fait preuve à travers les siècles d’une remarquable résilience, s’il fait preuve d’une stabilité politique que tant de pays lui envient aujourd’hui, c’est justement grâce à sa cohésion sociale et à cet attachement particulier et indéfectible du peuple marocain à sa devise nationale, à son hymne et à son drapeau. Porter outrage à l’un de ces symboles, c’est porter atteinte aux fondamentaux qui font la solidité, la fierté et l’identité de la Nation marocaine dans son ensemble.

Qu’il soit donc dit haut et fort, la diversité culturelle et linguistique est un bien commun et une richesse nationale à promouvoir et à défendre. Elle a été clairement et solennellement affirmée comme telle par la Constitution marocaine de 2011 dans son Préambule. Il en va de même de la liberté d’expression, du droit de manifester ses opinions politiques ou de revendiquer dans le respect de la loi et de l’ordre public plus d’égalité et de justice en matière de santé, d’éducation et d’emploi. Ce sont des droits à chérir et à protéger de toutes exactions visant à les réduire. Mais, profaner, outrager en le brûlant et en le piétinant un symbole national, c’est franchir toutes les limites du droit et de la morale, c’est atteindre les bas-fonds de la médiocrité et de l’indignité.

Dr Mohammed MRAIZIKA

Historien. Chercheur en Sciences Sociales

Consultant en Ingénierie culturelle

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