«

»

Fév 03

Nouvelle littéraire : L’épave du désert

J’ai appuyé délicatement sur la télécommande, aussitôt le portail imposant en inox se mettait à s’ouvrir, laissant apparaitre un luxurieux jardin. Les fleurs suaves et variées étaient en pleine déhiscence. Les couleurs vives et chatoyantes des bluets, des capucines, des géraniums et des hortensias scintillaient sous les rayons du soleil. L’odeur du cuir de l’habitacle de ma BMW X7, oblitérait les savoureux parfums des fleurs de mon jardin. Je pénétrais doucement dans le garage au fond du jardin. Le son irritant des pneus neufs sur la mosaïque faisait grincer mes dents.

M’Barka, ma femme de ménage, se précipita pour ouvrir le coffre, Moha, le jardinier venait à la rescousse pour donner un coup de main. Ils portaient à l’intérieur de la villa, les nombreux cartons de gâteaux d’une boulangerie-pâtisserie prestigieuse de la ville, ainsi, que des fruits secs et des petits fûts de jus variés. J’ai supervisé discrètement l’opération pour contrecarrer toute tentative de subtilisation de la part des domestiques.

Un parfum envoutant imprégnait le majestueux salon traditionnel ; un chef d’œuvre ou se mêle l’antique au moderne. Le salon s’ouvrait sur une piscine très élégante au milieu d’une pelouse chatoyante. L’exubérance de l’ameublement et la somptuosité des décors frôlait les frontières de la décence. Une cheminée fascinante par tant de luxe et de prodigalité occupait le centre du salon. Des tableaux de maitres étaient accrochés aux murs, des spots diffusaient un léger éclairage pour faire ressortir la beauté des œuvres. Des lustres d’une magnificence inégalée se détachaient du plafond, témoignent de l’ingéniosité des maitres artisans. Sur les vitrines en bois ciselé étaient exposés des objets d’une beauté époustouflante.

J’ai vérifié le moindre détail pour garantir la réussite de cette soirée qui va certainement me propulser dans la haute sphère sociale de Casablanca. En effet, l’organisation de la veillée religieuse m’échoit. C’est une tradition importée de l’orient, qui consiste à réunir la gente féminine aristocrate de la ville pour assister à une prédication religieuse confiée à un imam de renommé.

Un planning est établi, chaque adhérente est désignée pour organiser l’évènement selon le calendrier fixé. La concurrence est tellement incendiaire que les organisatrices se livrent avec une pugnacité impudique à étaler leur richesse et leur grandeur. Cette guerre de positionnement social cristallise ce sentiment irréfragable de supériorité qui anime l’être humain. Je suis la plus motivée de toutes les adhérentes : d’abord c’est ma première participation, ensuite je dois impérativement intégrer le peloton des grands, car je suis issue de la plèbe. Je dois saisir cette chance qui s’offre à moi comme une bouée de sauvetage. J’ai une grosse fortune mais sans notoriété ni prestige qui puissent attribuer à la richesse, sa magnificence et sa noblesse. C’est la raison pour laquelle je veux que cette nuit soit unique dans les annales des prédications organisées ou à venir. Mon choix a porté sur l’Imam Al-Harti, une sommité religieuse dont la notoriété dépasse nos frontières. Il est souvent convive vedette des chaines télévisées et fait exploser les audimats. L’intermédiaire qui nous a mis en contact m’a couté cher mais qu’importe, ma soirée fera certainement des envieuses. Je dois forcement me frayer un chemin à coup de bec et d’ongles dans cet univers sordide et létal. Conquérir le club des grands n’est pas une mince affaire, c’est une manœuvre périlleuse qui consiste à mettre en œuvre une stratégie agressive et subreptice.

L’arrivée des convives est programmée à 17H, j’ai encore le temps pour la mise en place. Devant ce luxe ostentatoire que j’ai bâtie dans la douleur et le sacrifice, ma mémoire a fait remonter à la surface des images sordides de mon existence que je veux oblitérer.

 Je suis enfant illégitime. Ma mère que je n’ai jamais connue, m’a abandonné à la naissance. J’étais élevée par une vielle dame qui s’adonnait à la mendicité. Je l’accompagnais chaque jour dans sa quête. Elle m’exposait sous un aspect misérable et apitoyant aux regards méprisants des passants. Le soir nous regagnons notre refuge : un simple réduit sous les escaliers d’un vieil immeuble de la médina. Je murissais dans ce marécage nauséabond comme une fleur de lotus, mon corps de nymphe sculpté dans du marbre déchaine les envies et les désirs enfouis des hommes. J’ai compris alors que je détiens une arme fatale et irrésistible.

J’ai déniché un emploi dans un salon de coiffure, chez Chama. C’était un mastodonte envahi par la cellulite, elle gérait son affaire d’une main de fer. Elle employait 3 filles qui s’occupaient des clientes, alors que Chama la patronne sur son imposant postérieur gardait jalousement la caisse. Elle m’a affecté l’ingrate tâche de femme de ménage avec une rétribution misérable. Avec le temps je suis devenue sa pouliche préférée. Elle m’entourait d’une véritable sollicitude et de soins minutieux qui frisent l’oppression. Cette dame a toute ma gratitude, elle a largement contribué à ma « réussite ». Elle m’a fait prendre conscience de l’immense pouvoir du corps, et comment distiller et doser les charges émotionnelles en vue d’attiser le désir insatiable des hommes. Elle m’a introduit dans le labyrinthe de la concupiscence. Mon corps est devenu une arme redoutable, un sanctuaire ou viennent se recueillir les âmes tourmentées. J’ai perfectionné mon art de séduction au point que mon nom est devenu synonyme de luxure. J’étais inaccessible sauf pour ceux qui mettent le prix.

Un vigil vient m’annoncer l’arrivée des convives. Je les recevais devant le portail de ma villa, avec un sourire révérencieux. Les dames habillées avec un gout exquis se pavanaient dans des caftans et des djellabas enrichit de passementerie aux fils d’or et d’argent, se rivalisent en beauté, elles trainaient derrière elles une odeur de parfum suave et subtile. Au salon les encensoirs en cuivre doré, avec de jolies ciselures aux motifs et sculpture traditionnelles, déposés aux quatre coins laissent échapper une fumée dense de parfum de bois de santal. Les serveurs, en jabadours aux couleurs vives servaient le thé et les gâteaux avec une élégance singulière. J’observais insidieusement les invitées qui se métamorphosaient en princesse de la haute noblesse. L’Imam est arrivé, un cartable à la main, vêtu d’une djellaba couleur vermeil, il me salua avec déférence en reconnaissance au juteux pactole empoché.

Il se mettait au centre du salon et commence son prêche par la récitation des versets du saint Coran. Un silence divin règne, le temps s’est arrêté, seule la voix mielleuse et envoutante de l’Imam déchire la fumée épaisse de l’encens. Le verset récité lénifie et exorcise les convives de leurs angoisses et leurs frustrations. Le thème du prêche concerne « les droits de la femme en Islam ». L’Imam, s’adresse aux invitées par l’invocation rituelle :

– « Je témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah, qu’Il est le Dieu unique et qu’Il n’a pas d’associé, Et je témoigne que notre maître Mohammad, est Son esclave et Son messager ». Chères sœurs, par la grâce de Dieu nous sommes réunis ce jour béni chez notre mécène lala Yakout qui a mis cette tribune au service de la bonne parole, puisse Dieu agréer son action. Nombreuses sont celles qui trouvent que les droits de la femme en Islam sont iniques ; ceci est le fruit d’une ignorance abyssale ou d’une lecture fragmentaire des préceptes de la religion. L’Islam atteste que l’homme et la femme ne peuvent se valoriser que par les bonnes actions qu’ils accomplissent. La femme, selon le Coran, n’est pas un accessoire que l’homme utiliserait selon son bon vouloir, mais un être doté d’une personnalité et d’une identité propres, un être dont la dignité doit être préservée. La quintessence de la femme réside dans sa capacité à combattre la solitude et le désarroi de l’Homme : « Parmi les signes que Allâh vous a donné, c’est qu’Il vous a créé des épouses pour que vous trouviez du réconfort auprès d’elles et Il a fait qu’il y ait entre vous affection et miséricorde. Il y a certes là des signes pour ceux qui réfléchissent et qui méditent » [sourate Ar-Rôum / ‘ayah 21].).

L’Imam, manie une langue fluide, expressive et imagée parfois émouvante et légère, mais toujours vivace. Porté par une verve élégante il cherche à fédérer les opinions divergentes de l’assistance incrédule. Malgré son argutie, son discours n’est pas convaincant surtout lorsqu’il s’agit de l’épineux problème de l’héritage.

Un vigil est venu m’informer qu’une certaine Bouchra demande à me voir. Sur le perron, une dame en haillon, un sac en plastique à la main se tenait timidement. Je la dévisage et mon cœur commence à battre d’émotion. Des souvenirs lointains se bousculaient pour frayer un chemin dans ma mémoire en feu. Je la serre fort, elle se blotti dans mes bras les yeux embués par des larmes tristes. Le désensablement de ma mémoire remontait crescendo des images exubérantes et radieuses d’un délicieux passé :

– Yakout, je ne m’attendais pas à cet accueil. Ah si tu savais ma peine pour te retrouver,

– L’essentiel on est ensemble, viens te reposer on reparlera après.

J’ai demandé à M’Barka de prendre soin d’elle et de l’installer dans la chambre d’amis. Bouchra je te rejoins dès le départ des invitées lui disais-je. Elle était obnubilée par la magnificence et la beauté démesurée des lieux, ses yeux se baladaient impudiquement dans les recoins de la maison.

Je suis retourné au salon, l’Imam dans sa péroraison cherchait infructueusement à capter l’attention de l’auditoire occupé dans ses commérages.

Le diner était servi dans le jardin par un traiteur de renom. Les parfums suaves des roses, la fraicheur de la nuit et les lumières ensorcelantes, projetaient les convives dans un univers de réconfort et de charme. Ma pelouse était dans un piètre état, piétiné sans égards, elle s’incline sous le poids des convives. Moha, le jardinier lui rendra sa splendeur et sa grâce.

Les invitées venaient par groupe prendre congé, elles ne tarissaient pas d’éloges à mon égard. Je voyais sur certains visages une véritable rancœur et une animosité insidieuses. Aussitôt terminé, j’ai rejoint Bouchra. Debout devant la fenêtre, une cigarette dans la main, elle réduisait son sourire jadis rayonnant à un simple rictus en raison d’une carie envahissante, qui a abimé sa belle dentition. Elle est venue se blottir dans mes bras, les yeux larmoyants. Son haleine mélange de tabac et de thé me rendait inconfortable, mais le flot de souvenirs qui remonte à la surface m’éjectais dans un passé serein et délicieux. En effet, Bouchra était une véritable sylphide, la nature l’a gracieusement avantagée. Elle était sculptée dans le marbre blanc et pétri dans la lave incandescente. Ses yeux taillés dans un Lapis Lazuli lui attribuaient un aspect félin.

J’ai connu Bouchra au Salon de coiffure chez Chama. Elle était une légende vivante, sa beauté singulière, délicate et onctueuse attirait les âmes égarées qui cherchent à se diluer dans cet océan charnel. Elle était la reine des soirées branchées de Casablanca. Je l’accompagnais souvent dans son périple lubrique. Lorsque Chama nous a proposé un travail à DUBAI dans un grand salon de coiffure on n’a pas hésité, c’était une aubaine pour nous. DUBAI : la cité rebelle, la ville univers, qui a défié les démons du désert, est le symbole de la démesure et du futur. Une fois nos pieds à terre nous étions happées dans un tourbillon de lumières et d’encens. Notre KAFIL, aux allures de rapace carnassier, avec une protubérance hideuse sur son front, lui donnait un aspect démoniaque, a récupéré nos documents de voyage et nous a fait signer des papiers sans connaitre leurs teneurs. Nous étions soumises à son bon vouloir.

Le salon de coiffure auquel nous étions destinées, se trouvait dans le centre commercial de la ville. C’était un joyeux architectural, équipé de matériels high-tech de remise en forme. Sa clientèle est composée essentiellement de magnats de la finance et de l’industrie. Les employées, des roses fraiches dans ce jardin de luxure, étaient d’une beauté singulière. Elles portaient des tenues qui frôlent l’indécence pour maintenir les clients dans un état de fusion libidinal. Les clients avaient tous les droits sur nous. Notre corps faisait partie des outils de travail. Ils pouvaient en disposer à volonté pourvu que leurs portefeuilles le permettent.

Nous formions un duo de choc Bouchra et moi. Les filles du Levant, faisaient figure pale devant notre succès. Elles étaient trop artificielles et portées surtout sur l’argent. Nous enflammons les soirées branchées de Dubaï. Un jour, Mme Natacha la gérante, me convoqua à son bureau. Elle était aussi froide qu’un iceberg, pâle qu’un cadavre et sans relief. Elle m’invita à m’assoir.

– Bonjour Yakout, je suis agréablement satisfaite de ton travail. Nos clients aussi ont une opinion positive sur toi. Ceci m’a encouragé à te proposer l’offre d’une haute personnalité du pays qui a besoin d’un service particulier. Tu seras gracieusement gratifiée, et ton avenir sera assuré.

– Je vous remercie Mme pour tes nobles sentiments à mon égard, je souhaite avoir plus de détails sur cette proposition,

– Soyons claire, le client a su à travers ses propres sources que tu as le profil requis pour assumer la mission proposée. Tu n’es pas accros ni à l’alcool ni à la drogue, chose rare dans ce milieu. Et comme il cherche une mère porteuse, il a jeté son dévolu sur toi. Si tu penses être capable de réussir cette mission, fais le moi savoir. Je tiens à préciser que notre conversation est strictement confidentielle, garde cette proposition pour toi autrement tu vas te bruler les doigts.

Le soir, blottie dans mon lit, les yeux rivés au plafond, je sentais les idées s’entrechoquaient dans mon cerveau en ébullition.  J’analysais l’offre, des idées hideuses et exécrables faisaient régner une terreur insondable sur moi. Mon sang devenu mousseux, empoisonne mon corps endolori. J’ai résisté à la tyrannie de cette situation inconfortable. Sans hésitation j’ai téléphoné à Natacha pour lui annoncer mon accord.  Elle a sauté de joie.

Natacha m’a demandé de faire mes bagages pour m’installer dans un nouvel appartement. Bouchra assistait médusée à mon départ ;

– Yakout, que se passe-t-il ?  pour quelle raison tu pars ? J’espère que j’ai rien fait de mal ?

– Je suis désolée Bouchra, tu es une sœur pour moi. Mais j’ai contracté un mariage Orfi avec une haute personnalité qui exige que notre relation reste secrète. Je pars vivre avec lui mais je ferais de mon mieux pour maintenir le contact avec toi.

– Je me sens abandonnée, mon univers s’écoule, seule je ne peux faire face aux aléas. Tu es mon soutien et ma forteresse, sans toi je suis vulnérable, une coquille vide.

– Chasse ces idées noires de ta tête, Natacha a beaucoup d’estime pour toi, elle ne te laissera jamais tomber.

J’avais le cœur gros, la gorge nouée à l’idée d’abandonner celle qui était mon reflet et mon refuge. Une voiture est arrivée pour m’emmener au ma nouvelle demeure. C’est un joli appartement, meublé d’une manière suave et fine, situé dans une résidence sécurisée, il offre le confort et le bien-être. Une domestique des philippines est mise à ma disposition pour s’occuper des travaux ménagers.

Le lendemain, un avocat m’a rendu visite. Il m’a expliqué dans le détail ce qu’on attend de moi. Il a particulièrement insisté sur le caractère sensible de la mission. Aucune rencontre entre les bénéficiaires et moi ne sera programmée. Son bureau est l’unique représentant des intérêts de son client.  Il m’a remis un chèque mirobolant dont le montant m’a plongé dans le doute, la somme était astronomique. Jamais je n’ai rêvé de posséder une somme pareille. Il m’a présenté des documents que j’ai signé sans hésitation.

Une semaine est écoulée, lorsqu’une femme voilée vêtue en noir est venue m’accompagner à une clinique gynécologique. Le long du trajet, j’ai essayé de refouler mon désarroi et mon inquiétude, vainement. Une gynécologue femme aux cheveux d’or et aux yeux azur m’installa sur le divan gynécologique. Mes jambes écartées, elle introduit un cathéter dans mon utérus pour déposer l’embryon. J’étais inconfortable dans cette position impudique. La femme voilée filmait l’opération au profit de mon client.

La femme de ménage veillait jalousement sur mon confort. Elle respectait un régime alimentaire varié et énergétique. Je ne manquais de rien, je vivais dans une opulence insolente. L’Avocat subvenait à mes besoins avec zèle et dévouement. Dans ma cage dorée, je me plantais devant la télé pendant plusieurs heures. La gynécologue, lors d’un contrôle m’a admonesté à cause du surpoids. L’avocat est venu me voir, l’air menaçant, me gratifiant d’une objurgation affligeante :

– Yakout, une famille a mis son espoir en toi, elle t’a confié sa pérennité et son devenir, elle l’a d’ailleurs gracieusement payé. Donc tu as intérêt à honorer ta part du contrat. Le surpoids est préjudiciable au fœtus, tu suivras à la lettre le régime établit par le médecin. J’espère que j’étais clair.

– Je suis désolée maitre, je vis une apathie physique intolérable, mes seules occupations se limitent à la télé et à la bouffe. L’intumescence de mon ventre entrave mes mouvements et me plonge dans une asthénie déconcertante. j’aurai besoin d’un tapis roulant pour me remettre en forme.

– Il sera livré demain, j’espère que tu en feras bon usage.

Ma grossesse est arrivée à terme. L’Avocat est venu chez moi chargé d’une grande valise :

– Yakout, demain matin de bonheur je passerai te prendre pour aller à la clinique. L’opération est programmée pour 8H. Sois à jeun et n’oublie pas la valise des effets du bébé. Donc repose toi, demain sera une journée exceptionnelle.

Après un souper léger, je me suis allongée dans mon lit planté d’orties, dans une catalepsie anxieuse. Le sommeil a déserté mes yeux, laissant le champ libre à des sensations impalpables et évanescentes. Je caressais mon ventre, l’hôte qui séjourne dans mes entrailles réagissait par des coups secs et francs, un sentiment euphorique me submergeait. La mère est née en moi. Tôt le matin, l’avocat accompagné de la femme au voile noir, est venu me conduire à la clinique. Une brume épaisse planait sur la ville, en filigrane apparaissaient les silhouettes des grattes ciel. J’ai le cœur gros. Mon accouchement devait être organisé autrement, dans la joie et la hardiesse en présence de la famille et des amis (…)

À Suivre dans l’Édition du mois de  Mars 2021 de MCE.

Par RACHID JALAL pour Maghreb Canada Express, Vol. XIX, N°02 , pages 14-15 , Février 2021