CRISE RUSSO-UKRAINIENNE : Plaidoyer contre une logique de Guerre nucléaire

La première victime d’une guerre est la vérité d’abord. Vient ensuite les enfants qui n’ont aucun moyen La première victime d’une guerre est la vérité d’abord. Vient ensuite les enfants qui n’ont aucun moyen de se défendre, sinon la protection de leurs parents, puis enfin les vieillards, dont le cœur est assez faible pour vibrer aux discours de l’amour mais dont les bras ne sont plus assez forts pour faire battre les tambours de la guerre; pour les va-t-en-guerre; Une guerre à laquelle on n’est même plus obligé d’y aller car le champ de bataille est devenu à géométrie variable ! Car les belligérants font maintenant de la livraison à domicile de la guerre; missiles balistiques obligent.

N’en déplaise ! nous sommes bel et bien face à une logique de guerre et l’Histoire qui n’aime pas se faire répéter, risque de filer une facture salée à l’Humanité cette fois-ci pour le dérangement !

Le premier conflit mondial (1914-1918) fut provoqué par le Nationalisme Serbe, voulant libérer la Serbie du joug de l’Empire Austro-Hongrois.

La seconde guerre mondiale fut déclenchée par le Nationalisme Allemand qui s’attaqua à la Pologne, le 1ier septembre 1939, pour réunifier l’Allemagne divisée en deux par le Traité de Versailles ayant octroyé à cette même Pologne un accès à la mer via le couloir de Danzig, après la première guerre mondiale.

Jamais deux sans trois ?

Le nationalisme ukrainien souffrirait encore aujourd’hui de ces vieilles blessures infligées par la Russie des Tsars puis par celle de Lénine et Staline. 

Avec l’avancée de l’OTAN en Europe de l’Est après le retrait (qui ne serait que stratégique) de la Russie suite la chute du mur de Berlin, l’Ukraine aurait cru bon de s’approcher de l’Ouest… pour faire payer les vieilles factures par l’actuelle Russie de Poutine.

L’Ukraine aurait donc cherché l’Ours, l’aurait trouvé et aurait sauté dessus tout en criant à l’intention de l’OTAN : »Je le tiens ! Venez m’en délivrer ! »

Seulement voilà, l’OTAN réfléchit ou fait semblant de réfléchir car cette fois-ci la prochaine guerre mondiale risque d’être la Première guerre atomique. Et il serait dur d’y faire embarquer ‘’ses’’ opinions publiques…

Est-ce pour cela que l’OTAN crie à qui veut l’entendre qu’il n’a aucune intention d’entrer en guerre auprès de l’Ukraine mais qu’il ne peut, cependant, empêcher ses membres de le faire individuellement ?

Or la raison d’être de l’OTAN, est justement de considérer toute attaque contre l’un de ses membres comme une attaque contre tous les pays membres de l’Organisation. Le devoir de l’OTAN sera donc logiquement d’intervenir pour défendre tout membre ayant décidé unilatéralement de s’impliquer aux côtés de l’Ukraine mais qui se fait ensuite attaquer par la Russie !

Pourquoi une telle approche qui semble vouloir pousser la Russie à attaquer la première l’OTAN ?

Les États-majors occidentaux donnent l’impression qu’ils seraient à court de prétextes pour mobiliser leurs opinions publiques dans ce conflit, alors que ces mêmes opinions publiques, étaient pourtant toutes prédisposées à avaler des couleuvres auparavant.

Plus après le retrait en catastrophe des États-Unis de l’Afghanistan…

Il semble donc révolu ce temps où la fille d’un ambassadeur koweitien, étudiante et résidante de surcroît en Amérique du Nord et déguisée en fausse infirmière sur l’ordre de son père, dressa la planète contre Saddam Hussein, et ce, en déclarant devant les caméras, toute en pleurs, avoir vu de ses propres yeux, les soldats irakiens dans les hôpitaux koweïtiens jeter les bébés et démanteler les couveuses pour les envoyer à Bagdad !

Par ailleurs, on ne peut plus, non plus, jouer la carte des armes de destruction massive contre Poutine, comme ce fut le cas sous la présidence de G.W. Bush, pour justifier le second round de la guerre en Irak, car Poutine crie haut et fort que, non seulement il a ces armes, mais qu’il n’hésitera pas à s’en servir; le cas échéant.

Est-ce pour cela que l’OTAN semble tenir deux discours opposés par le sommet ? 

C’est-à-dire, multiplier en public les gestes d’apaisement (comme par exemple l’annulation de cet exercice de missile balistique américain programmé depuis longtemps) d’une part, et fermer les yeux sur les sanctions économiques, prises par ses membres contre la Russie, d’autre part ?

Les membres de l’OTAN accentuent la pression sur Poutine tout en multipliant les sanctions contre Moscou; Sanctions qui sont en train de devenir, ni plus ni moins, qu’un blocus en bonne et due forme autour de la Russie… Une Russie qui, en passant, ne ressemble pas, ou ne ressemble plus, mais absolument plus à cette caricature, véhiculée par l’imaginaire populaire, d’une Terre peuplée d’ivrognes, accros à la vodka, et conduisant des Lada s’essoufflant face à la première pente rencontrée.

Or il semblerait qu’un blocus n’est autre qu’un acte visant à asphyxier l’adversaire économiquement et logistiquement afin de diminuer ses capacités belliqueuses et réduire sa force militaire pour finir par le mettre à genoux.

Donc un blocus ne serait, à notre humble avis, qu’un acte de guerre et rien n’empêchera Poutine de le comprendre ainsi; d’autant plus qu’il a la force de frappe nécessaire pour comprendre ce qu’il veut et interpréter les gestes d’autrui de la façon qui arrange le mieux sa stratégie.

Nous serions donc en pleine   escalade et dans une vraie logique de guerre nucléaire !

Le président ukrainien aurait dit : ‘’Je ne veux pas de mes portraits dans vos bureaux. Je ne suis ni un dieu, ni une icône mais plutôt un serviteur de la Nation. Accrochez à la place de mes portraits les photos de vos enfants et regardez-les à chaque fois que vous voulez prendre une décision’’.

Paroles de prophète faciles à prononcer en période d’accalmie mais difficile d’en écouter le message dans le fracas de la guerre.

Et ce serait avant la guerre qu’il faut avoir le courage de penser aux enfants. Car en plein conflit, le ‘’courage’’ ne serait qu’un vulgaire panaché d’instinct de conservation et de témérité. Le vrai courage, serait de regarder la guerre qui s’envient en face sans vouloir, toutefois, la faire coûte que coûte. Mais, bien-sûr, sans s’y dérober, quand on est acculé au mur. Car rêver de paix à tout prix, serait la meilleure façon de se réveiller avec les chaînes de la servitude autour du cou, des poignées et des pieds. 

L’ironie du sort en ces temps maudits (ou revanche de la pauvreté sur la richesse et de l’insignifiance sur la notoriété ?), c’est que force est de constater qu’heureux seraient les pays qui n’ont ni position stratégique ni réserves du même acabit, d’énergie ou de matières premières, car ce seraient parmi eux qu’il y aurait peut-être les survivants pouvant recoller les morceaux de l’Humanité… Si morceaux à recoller, il resterait après une confrontation nucléaire généralisée sur Terre.

Par Abderrahman EL FOULADI, pour Maghreb Canada Express, Vol. XX, N°03 , page 06, MARS 2022

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