Maroc : Akhanouch face aux ‘’Chahuteurs’’ parmi la presse et l’opposition

Il se pourrait que ce soit la première et la dernière fois que j’aborde ce sujet car ce ne seront pas mes visites sporadiques au Maroc qui me permettraient de me mettre à jour concernant la réalité politique, économique et sociale de mon pays d’origine. Ajouter à cela, que je suis un fervent opposant à la représentativité parlementaire des immigrants au sein du parlement de leur pays d’origine. Et pour cause : la meilleure façon de servir, et la diaspora, et le pays d’origine, serait l’intégration tous azimuts, dont l’implication politique dans le pays d’Accueil ne serait pas des moindres.

Toutefois pour rester informé, j’écoute de temps en temps certains influenceurs marocains sur les réseaux sociaux. Aussi, il y a eu cette dame que je respectais beaucoup, qui parlait doucement comme de peur de réveiller des gens qui dorment, qui parlait, je l’avoue, très bien du fond des choses, mais qui, hélas, venait dernièrement de sortir de son calme habituel pour s’écrier : Que voulez-vous de plus ? Nous parlons bien à votre place de vos problèmes !

Waw !

Cette même dame, qui prit une position pointue sur une question qui faisait débat national, laissa tomber le masque de tous les jours pour se mettre à insulter d’une façon grossière ceux qui ne pensaient pas comme elle !

(Vidéo en Arabe)

Et du coup, j’ai eu l’impression, probablement exagérée, que certains influenceurs ne seraient là-bas que comme une soupape sur une cocotte-minute: justes bons à évacuer la pression pour empêcher le peuple d’exploser au visage du système !

Ce fut mon premier malaise concernant mon pays d’origine !

 Le second malaise est venu suite à une déclaration d’une autre dame; politique celle-là, qui, en concluant un geste partisan lança sur un réseau social : « Les chiens aboient et la caravane passe ».

Re Waw !

 Au fait; qu’adviendrait-il, madame, si tous les chiens descendaient en meute dans la rue pour dénoncer la caravane qui commence à aboyer plus fort que les chiens ?

Apparemment le parti de cette dame s’en fout éperdument car aucune sanction, ni aucun rappel à l’ordre, n’auraient été prononcés publiquement contre elle. Ce qui laisserait transpirer tout le mépris pour l’opposition et l’esprit de clan qui règne dans certains milieux partisans .

Mais ce qui m’a poussé à écrire ces lignes, ce jour du 7 mars 2022, c’est ce cri de cœur que M. Mehdaoui (de la chaîne YouTube Badil) poussa la veille contre l’actuel chef du gouvernement; Chef du gouvernement qui traita, lors du congrès de son parti, l’opposition et ceux qui le critiquent de vulgaires « chahuteurs ».

Et M. Mehdaoui de s’en prendre à une certaine presse partisane en déclarant quelque chose du genre « Le Maroc serait le seul pays où la presse, au lieu de critiquer le gouvernement, s’acharne sur l’opposition et lui fait obstruction ! »

M. Mehdaoui ciblait sans doute une certaine presse qui a vendu sa voix comme, certains électeurs ont vendu leur vote.

Si C’est le cas, il serait légitime de se demander à qui en vouloir le plus ? A ceux qui ont « acheté » leur place au parlement, pour servir surtout leurs intérêts, ou à ceux qui vendent leur conscience pour une poignée de dirhams pour finir par vendre leurs cheptel contre une poignée de centimes ?

Personnellement, je ne suis pas étonné de voir M. Akhanouch traiter ses contradicteurs de ‘’chahuteurs’’, car il est arrivé au pouvoir avec la mentalité du maître d’école primaire (avec tout le respect et la considération que je dois aux maîtres d’écoles primaires) pour « parfaire l’éducation » de certains Marocains (comme il l’avait déclaré, ironie du sort, lors d’une rencontre avec des Marocains résidant à l’étranger).

Terrorisme Politique

Mais, ce qui m’inquiète le plus, c’est cette menace qu’il avait déjà lancée avant qu’il ne devienne chef du gouvernement, et ce, en déclarant quelque chose du genre : ‘’Celui qui m’attaque, je ne le lâcherai qu’une fois que je l’aurai écrasé’’. Cette menace qui ne serait, ni plus ni moins, que du « Terrorisme politique » trahirait retour, au galop, dans la scène politique du pays d’un certain esprit tribal; voire une certaine forme de siba.

M. Akhenouch donne l’impression, peut-être fallacieuse; nous ne saurons le souligner assez, qu’il serait en train de faire de son parti, un « parti de Riches qui a besoin des pauvres juste pour leur vote afin de s’accaparer du pouvoir; Pauvres qu’il jetterait ensuite comme des kleenex après les élections.

En conclusion, il ne serait pas trop tard pour certains débutants (en politique) de parfaire leur éducation (politique; l’autre, elle est correcte) et de comprendre qu’un parti politique, quelle qu’en soit l’orientation, est créé avec l’ambition de rassembler tout un peuple sous sa bannière et, qu’outre sa mission, l’ambition de son chef devrait être celle de convaincre tout chacun du bien-fondé et des objectifs de son parti pour finir par obtenir adhésion et partenariat de tous. Pour cela, le chef de parti doit traiter tout le temps l’adversaire et l’opposant d’aujourd’hui comme un  partisan et un allié de demain.

Par Abderrahman EL FOULADI, pour Maghreb Canada Express, Vol. XX, N°03 , page 03, MARS 2022

LIRE TOUTE L’ÉDITION DU MOIS DE MARS 2022 (Format PDF)

Maghreb Canada Express

VISITER NOTRE CHAÎNE YOUTUBE
https://www.youtube.com/embed/pYXhu328ftU