Crise Maroco-Tunisienne : La fuite en avant de Kaïs Saïed

Voir la vidéo présentée par A. El Fouladi:

Transcription de la vidéo :

Le torchon brûle entre Rabat et Tunis suite à l’accueil, réservé au pied de l’avion présentiel algérien, par le président tunisien , Kaïss Saïed , au chef du polisario, Brahim Ghali qui vient participer aux travaux de la 8ème conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (la TICAD); conférence qui se tient à Tunis le 27 et 28 aout 2022.

Suite à ce geste du président tunisien , Rabat s’est retiré de la TICAD et a rappelé son ambassadeur pour consultation le 26 aout 2022.

Tunis répondit du tac au tac en rappelant à son tour son ambassadeur le lendemain; soit le 27 août 2022… tout en s’étonnant de la réaction marocaine et… tout en affirmant que sa position sur la question du Sahara (marocain) est claire : La neutralité pure et dure jusqu’à ce que les partis en conflit trouvent une solution.

Est-ce que les deux pays auraient pu éviter cette crise suivi de cette escalade ?

A notre humble avis, non; car Kaïss Saïed a besoin de l’appui algérien pour surmonter ne serait-ce que la crise économique qui sévit au pays.

Il avait déjà obtenu une « partie » de cette aide algérienne, en étant le seul chef d’état étranger à assister aux cérémonies du 60ème anniversaire d’indépendance de l’Algérie, et ce, en demandant l’ouverture des frontières qui étaient fermées à cause de la Covid; ce qu’il obtint et ce qui permit à des milliers d’algériens d’aller faire du tourisme lucratif pour la Tunisie cet été.

le 26 août 2022 Kaïss Saïed déroula le tapis rouge à Brahim Ghali en le recevant avec tous les honneurs dus à un chef d’état; Un geste que le Maroc n’a d’autre choix que de condamner fermement car le Président d’un pays ne déroule pas le tapis rouge au chef d’un état que même son pays ne reconnaît pas.

Le président tunisien Kaïss Saïed (à droite) accompagnant Brahim Ghali après sa descente de l’avion présidentiel algérien

L’entourage de Kaïss Saïed explique cette situation par le fait que la TICAD est réservée aux membres de L’Union Africaine, et que Brahim ghali représente une entité membre de cette Organisation régionale… Kaïss Saïed n’aurait donc d’autre choix que d’accueillir Brahim Ghali comme il a accueilli les autres chefs d’état.

Bien-sûr, Cette explication ne satisfait pas du tout le Maroc dont le Souverain vient tout juste de demander dans un discours prononcé le 20 août dernier aux pays amis de bien vouloir clarifier leur position en ce qui concerne la question du Sahara marocain. Autrement dit, « soit avec nous, soit contre nous ».

Or le fait de recevoir avec les honneurs le chef d’une entité considérée par le Maroc comme séparatiste qui est, en plus, armée jusqu’aux dents et qui pourrait attaquer le Maroc à n’importe quel moment pourrait être interprété ailleurs comme  tout… sauf comme un geste amical de la part de Kaïss Saïed vis-à-vis le Maroc.

Le Royaume Chérifien n’a donc d’autre choix que de répondre fermement au geste du président tunisien, en exercice, afin que la communauté internationale le prenne au sérieux en ce qui concerne son attachement indéfectible à son intégrité territoriale … de Saadia  à Lagwira

Pour clore cette intervention

Il serait pertinent de souligner que cet incident commence déjà à avoir des impacts négatifs sur la TICAD-8. En effet, Selon la MAP, Le président de la Guinée Bissau et président en exercice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), M. Umaro Sissoco Embalo, a déjà quitté la 8ème conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD), et ce, pour protester contre la présence de Brahim Ghali.

De son côté, et toujours selon la MAP, “Le Sénégal regrette que ce rendez-vous de la Ticad soit marqué par l’absence du Maroc, un éminent membre de l’union africaine, faute d’un consensus sur une question de représentation”, fin de citation.

AEF