{"id":2339,"date":"2015-04-13T23:45:21","date_gmt":"2015-04-14T03:45:21","guid":{"rendered":"http:\/\/maghreb-canada.ca\/?p=2339"},"modified":"2015-04-13T23:45:21","modified_gmt":"2015-04-14T03:45:21","slug":"les-debris-de-la-liberte-dexpression","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maroc-canada.ca\/?p=2339","title":{"rendered":"Les d\u00e9bris de la libert\u00e9 d\u2019expression"},"content":{"rendered":"<p><em>Par BELHALOUMI Abdelrhani<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/maroc-canada.ca\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Belhalloumi.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-147 alignleft\" src=\"http:\/\/maroc-canada.ca\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Belhalloumi-261x300.jpg\" alt=\"Belhalloumi\" width=\"261\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/maroc-canada.ca\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Belhalloumi-261x300.jpg 261w, https:\/\/maroc-canada.ca\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Belhalloumi.jpg 486w\" sizes=\"auto, (max-width: 261px) 100vw, 261px\" \/><\/a>Des milliers de livres, de chansons et m\u00eames des films sont actuellement interdits en France et dans le monde. La France a saisi les journaux qui \u00e9voquaient les actes de tortures et ceux en rapport avec la\u00a0guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie\u00a0(1954-62) sous le pr\u00e9texte d&rsquo;\u00ab\u00a0atteinte au moral de l&rsquo;arm\u00e9e\u00a0\u00bb.<br \/>\nL\u2019interdiction des livres\u00a0\u00ab\u00a0la Question\u00a0d\u2019Henri Alleg et La Gangr\u00e8ne\u00a0de\u00a0Bachir Boumaza\u00a0\u00bb, parus en 1958 aux\u00a0\u00c9ditions de Minuit d\u00e9non\u00e7ant la\u00a0torture en Alg\u00e9rie. Des chansons \u2018Quand un soldat\u2019, de\u00a0Francis Lemarque, chant\u00e9e par\u00a0Yves Montand\u00a0en 1953, et \u2018Au Printemps de quoi r\u00eavais-tu\u00a0?\u2019 en mai 1968.<br \/>\nEn 1976, les n\u00e9gatifs du film\u00a0L&rsquo;Essayeuse\u00a0de\u00a0Serge Korber\u00a0ont \u00e9t\u00e9 saisis et br\u00fbl\u00e9s pour \u00ab\u00a0apologie du vice\u00a0\u00bb. Les livres \u2018Comment Salman Rushdie a leurr\u00e9 l\u2019Occident\u2019 du Sud-Africain Deedat en 1994 et en 2004 Gillo Pontecorvo,\u00a0La Bataille d&rsquo;Alger , ont \u00e9t\u00e9 interdits, mais pas celui de Salman Rushdie.<br \/>\nIl y\u2019a eu aussi les caricatures du radical Danois Kurt Westergaarden 2005, membre du parti d\u2019extr\u00eame droite du pr\u00eatre SorenKrarup, t\u00e9nor de ce parti. Il a r\u00e9ussi un coup d&rsquo;\u00e9clat publicitaire maladroit visant \u00e0 faire parler de son quotidien et \u00e0 booster l\u2019id\u00e9ologie n\u00e9o-nazie en Europe.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">LES DEUX POIDS DE LA D\u00c9MESURE<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a aussi eu droit \u00e0 l\u2019\u00e9vocation de la d\u00e9portation des musulmans dans un quotidien italien par un radical. Les n\u00e9o-nazis, en ont-ils\u00a0jamais dit autant\u00a0? Mais, le raciste VIP (au nom \u00e0 consonance \u00e9trang\u00e8re, se prenant pour le propri\u00e9taire de la France) jamais inqui\u00e9t\u00e9 dans un pays o\u00f9 un enfant de 8\u00a0ans a \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 au commissariat pour \u00abapologie du terrorisme\u00bb \u00e0 Nice, a m\u00eame \u00e9t\u00e9 accueilli avec les honneurs par une certaine presse.<br \/>\nDoit-on accepter tout ce bombardisme de haine qui vise les musulmans dans une Europe d\u00e9pass\u00e9e par les vandales de la libert\u00e9s d\u2019expression?<br \/>\nEt dans ce contexte, peut-on encore parler de libert\u00e9 de m\u00e9dias en tant qu\u2019extension de la libert\u00e9 collective d\u2019expression et fondement de la d\u00e9mocratie\u00a0? n\u2019est-elle pas confisqu\u00e9e par un groupe de puissants et fortun\u00e9s qui la contr\u00f4le, en rachetant de grands journaux et en pliant la v\u00e9rit\u00e9 au gr\u00e9 de leurs int\u00e9r\u00eats\u00a0? Et la libert\u00e9 de r\u00e9flexion sur les questions historiques et l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019histoire qui est une conqu\u00eate de la d\u00e9mocratie, o\u00f9 en est-elle\u00a0?<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">ET LA LIBERT\u00c9 DE R\u00c9FLEXION ?<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les historiens sont confront\u00e9s \u00e0 l\u2019existence de groupes domin\u00e9s et ils ne peuvent ignorer que leur discipline a servi et sert tr\u00e8s souvent de justification aux dominants. C\u2019est pourquoi, des historiens soucieux de pr\u00e9server la libert\u00e9 et l\u2019autonomie pour l\u2019histoire et les historiens, de ne pas mettre leur discipline au service de causes qui peuvent leur \u00e9chapper d\u00e9noncent les lois m\u00e9morielles depuis 2005 en France.<br \/>\nDes lois, pas toutes de m\u00eame nature, mais porteuses d\u2019une\u00a0lecture non consensuelle de faits historiques, entravant au passage le travail des historiens et ayant eu des cons\u00e9quences f\u00e2cheuses pour certains d&rsquo;entre eux.<br \/>\nCes lois qui n\u2019ont ni le m\u00eame contenu, ni les m\u00eames finalit\u00e9s, posent probl\u00e8me aux historiens, m\u00eame si certains textes sont n\u00e9s de bons sentiments, ils p\u00e8sent sur la libert\u00e9 de r\u00e9flexion. Pourquoi une loi doit-elle indiquer que les programmes scolaires et de recherche doivent accorder \u00abla place qu\u2019il m\u00e9rite\u00a0\u00bb \u00e0 un \u00e9v\u00e8nement plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 un autre\u00a0, et sans demander aux enseignants de porter un jugement n\u00e9gatif ou positif sur ces faits\u00a0?. On ne doit pas pouvoir judiciariser ni faire de proc\u00e8s au nom de l&rsquo;histoire non plus (t\u00e9moignage aux proc\u00e8s Touvier ou Papon\u2026).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">HISTOIRE ET M\u00c9MOIRE&#8230;<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes les lois m\u00e9morielles n&rsquo;impliquent pas de retomb\u00e9es judiciaires, mais certaines y incitent. L\u2019histoire ne s\u2019\u00e9crit ni ne s\u2019enseigne dans les tribunaux ou au Parlement. L\u2019histoire n\u2019est ni la propagande, ni la religion, ni la morale, ni la politique, ni la justice, ni la m\u00e9moire, ni la comm\u00e9moration.<br \/>\nL\u2019enseignement de l\u2019histoire est fondamentalement un d\u00e9paysement et s&rsquo;appuie sur les acquis de la recherche historique. L\u2019histoire explique et t\u00e2che de faire comprendre et la m\u00e9moire juge, et c\u2019est l\u00e0 toute la diff\u00e9rence. Certains historiens ont tent\u00e9, sans illusion, d\u2019abroger ces lois dites m\u00e9morielles qui repr\u00e9sentent des enjeux \u00e9lectoraux importants. Ils ont demand\u00e9 la r\u00e9\u00e9criture de certains articles de ces lois. Certaines de ces lois cr\u00e9ent de\u00a0nouveaux droits ou de nouveaux d\u00e9lits, et remettent en cause les fronti\u00e8res entre histoire et m\u00e9moire.<br \/>\n&#8211; C\u2019est le cas de la loi Gayssot (1990) contre le n\u00e9gationnisme. Loi qui r\u00e9prime le d\u00e9ni du g\u00e9nocide des juifs. Pour les historiens Olivier P\u00e9tr\u00e9-Grenouilleau, Madeleine Reb\u00e9rioux et Pierre Vidal-Naquet,<br \/>\ncette loi pr\u00e9sente le risque d&rsquo;\u00e9tablir des v\u00e9rit\u00e9s historiques.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">V\u00c9RIT\u00c9 D\u2019\u00c9TAT<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un r\u00e9gime d\u00e9mocratique, il n&rsquo;y a pas de v\u00e9rit\u00e9 historique intangible. La loi Gayssot \u00e9tablit pour la premi\u00e8re fois dans le droit fran\u00e7ais le d\u00e9lit de contestation de \u00abv\u00e9rit\u00e9 historique\u00bb, et ceci pose probl\u00e8me. C&rsquo;est une loi d&rsquo;exception, et doit -elle rester exceptionnelle\u00a0?. Elle peut ais\u00e9ment \u00eatre compl\u00e9t\u00e9e. Puisqu&rsquo;elle vise le n\u00e9gationnisme dans son article 9, il faudrait pr\u00e9ciser qu&rsquo;elle concerne tous ceux qui ont des desseins racistes.<br \/>\nInutile de s&#8217;embrouiller avec les termes de \u00abv\u00e9rit\u00e9 historique\u00bb. Ces historiens estiment qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;\u00c9tat.\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 historique est une notion extr\u00eamement compliqu\u00e9e et les historiens ne sont pas tous d&rsquo;accord sur la mani\u00e8re de la d\u00e9montrer.<br \/>\nCertains pourraient r\u00e9pondre aux historiens que l\u2019on prend le risque de voir les n\u00e9o-nazis se mobiliser pour claironner, si on s\u2019attaquait \u00e0 la loi Gayssot.\u00a0 Or, il existe dans la loi de 1881 sur la libert\u00e9 de la presse l&rsquo;article 32, qui vise la diffamation raciale, l&rsquo;article 33, sur l&rsquo;injure raciale, l&rsquo;article 24-6, sur la provocation \u00e0 la haine raciale, et le 24-3, sur l&rsquo;apologie de la haine raciale. Sans oublier l&rsquo;article 1382 du Code civil, qui peut aussi \u00eatre utilis\u00e9.<br \/>\nD\u2019ailleurs, avant le vote de la loi Gayssot, ces lois ont permis la condamnation des principaux n\u00e9gationnistes: Paul Rassinier, Maurice Bard\u00e8che en 1954, Robert Faurisson par deux fois, en 1981 et en 1990. M. Faurisson a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 coupable de \u00abprovocation publique \u00e0 la discrimination, \u00e0 la haine et \u00e0 la violence \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance \u00e0 une ethnie, une nation, une race ou une religion d\u00e9termin\u00e9e\u00bb.<br \/>\nEn Autriche aussi, l\u2019\u00e9crivain britannique David Irving a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 pour\u00a0n\u00e9gationnisme.<br \/>\nLa condamnation des g\u00e9nocides et des crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9 commis par les nazis est pr\u00e9vue par le droit fran\u00e7ais, articles 211-1 et 212-2 du Code p\u00e9nal.<br \/>\nCes crimes, pour une partie d&rsquo;entre eux, sont devenus imprescriptibles depuis d\u00e9cembre 1964. Il en va de m\u00eame pour l&rsquo;esclavage: il y a int\u00e9gration dans le droit fran\u00e7ais des conventions internationales de 1926 et 1956. L&rsquo;arsenal juridique est l\u00e0 et il a fonctionn\u00e9. Faut-il rajouter une loi sp\u00e9cifique qui, en m\u00eame temps dit l&rsquo;histoire?<br \/>\n-la loi Taubira (2001), reconnaissant la traite et l&rsquo;esclavage comme des crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9, permet aux associations de se porter parties civiles dans des proc\u00e8s pour\u00a0discrimination, pour diffamation ou injure.<br \/>\nL\u2019article premier de la loi Taubira limite le crime contre l&rsquo;humanit\u00e9 \u00e0 la seule traite transatlantique, ce qui est plut\u00f4t g\u00eanant! Et ce n&rsquo;est pas conforme au titre de cette loi, \u00abtendant \u00e0 la reconnaissance de la traite n\u00e9gri\u00e8re et de l&rsquo;esclavage en tant que crime contre l&rsquo;humanit\u00e9\u00bb. Cela voudrait dire que ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es comme crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9 les traites orientale et interafricaine, qui ne sont pourtant ni moins dommageables ni moins criminelles!<br \/>\nMais, surtout, doit-on donner une place cons\u00e9quente \u00e0 la seule traite transatlantique, qui serait seule un crime contre l&rsquo;humanit\u00e9? La loi Taubira est \u00e9galement critiqu\u00e9e du fait de son invitation \u00e0 \u00ab\u00a0accorder \u00e0 la traite n\u00e9gri\u00e8re et \u00e0 l\u2019esclavage la place qu\u2019ils m\u00e9ritent\u00a0\u00bb dans les programmes scolaires, mais pas de place ni au g\u00e9nocide des musulmans de Bosnie ni aux tirailleurs musulmans, ni aux massacres des musulmans en Birmanie, ni \u00e0 la destruction de l\u2019Irak et de son patrimoine culturel par Bush en toute impunit\u00e9.<br \/>\nPour l\u2019historien Olivier P\u00e9tr\u00e9-Grenouilleau, la loi Taubira r\u00e9duit \u00e0 tort la traite n\u00e9gri\u00e8re \u00e0 une seule forme, la traite occidentale. Cette controverse provient sans doute de ce que, longtemps d\u00e9laiss\u00e9e, la recherche sur la traite, l\u2019esclavage et leur abolition est encore r\u00e9cente et inachev\u00e9e. Ensuite, il a \u00e9t\u00e9 mis en cause et assign\u00e9 en justice. Pour lui, cela revient \u00e0 introduire un jugement de valeur dans une discipline, l&rsquo;histoire, qui est normalement tourn\u00e9e vers la compr\u00e9hension et l&rsquo;explication des ph\u00e9nom\u00e8nes.<br \/>\n&#8211; la loi du 29 janvier 2001 reconnaissant le g\u00e9nocide arm\u00e9nien n\u2019a qu\u2019une fonction\u00a0d\u00e9clarative? Il s\u2019agit de loi compos\u00e9e d\u2019un seul article reconnaissant le g\u00e9nocide arm\u00e9nien de 1915. Cette loi n\u2019a ainsi qu\u2019une port\u00e9e symbolique. Mais est-ce le r\u00f4le d\u2019une loi de cr\u00e9er du symbolique\u00a0?<br \/>\n-de m\u00eame que la loi La loi du 23 f\u00e9vrier 2005, vot\u00e9e sans passer par le contr\u00f4le du Conseil d&rsquo;Etat. La loi a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e sans que son contenu soit port\u00e9 \u00e0 la connaissance des citoyens. une loi, dont l&rsquo;article 4 a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s contest\u00e9 pour son ing\u00e9rence dans l&rsquo;histoire coloniale, faite par client\u00e9lisme pour certains milieux harkis et pieds-noirs, et faisant l&rsquo;impasse sur le Code de l&rsquo;indig\u00e9nat ou le travail forc\u00e9.<br \/>\nLa gauche ne s&rsquo;\u00e9tait pas oppos\u00e9e au texte, lors des d\u00e9bats parlementaires un d\u00e9put\u00e9 communiste avait m\u00eame fait l&rsquo;\u00e9loge de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u0153uvre accomplie en des terres ingrates\u00a0\u00bb. Dans ce cas, l\u2019aspect normatif (*) de la loi s\u2019est heurt\u00e9 \u00e0 la libert\u00e9 de l\u2019historien, provoquant le \u00ab\u00a0soul\u00e8vement\u00a0\u00bb d\u2019historiens ne se reconnaissent pas dans cette d\u00e9formation de l\u2019histoire. Cette loi fixe les droits des harkis.<br \/>\nL\u2019article 4 (**) de cette loi parle du \u00ab\u00a0r\u00f4le positif\u00a0\u00bb de la colonisation et prescrit comment enseigner l&rsquo;histoire de la colonisation, en insistant sur son bilan positif. Une loi qui exprime une conception valorisante de la pr\u00e9sence de la France \u00ab\u00a0outre-mer\u00a0\u00bb, pr\u00e9sence \u00e0 laquelle le terme de \u00ab\u00a0colonisation\u00a0\u00bb n\u2019est m\u00eame pas associ\u00e9.<br \/>\nCette loi met en cause directement les historiens puisqu\u2019elle demande l\u2019implication de l\u2019histoire dans cette lecture positive de la pr\u00e9sence coloniale notamment en Afrique du Nord. La mobilisation de quelques historiens a permis de porter \u00e0 la connaissance de tous les enjeux de cette loi, la port\u00e9e de la d\u00e9rive id\u00e9ologique dans laquelle elle s\u2019inscrit, d\u2019une histoire instrumentalis\u00e9e pour les besoins des m\u00e9moires collectives. Une loi contraire \u00e0 la neutralit\u00e9 scolaire et au respect de la libert\u00e9 de pens\u00e9e. Parce qu\u2019en ne retenant que le \u00abr\u00f4le positif\u00bb de la colonisation, elle impose un mensonge officiel sur des crimes, sur l\u2019esclavage, sur le racisme h\u00e9rit\u00e9 de ce pass\u00e9. Sur des massacres allant parfois jusqu\u2019au g\u00e9nocide, de S\u00e9tif (mai-juin 1945) \u00e0 Madagascar (1947), d&rsquo;Haiphong (1946) \u00e0 la C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire (1949-1950 ou \u00e0 Casablanca (1947), l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise a massacr\u00e9 des dizaines de milliers d&rsquo;hommes et de femmes dont le seul tort \u00e9tait de revendiquer plus de libert\u00e9 et de libert\u00e9 d\u2019expression.<br \/>\nLa libert\u00e9 d\u2019expression \u2018restreinte \u2019tout comme l\u2019histoire sont le bien de tous les citoyens. Tout citoyen a le droit (le devoir) d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 historique. L\u2019historien doit pouvoir chercher librement, le professeur d\u2019histoire enseigner librement, \u00e0 l\u2019abri de toute pression. Que le politique intervienne sur les questions du pass\u00e9 ou ce qui touche \u00e0 la m\u00e9moire est normal, mais sans franchir la ligne rouge et ce en se m\u00ealant de la recherche et de l&rsquo;enseignement de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>Notes<br \/>\n______________________<br \/>\n(*) Dans son rapport annuel 2005, le Conseil d\u2019Etat indique que \u00abla loi est faite pour prescrire, interdire, sanctionner&#8230; La loi doit donc \u00eatre normative\u00bb<br \/>\n(**) le 2e alin\u00e9a a \u00e9t\u00e9 abrog\u00e9 par d\u00e9cret du 15 f\u00e9vrier 2006).<\/p>\n<p>Source : Maghreb Canada express, N\u00b0142, pages 8-9, Avril 2015.<\/p>\n<h2>Pour lire l&rsquo;\u00e9dition d&rsquo;Avril 2015, cliquer sur l&rsquo;image:<\/h2>\n<div class=\"textwidget\"><center><\/p>\n<div class=\"column\">\n<div>\n<p><a href=\"http:\/\/www.maghreb-canada.ca\/journal\/2015\/MCE142-04-2015.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\"> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"book-picture alignleft\" src=\"http:\/\/www.maghreb-canada.ca\/images\/n142.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"280\" \/><\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><\/center><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par BELHALOUMI Abdelrhani Des milliers de livres, de chansons et m\u00eames des films sont actuellement interdits en France et dans le monde. La France a saisi les journaux qui \u00e9voquaient les actes de tortures et ceux en rapport avec la\u00a0guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie\u00a0(1954-62) sous le pr\u00e9texte d&rsquo;\u00ab\u00a0atteinte au moral de l&rsquo;arm\u00e9e\u00a0\u00bb. 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