{"id":2371,"date":"2015-05-12T12:17:02","date_gmt":"2015-05-12T16:17:02","guid":{"rendered":"http:\/\/maghreb-canada.ca\/?p=2371"},"modified":"2015-05-12T12:23:02","modified_gmt":"2015-05-12T16:23:02","slug":"les-heritiers-des-lumieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maroc-canada.ca\/?p=2371","title":{"rendered":"Les h\u00e9ritiers des Lumi\u00e8res"},"content":{"rendered":"<p>Photo : G\u00fcnter Grass<\/p>\n<h3><a href=\"http:\/\/maroc-canada.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/BOURDIEU-e1431447372648.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2372 alignleft\" src=\"http:\/\/maroc-canada.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/BOURDIEU-300x200.jpg\" alt=\"BOURDIEU\" width=\"300\" height=\"200\" \/><\/a>L\u2019un est philosophe et sociologue, l\u2019autre est prix Nobel de litt\u00e9rature, \u00e9crivain, po\u00e8te et sculpteur. La cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision Arte a pass\u00e9 r\u00e9cemment un documentaire sous le titre \u00ab\u00a0G\u00fcnter Grass s\u2019entretient avec Pierre Bourdieu\u00a0\u00bb. En regardant ce documentaire, je me suis rendu compte \u00e0 quel point les th\u00e8mes abord\u00e9s par ces deux g\u00e9ants de ce dernier si\u00e8cle, sont encore d\u2019actualit\u00e9.<\/h3>\n<blockquote><p>Ce documentaire est pass\u00e9 \u00e0 une heure tardive, mais il faut savoir qu\u2019en ce moment, c\u2019est tellement difficile de trouver un espace public pour s\u2019exprimer.<br \/>\nLes \u00e9missions intellectuelles qui se passent autour d\u2019une table ronde avec des invit\u00e9s non format\u00e9s et politiquement incorrects, sont victimes de la censure et de la loi de l\u2019audimat. Pour preuve, notre journal qui est distribu\u00e9 gratuitement, et qui informe nos lecteurs sans langue de bois, a \u00e9t\u00e9 censur\u00e9 par \u00ab\u00a0la consule\u00a0\u00bb marocaine de Montr\u00e9al. Je renvoie nos lecteurs qui souhaitent en savoir plus, \u00e0 lire le num\u00e9ro d\u2019avril ou de visionner la vid\u00e9o qui circule sur youtube en ce moment sous le titre : \u00ab\u00a0<a class=\"yt-uix-tile-link yt-ui-ellipsis yt-ui-ellipsis-2 yt-uix-sessionlink     spf-link \" dir=\"ltr\" title=\"\u00c7A VAL MAL \u00c0 MONTR\u00c9AL : LA CONSULE G\u00c9N\u00c9RALE DU MAROC INSTAURE LA CENSURE\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=A80nL_vuMsw\" rel=\"spf-prefetch\" data-sessionlink=\"itct=CB4Q3DAYACITCNupnpPOvMUCFcPHvgodKHwA9Cj0JFIjw6dhIHZhIG1hbCDDoCBtb250cmVhbCA6IGxhIGNvbnN1bGU\">LA CONSULE G\u00c9N\u00c9RALE DU MAROC INSTAURE LA CENSURE<\/a>\u00ab\u00a0<\/p><\/blockquote>\n<p>Fin novembre 1999, G\u00fcnter Grass a re\u00e7u Pierre Bourdieu dans son atelier, tous deux sont en effet arriv\u00e9s \u00e0 la conclusion qu\u2019en cette fin de si\u00e8cle, il est n\u00e9cessaire de se demander que les valeurs issues des Lumi\u00e8res, sont bien toujours les n\u00f4tres et ce qu\u2019il faut faire pour qu\u2019elles se perp\u00e9tuent.<\/p>\n<p><strong>Pierre Bourdieu\u00a0:<\/strong> Vous avez parl\u00e9 quelque part de la tradition europ\u00e9enne ou allemande qui est d\u2019ailleurs aussi une tradition fran\u00e7aise, d\u2019ouvrir sa gueule. Et lorsque nous avions pens\u00e9 \u00e0 faire un dialogue public avec les syndicalistes, je ne savais pas \u00e9videmment que vous sauriez Prix Nobel. Je me r\u00e9jouis beaucoup que vous ayez le Nobel, et je me r\u00e9jouis aussi beaucoup que vous n\u2019ayez pas \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 par le prix Nobel, et que vous soyez aussi bien dispos\u00e9 qu\u2019avant pour ouvrir votre gueule. J\u2019aimerais bien que nous l\u2019ouvrions ensemble.<br \/>\n<strong>G\u00fcnter Grass\u00a0:<\/strong> En Allemagne, il n\u2019est gu\u00e8re habituel, de voir assis autour d\u2019une m\u00eame table un sociologue et un \u00e9crivain. Chez nous on a plut\u00f4t l\u2019habitude de voir les philosophes dans leur coin, les sociologues dans leur coin, alors que dans la pi\u00e8ce du fond, on trouve les \u00e9crivains qui se chamaillent. Ce genre de conversation est beaucoup trop rare en Allemagne. Quand je pense \u00e0 nos travaux, quand je pense \u00e0 votre livre, \u00ab\u00a0La mis\u00e8re du monde\u00a0\u00bb, et quand je pense \u00e0 mon dernier ouvrage intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Mon si\u00e8cle\u00a0\u00bb, je constate qu\u2019il y a entre nous bien des points communs. On raconte l\u2019histoire vue d\u2019en bas, on ne parle pas de la soci\u00e9t\u00e9 en nous mettant dans la perspective du plaignant. Nous nous pla\u00e7ons du c\u00f4t\u00e9 des perdants, de ceux qui sont en marge, de ceux qui sont exclus par la soci\u00e9t\u00e9 et qui font partie des minorit\u00e9s.<br \/>\nLes th\u00e8mes que nous abordons sont similaires. Maintenant, je me dis que vous avez admirablement r\u00e9ussi avec votre \u00e9quipe, avec vos collaborateurs, \u00e0 vous mettre en retrait pour vous concentrer enti\u00e8rement sur un grand effort de compr\u00e9hension, sans vouloir donner des le\u00e7ons, et ce que vous avez r\u00e9alis\u00e9 est \u00e9tonnant et remarquable. Vous brossez un tableau de la soci\u00e9t\u00e9, de la r\u00e9alit\u00e9 sociale fran\u00e7aise, mais \u00e9galement sans doute, transposable dans d\u2019autres pays, avec bien s\u00fbr des nuances, et vous racontez des histoires que j\u2019aimerais beaucoup, moi, l\u2019\u00e9crivain, le conteur, utiliser un peu comme mati\u00e8re premi\u00e8re pour \u00e9crire mes propres romans.<br \/>\nIl y a par exemple, cette tr\u00e8s belle description de la rue \u00ab\u00a02 Junky\u00a0\u00bb, vous nous montrez des m\u00e9tallos qui sont aujourd\u2019hui au ch\u00f4mage. Des gens qui sont m\u00e9tallos depuis de trois g\u00e9n\u00e9rations parfois, des gens venant des familles o\u00f9 l\u2019on allait \u00e0 la m\u00eame usine. De g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, ces gens ont toujours vu la rue \u00ab\u00a02 Junky\u00a0\u00bb, mais aujourd\u2019hui exclus de la soci\u00e9t\u00e9. Et j\u2019aimerais beaucoup trouver un livre similaire, un livre con\u00e7u de la m\u00eame fa\u00e7on, mais d\u00e9crivant la r\u00e9alit\u00e9 sociale allemande.<br \/>\nIl faudrait en fait, un livre comme cela, pour chaque pays. On pourrait en faire une biblioth\u00e8que qui serait en r\u00e9alit\u00e9 une documentation sur le grave \u00e9chec d\u2019une politique qui a compl\u00e8tement d\u00e9missionn\u00e9 devant l\u2019\u00e9conomie. Il faudrait beaucoup plus d\u2019enqu\u00eate de ce genre.<br \/>\nMais il y a une chose sur laquelle j\u2019aimerais vous interroger, une chose qui m\u2019a frapp\u00e9 en vous lisant, mais \u00e7a fait peut-\u00eatre fait partie de la nature m\u00eame de la sociologie. Il n\u2019y a pas d\u2019humour dans vos livres, le comique de l\u2019\u00e9chec par exemple, quelque chose qui est tr\u00e8s pr\u00e9sente dans l\u2019histoire que je raconte, on n\u2019en trouve pas trace chez vous. Des situations absurdes qui naissent parfois de la confrontation, on n\u2019en trouve pas trace dans vos livres. Pourquoi\u00a0?<br \/>\n<strong>P.B\u00a0:<\/strong> Peut-\u00eatre parce que nous sommes un peu \u00e9cras\u00e9s par la r\u00e9alit\u00e9, vous avez magnifiquement racont\u00e9 un certain nombre de ces exp\u00e9riences que nous avons \u00e9voqu\u00e9es. Mon exp\u00e9rience d\u2019un certain nombre des histoires que vous avez \u00e9voqu\u00e9es, c\u2019est que celui qui les re\u00e7oit directement de la personne qui les a v\u00e9cues, est un peu accabl\u00e9 par ces histoires. L\u2019id\u00e9e de prendre de la distance, n\u2019est presque pas pensable. Par exemple, nous avons \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 exclure du livre, un certain nombre de r\u00e9cits par ce qu\u2019ils \u00e9taient trop poignants, ou trop path\u00e9tiques, ou trop douloureux.<br \/>\n<strong>G.G\u00a0:<\/strong> Entendons-nous bien, quand je dis \u00ab\u00a0comique\u00a0\u00bb, je ne veux pas dire que le comique et le tragique s\u2019excluent mutuellement. En fait, les fronti\u00e8res dans ce domaine, sont toujours tr\u00e8s floues. Quand je vous lis, je d\u00e9couvre des situations absurdes. C\u2019est \u00e7a que je voulais dire.<br \/>\n<strong>P.B\u00a0:<\/strong> Oui je comprends, en fait ce que nous voulions, c\u2019est jeter devant les yeux des lecteurs, cette absurdit\u00e9 brute, sans aucun effet. Une des consignes que nous avions donn\u00e9es, les uns aux autres, \u00e9tait qu\u2019il fallait \u00e9viter de faire de la litt\u00e9rature. Alors je vais peut-\u00eatre vous choquer en disant cela. Il y a une tentation quand nous sommes devant des drames comme ceux-l\u00e0, d\u2019\u00e9crire, de bien \u00e9crire, et d\u2019enjoliver les choses. La consigne \u00e9tait d\u2019essayer d\u2019\u00eatre aussi brutalement positif que possible, pour restituer \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 sa violence. Parce que ces histoires sont dune violence extraordinaire. C\u2019est presque insupportable. Pour des raisons scientifiques, mais aussi pour des raisons litt\u00e9raires bizarrement. Ne pas \u00eatre litt\u00e9raire, pour \u00eatre litt\u00e9raire d\u2019une autre fa\u00e7on. Mais aussi des raisons politiques, nous pensions que la violence des effets qu\u2019exerce actuellement la politique n\u00e9o-lib\u00e9rale qui est mise en \u0153uvre en Europe, en Am\u00e9rique latine, et d\u2019autres pays. La violence de cette action est si grande qu\u2019on ne peut pas en rendre compte par les mots. La critique n\u2019est pas \u00e0 la hauteur des effets que produit cette politique. C\u2019est peut-\u00eatre na\u00eff, mais c\u2019\u00e9tait \u00e7a l\u2019intention.<br \/>\n<strong>G.G\u00a0:<\/strong> On voit bien dans votre livre que les enqu\u00eateurs restent souvent sans voix. Car ce qu\u2019on leur raconte les oblige \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter leurs questions. En fait, ils sont d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9s par ce qu\u2019ils entendent, et qui est dit et pr\u00e9sent\u00e9 avec une sorte d\u2019urgence int\u00e9rieure, qui trouble l\u2019enqu\u00eateur qui perd son fil. C\u2019est d\u2019ailleurs une bonne chose, car ainsi l\u2019enqu\u00eateur \u00e9vite d\u2019imposer d\u2019une mani\u00e8re autoritaire son propre point de vue. Mais je me pose une question, une question qu\u2019il faut placer dans un contexte plus vaste. Nous sommes tous deux, vous le philosophe, et moi l\u2019\u00e9crivain, les enfants des Lumi\u00e8res. Nous sommes les h\u00e9ritiers d\u2019une tradition europ\u00e9enne qu\u2019on remet aujourd\u2019hui partout en cause. En tout cas, on la conteste en Allemagne, on la conteste en France, un peu comme si cette tradition europ\u00e9enne des Lumi\u00e8res, s\u2019\u00e9tait \u00e9gar\u00e9e, s\u2019\u00e9tait interrompue, comme si on pouvait s\u2019en passer. Ce que je ne crois pas\u2026\u2026\u00a0\u00bb<br \/>\nC\u2019\u00e9tait juste quelques morceaux choisis, car l\u2019entretien dure plus d\u2019une heure. Alors j\u2019invite nos lecteurs que cet entretien int\u00e9resse de le voir en \u00ab\u00a0replay\u00a0\u00bb sur le site d\u2019Art\u00e9. J\u2019aimerais aussi signaler que G\u00fcnter Grass est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 13 avril dernier \u00e0 L\u00fcbeck, et que cet entretien diffus\u00e9 par Art\u00e9 est un bel hommage pour cet esprit libre qui avait une grande gueule dans le bon sens du terme. Son livre \u00ab\u00a0Pleurs d\u2019oignons\u00a0\u00bb fit scandale en 2006, car il y avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 son engagement volontaire dans les Waffen-SS, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 17 ans en 1944. Cet aveu tardif, ce secret qui le hantait depuis toujours, il l\u2019avait d\u00e9voil\u00e9 dans ce livre.<br \/>\nBien s\u00fbr il y a son roman \u00ab\u00a0Le Tambour\u00a0\u00bb qui est mondialement connu, et qui a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 au cin\u00e9ma, mais il y a des livres de G\u00fcnter Grass largement plus int\u00e9ressants comme \u00ab\u00a0Mon si\u00e8cle\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Journal d\u2019un escargot\u00a0\u00bb.<br \/>\nPour Pierre Bourdieu, il y a \u00ab\u00a0La mis\u00e8re du monde\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Ce que parler veut dire\u00a0\u00bb \u00e0 lire d\u2019urgence.<\/p>\n<p>Par Mustapha Bouhaddar,<\/p>\n<div data-canvas-width=\"65.53428\">Source : Maghreb Canada Express, Vol. Xiii, No 5, Page 9, Mai 2015.<\/div>\n<div data-canvas-width=\"65.53428\">\n<p>Pour lire l\u2019\u00c9dition du mois de mai 2015, cliquer sur l\u2019image :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"column\">\n<div><a href=\"http:\/\/www.maghreb-canada.ca\/journal\/2015\/MCE143-05-2015.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"book-picture\" src=\"http:\/\/www.maghreb-canada.ca\/images\/n143.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"280\" \/><\/a><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Photo : G\u00fcnter Grass L\u2019un est philosophe et sociologue, l\u2019autre est prix Nobel de litt\u00e9rature, \u00e9crivain, po\u00e8te et sculpteur. 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