{"id":3756,"date":"2017-12-20T09:21:40","date_gmt":"2017-12-20T14:21:40","guid":{"rendered":"http:\/\/maghreb-canada.ca\/?p=3756"},"modified":"2017-12-20T12:20:13","modified_gmt":"2017-12-20T17:20:13","slug":"maroc-afrique-le-train-est-mis-sur-le-rails-les-retardataires-risquent-de-ne-pas-etre-attendus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maroc-canada.ca\/?p=3756","title":{"rendered":"Maroc &#8211; Afrique : Le Train est mis sur les rails ; Les retardataires risquent de ne pas \u00eatre attendus"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Le 20 ao\u00fbt 2017, le Roi du Maroc Mohammed VI a consacr\u00e9 une bonne partie de son discours \u00e0 la politique africaine du Maroc. Pour le souverain marocain, le choix du Maroc de se tourner vers le continent africain \u00ab\u00a0n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le fruit d\u2019une d\u00e9cision fortuite, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 non plus dict\u00e9 par des calculs conjoncturels ou des supputations \u00e9ph\u00e9m\u00e8res\u00a0\u00bb. Le choix op\u00e9r\u00e9 par le Maroc pour l\u2019Afrique n\u2019est pas n\u00e9 du n\u00e9ant. Certes, l\u2019histoire commune, la g\u00e9ographie et les relations s\u00e9culaires du Maroc avec sa profondeur africaine, ont jou\u00e9 un r\u00f4le dans cette orientation strat\u00e9gique du Maroc. Tous ces facteurs d\u00e9terminants et autres dont le souci de pragmatisme ont permis au Maroc de d\u00e9velopper une vision globale et int\u00e9gr\u00e9e qui a pu d\u00e9boucher sur une strat\u00e9gie africaine inclusive et \u00e0 long terme, ax\u00e9e sur approche graduelle et progressive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la mise en \u0153uvre de la strat\u00e9gie africaine du Maroc, le Roi Mohammed VI a effectu\u00e9 une cinquantaine de visites de travail dans 29 pays du continent, dont 14 pays ont \u00e9t\u00e9 visit\u00e9s au cours de la p\u00e9riode allant d\u2019octobre 2016 \u00e0 ao\u00fbt 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours de ces visites de travail et d\u2019amiti\u00e9, des dizaines d\u2019Accords bilat\u00e9raux ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s en vue d\u2019\u00e9largir et d\u2019intensifier le cadre juridique r\u00e9gissant les relations entre le Maroc et ses partenaires africains. A titre d\u2019exemple, lors de la visite du Roi Mohammed VI au Ghana en f\u00e9vrier 2017, 25 Accords bilat\u00e9raux ont \u00e9t\u00e9 conclus entre les deux pays. Ceux-ci ont concern\u00e9 plusieurs domaines de coop\u00e9ration dont notamment l\u2019agriculture, l\u2019assurance, la finance, l\u2019investissement, l\u2019industrie et les mines. Parmi les plus importants Accords sign\u00e9s \u00e0 cette occasion, on peut citer la convention de non double imposition et de pr\u00e9vention de l\u2019\u00e9vasion fiscale en mati\u00e8re d\u2019imp\u00f4t sur le revenu et le m\u00e9morandum d\u2019entente pour l\u2019ouverture des n\u00e9gociations sur le projet d\u2019Accord sur la promotion et la protection r\u00e9ciproque des investissements. Il faut savoir que ces deux Accords jouent un r\u00f4le central et d\u00e9terminant dans le processus de promotion des investissements entre les pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors de la visite royale en Tanzanie en octobre 2016, 22 Accords bilat\u00e9raux ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s afin d\u2019encadre la coop\u00e9ration bilat\u00e9rale dans plusieurs secteurs, dont notamment la coop\u00e9ration \u00e9conomique, scientifique et culturelle (coop\u00e9ration inter\u00e9tatique), les \u00e9nergies, les mines, la g\u00e9ologie, l\u2019industrie,le transport a\u00e9rien, l\u2019agriculture, les p\u00eaches maritimes, l\u2019assurance, les banques et le partenariat entre les secteurs priv\u00e9s dans les deux pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cet \u00e9gard, il sied de souligner que la strat\u00e9gie pr\u00f4n\u00e9e par le Maroc vise la promotion des int\u00e9r\u00eats communs gr\u00e2ce \u00e0 des partenariats solidaires de type gagnant-gagnant ( win-win) ax\u00e9s sur des projets concrets, parfois de grande envergure, dont notamment le gazoduc atlantique Nigeria-Maroc, les complexes de production d\u2019engrais en Ethiopie et au Nig\u00e9ria, les cimenteries et les projets de d\u00e9veloppement humain destin\u00e9s \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de vie en ciblant la satisfaction des besoins urgents des populations africaines. Dans ce cadre, plusieurs projets ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s ou lanc\u00e9s dans les domaines de la sant\u00e9, de la formation professionnelle et des infrastructures requises pour une p\u00eache productive et rationnelle (construction des villages de p\u00eacheurs).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut aussi rappeler que la strat\u00e9gie marocaine est fond\u00e9e sur un partenariat fructueux ax\u00e9 sur des investissements et des programmes associant les secteurs public et priv\u00e9 du Maroc et ceux de ses partenaires africains. Il sied aussi de souligner que la strat\u00e9gie africaine du Maroc n\u2019aura, en principe, aucun effet n\u00e9gatif sur l\u2019\u00e9chelle des priorit\u00e9s nationales. Au contraire, elle devrait apporter une plus-value \u00e0 l\u2019\u00e9conomie marocaine.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left;\">Le Maroc, un des principaux investisseurs \u00e9trangers en Afrique subsaharienne<strong><br \/>\n<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les efforts inlassables et constants entrepris par le Maroc depuis quelques ann\u00e9es ont commenc\u00e9 \u00e0 donner leurs fruits. Ainsi, le Maroc a pu se positionner parmi les principaux investisseurs \u00e9trangers en Afrique subsaharienne. Les investissements directs \u00e9trangers (IDE) du Maroc en Afrique subsaharienne concernent, pour le moment, sept (07) secteurs cl\u00e9s, qui repr\u00e9sentent les t\u00eates de pont pour la strat\u00e9gie marocaine, \u00e0 savoir\u00a0: la banque, les t\u00e9l\u00e9communications, l\u2019assurance, l\u2019exploitation mini\u00e8re, l\u2019industrie (dont notamment les unit\u00e9s de production des m\u00e9dicaments, les usines d\u2019exploitation de phosphates et les cimenteries\u2026), le holding et l\u2019immobilier. Cette strat\u00e9gie n\u2019a pas encore atteint sa vitesse de croisi\u00e8re car le Maroc a la ferme intention et les moyens pour diversifier davantage les secteurs d\u2019investissement et multiplier les pays africains r\u00e9cipiendaires des IDE marocains. L\u2019ouverture du Maroc sur des pays de l\u2019Afrique centrale et orientale entre dans ce cadre, car elle a pour objectif d\u2019att\u00e9nuer la concentration r\u00e9gionale des investissements marocains en Afrique. Pour le moment, les investissements marocains restent fortement concentr\u00e9s dans les pays de l\u2019Afrique occidentale qui accueillent presque 65% des IDE marocains en Afrique subsaharienne, suivie de l\u2019Afrique centrale (25%) et de l\u2019Afrique de l\u2019Est avec seulement ( 10%).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2016, le Maroc a occup\u00e9 la premi\u00e8re place parmi les \u00e9conomies les plus attractives du continent africain et le premier rang dans le classement des pays africains ayant investi en Afrique, d\u00e9tr\u00f4nant ainsi l\u2019Afrique du Sud qui a occup\u00e9 cette place pendant plusieurs ann\u00e9es mais qui reste toujours leader africain selon le crit\u00e8re du nombre de projets lanc\u00e9s ( 29 projets lanc\u00e9s contre 17 pour le Maroc). Selon le rapport publi\u00e9 par le cabinet Ernst and Young ( E Y) en mai 2017, le Maroc aurait investi 4 milliards de dollars en Afrique, ce qui repr\u00e9sente 5,1% du total des IDE r\u00e9alis\u00e9s en Afrique, en 2016.Les 17 projets lanc\u00e9s en Afrique par le Maroc, en 2016, ont permis la cr\u00e9ation de 3957 postes d\u2019emplois, ce qui repr\u00e9sente 3,1% des emplois g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les IDE r\u00e9alis\u00e9s en Afrique. Au cours de l\u2019ann\u00e9e en question, deux banques marocaines \u00e0 savoir Attijariwafa Bank et la Banque Centrale Populaire ont largement contribu\u00e9 \u00e0 renforcer le volume des IDE marocains en Afrique. Ainsi, Attijariwafa Bank a pris le contr\u00f4le de la banque rwandaise \u00ab Cogebanque\u00a0\u00bb et de Barclays Egypt. Pour sa part, la Banque Centrale Populaire avait investi pour acqu\u00e9rir le statut de principal actionnaire de la Banque Internationale pour l\u2019Afrique du Niger( BIA-Niger) et la banque de Kigali \u2013Bank of Kigali.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le terrain balis\u00e9 par la diplomatie \u00e9conomique royale a conduit les plus grandes et performantes entreprises marocaines \u00e0 faire le pari de l\u2019Afrique. Parmi ces entreprises, qui jouent le r\u00f4le de t\u00eates de ponts pour concr\u00e9tiser la strat\u00e9gie marocaine, on peut citer Attijariwafa Bank, BMCE Bank of Africa et la Banque Centrale Populaire, Maroc Telecom, Saham ( assurance), l\u2019OCP ( leader mondial des phosphates), Addoha (immobilier), CIMAF et Lafarge-Holcim Maroc( cimenteries), Nareva Holding ( \u00e9nergies renouvelables), Cooper pharma, MANAGEM (mines), SOTHERMA (thermalisme et eau min\u00e9rale), SOMAGEC (g\u00e9nie civile) , STROC ( conception et r\u00e9alisation des installations industrielles)\u2026.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Evidemment, compar\u00e9 aux grosses pointures et aux grands investisseurs \u00e9trangers en Afrique, le Maroc demeure largement devanc\u00e9 par la Chine Populaire qui a r\u00e9alis\u00e9 66 projets en Afrique, en 2016. Ce qui a n\u00e9cessit\u00e9 un volume d\u2019investissement total de l\u2019ordre de 36,1 milliards de dollars, soit presque 39% des investissements directs \u00e9trangers en Afrique(IDE). Sur le plan social, les 66 projets chinois en Afrique ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 38.417 emplois, soit 30% des emplois cr\u00e9\u00e9s en Afrique par les IDE durant l\u2019ann\u00e9e en question. La France qui se positionnait, pendant longtemps, parmi les plus importants investisseurs \u00e9trangers en Afrique (surtout francophone) \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des USA et du Royaume Uni, semble c\u00e9der le terrain. Avec un investissement global en Afrique de seulement 3,6 milliards de dollars, en 2016, la France se classe derri\u00e8re le Maroc dont les IDE en Afrique ont atteint le montant de 4 milliards de dollars au cours de la m\u00eame ann\u00e9e. Les IDE marocains en Afrique ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans 13 pays africains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour avoir une strat\u00e9gie \u00e9quilibr\u00e9e en Afrique associant investissements et \u00e9changes commerciaux, le Maroc a d\u00e9ploy\u00e9 d\u2019\u00e9normes efforts pour diversifier et promouvoir ses relations commerciales avec l\u2019Afrique subsaharienne, qui restent toujours quantitativement faibles et largement en de\u00e7\u00e0 du niveau escompt\u00e9. Les \u00e9changes commerciaux tiss\u00e9s entre le Maroc et les pays de l\u2019Afrique subsaharienne qui ont connu un taux de progression moyenne annuelle de 9,1%, entre 2008 et 2016, ne repr\u00e9sentent que 3% des \u00e9changes commerciaux du Maroc avec le reste du monde (avant 2008, cette proportion \u00e9tait tr\u00e8s faible puisqu\u2019elle se situa \u00e0 un niveau inf\u00e9rieur \u00e0 2%). La balance commerciale Maroc\/ Afrique subsaharienne fait ressortir un exc\u00e9dent en faveur du Maroc. En 2016, les exportations marocaines vers les pays africains ont \u00e9t\u00e9 de l\u2019ordre de 2 milliards de dollars. Les importations marocaines ont atteint le montant de presque 800 millions de dollars. Par cons\u00e9quent, le Maroc a r\u00e9alis\u00e9 un exc\u00e9dent commercial de 1,2 milliards de dollars dans ses \u00e9changes commerciaux avec les pays subsahariens. Ces \u00e9changes qui demeurent faibles sont caract\u00e9ris\u00e9s par une concentration r\u00e9gionale et par pays (Afrique de l\u2019Ouest et notamment la Cote d\u2019Ivoire, le S\u00e9n\u00e9gal et le Nig\u00e9ria) et une faible diversification (domination des produits de l\u2019industrie chimique et des denr\u00e9es alimentaires).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, il parait que la strat\u00e9gie \u00e9conomique africaine du Maroc vise le d\u00e9veloppement des investissements mais aussi des \u00e9changes commerciaux avec ses partenaires subsahariens. Une approche \u00e9quilibr\u00e9e qui prend aussi en compte l\u2019importance cruciale du facteur \u00ab\u00a0transport\u00a0\u00bb dans la r\u00e9ussite de cette strat\u00e9gie. C\u2019est dans ce cadre que la compagnie nationale de transport a\u00e9rien\u00a0\u00ab\u00a0la RAM\u00a0\u00bb a entrepris d\u2019\u00e9normes efforts pour multiplier les possibilit\u00e9s de connexions avec l\u2019Afrique \u00e0 partir de la ville de Casablanca qui ambitionne de se positionner en tant que Hub pour le transport a\u00e9rien vers l\u2019Afrique. Actuellement, la RAM relie Casablanca \u00e0 3O pays africains et 26 villes de l\u2019Afrique subsaharienne. Ce qui permet \u00e0 la RAM d\u2019assurer le transport de 1,4 millions de voyageurs du continent. Apr\u00e8s Nairobi, la RAM a pour objectif d\u2019\u00e9largir son r\u00e9seau pour couvrir aussi des villes de l\u2019Est africain dont notamment Addis-Abeba, la Capitale \u00e9thiopienne, si\u00e8ge de l\u2019Union Africaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si des efforts colossaux ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9s au niveau du transport a\u00e9rien avec l\u2019Afrique, beaucoup reste \u00e0 faire pour am\u00e9liorer la fr\u00e9quence des liaisons maritimes en cherchant de faire de Tanger Med un hub pour le transport maritime en direction des ports africains. Le Maroc se place \u00e0 la t\u00eate des pays africains les mieux connect\u00e9s en mati\u00e8re de transport maritime. Pour consolider cette position, , la CMA\/CGM, premier armateur fran\u00e7ais et troisi\u00e8me mondial de transport maritime a lanc\u00e9, en 2017, une liaison maritime a\u00e9rienne hebdomadaire entre le Maroc et l\u2019Afrique de l\u2019Ouest.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon certains statistiques, un volume de trois millions de tonnes de marchandises sont exp\u00e9di\u00e9es annuellement du Maroc vers l\u2019Afrique par voies terrestres et surtout maritimes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La strat\u00e9gie marocaine qui a accord\u00e9, il y a quelques ann\u00e9es, une priorit\u00e9 quasiment absolue aux relations bilat\u00e9rales, a connu un tournant d\u00e9cisif suite au retour du Maroc \u00e0 l\u2019Union Africaine\u00a0,en 2017, et \u00e0 la pr\u00e9sentation officielle de sa demande d\u2019adh\u00e9sion \u00e0 la CEDEAO( Communaut\u00e9 Economique des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest- ECOWAS). Une adh\u00e9sion qui devrait \u00eatre d\u00e9finitivement act\u00e9e lors du <strong>52<sup>\u00e8me<\/sup> <\/strong>sommet de la CEDEAO, qui a eu lieu \u00e0 Abuja, la Capitale nig\u00e9riane, le 16 d\u00e9cembre 2017, en lieu et place de Lom\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors de ce sommet d\u00e9localis\u00e9, les 15 membres de la CEDEAO ont d\u00e9cid\u00e9 de reporter l\u2019examen de cette adh\u00e9sion \u00e0 une date ult\u00e9rieure. Un comit\u00e9 compos\u00e9 de 5 chefs d\u2019Etats ou de gouvernements des pays membres de la CEDEAO (Nig\u00e9ria, Guin\u00e9e, Cote d\u2019Ivoire, Togo et Ghana) a \u00e9t\u00e9 mandat\u00e9 pour superviser l\u2019\u00e9tude approfondie des implications de l\u2019adh\u00e9sion du Maroc, de l\u2019octroi de statut de membre- observateur pour la Tunisie et celui de membre-associ\u00e9 pour la Mauritanie. Il y a lieu de rappeler que la Mauritanie avait quitt\u00e9 la CEDEAO en 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Normalement un pays puise sa force dans une int\u00e9gration sous-r\u00e9gionale. La proximit\u00e9 g\u00e9ographique et le voisinage imm\u00e9diat ainsi que l\u2019appartenance \u00e0 un espace culturel et linguistique commun sont des facteurs qui favorisent une int\u00e9gration r\u00e9gionale qui permet une libre circulation des personnes et des marchandises. Or, le Maroc a pris la d\u00e9cision de tourner le dos \u00e0 l\u2019Union du Maghreb Arabe(UMA) et de se tourner vers sa profondeur africaine. Pourtant, le Trait\u00e9 instituant l\u2019UMA a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 au Maroc, le 27 f\u00e9vrier 1989, par les Chefs des 5 Etats membres de l\u2019UMA \u00e0 savoir le Maroc, l\u2019Alg\u00e9rie, la Mauritanie, la Tunisie et la Libye. 28 ans apr\u00e8s, l\u2019espoir semble s\u2019\u00e9vaporer pour c\u00e9der la place au doute et m\u00eame \u00e0 l\u2019inqui\u00e9tude. L\u2019UMA souffre d\u2019un immobilisme qui la pousse vers l\u2019agonie, voire la disparition et la faillite pure et simple. C\u2019est ce constat regrettable qui aurait pouss\u00e9 le Roi du Maroc, Mohammed VI, \u00e0 consacrer une partie de son discours prononc\u00e9 devant le 28<sup>\u00e8me<\/sup> sommet de l\u2019Union Africaine ( 31 janvier 2017 \u00e0 Addis-Abeba), \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u00e9sastreux et la l\u00e9thargie dont souffre l\u2019UMA depuis plusieurs ann\u00e9es. Le Roi du Maroc a estim\u00e9, et \u00e0 juste titre d\u2019ailleurs, que la \u00ab\u00a0flamme de l\u2019UMA s\u2019est \u00e9teinte parce que la foi dans un int\u00e9r\u00eat commun a disparu\u00a0\u00bb. Le Roi du Maroc a d\u00e9plor\u00e9 le fait que le Maghreb reste la r\u00e9gion la moins int\u00e9gr\u00e9e de l\u2019Afrique. A titre d\u2019exemple, le commerce intrar\u00e9gional qui est de l\u2019ordre de 19% pour la SADEC, se situe \u00e0 10% au niveau de la CEDEAO, et seulement 3% pour l\u2019UMA. Outre l\u2019\u00e9tat de l\u00e9thargie regrettable qui la caract\u00e9rise depuis plus de deux d\u00e9cennies, l\u2019UMA\u00a0doit faire face \u00e0 un autre facteur de blocage \u00e0 savoir la fermeture des fronti\u00e8res terrestres entre le Maroc et l\u2019Alg\u00e9rie, depuis le mois d\u2019ao\u00fbt 1994.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left;\">Rendre visite \u00e0 des proches repr\u00e9sente un vrai parcours du combattant pour les Marocains et les Alg\u00e9riens<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019on se rappelle que suite \u00e0 l\u2019attentat perp\u00e9tr\u00e9, le 24 ao\u00fbt 1994 contre un h\u00f4tel de Marrakech, et qui a co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 deux touristes espagnoles, les autorit\u00e9s marocaines ont pris des mesures s\u00e9curitaires contre les ressortissants alg\u00e9riens dont le r\u00e9tablissement de la formalit\u00e9 du visa. En guise de r\u00e9torsion, les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes ont d\u00e9cid\u00e9 de fermer les fronti\u00e8res terrestres entre les deux pays, un verrouillage absurde qui dure jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, soit plus de 23 ans apr\u00e8s le malheureux incident du 24 ao\u00fbt 1994. Evidemment, il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9cision souveraine du gouvernement alg\u00e9rien qu\u2019il faut respecter, car la s\u00e9curit\u00e9 et la gestion des fronti\u00e8res font partie des pr\u00e9rogatives des Etats. N\u00e9anmoins, le respect de cette d\u00e9cision unilat\u00e9rale prise par le gouvernement alg\u00e9rien ne doit pas nous dispenser d\u2019en \u00e9valuer la pertinence et les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses sur les deux peuples fr\u00e8res. La ville marocaine d\u2019Oujda est la victime premi\u00e8re de cette fermeture des fronti\u00e8res. Ses pertes socio-\u00e9conomiques sont \u00e9normes. Des milliers d\u2019emplois se sont \u00e9vapor\u00e9s, du jour au lendemain, \u00e0 cause de l\u2019interruption brusque des rapports commerciaux et autres, surtout avec les villes frontali\u00e8res de l\u2019Ouest alg\u00e9rien. Pour ceux qui ignorent l\u2019Histoire d\u2019Oujda et ses relations avec plusieurs villes de l\u2019Ouest alg\u00e9rien dont notamment Tlemcen ou m\u00eame Oran, il suffit de signaler que vers la fin de la d\u00e9cennie 40 du si\u00e8cle dernier, une bonne proportion de la population de la ville marocaine d\u2019Oujda \u00e9tait constitu\u00e9e d\u2019Alg\u00e9riens. Dans un r\u00e9cit autobiographique, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Oujda qui m\u2019habite\u00a0\u00bb, Ahmed Hammoumi, un alg\u00e9rien qui a v\u00e9cu avec sa famille \u00e0 Oujda jusqu\u2019 \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie, a bien d\u00e9crit la vie d\u2019une famille alg\u00e9rienne \u00e0 Oujda, durant les ann\u00e9es 40 et 50 du si\u00e8cle dernier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019instar de tous les Alg\u00e9riens qui vivaient au Maroc \u00e0 cette \u00e9poque, la famille Hammoumi consid\u00e9rait le Maroc comme une seconde patrie. Oujda, c\u2019est aussi la ville de naissance et de jeunesse du Pr\u00e9sident alg\u00e9rien, Abdelaziz Bouteflika. La fermeture des fronti\u00e8res a eu des effets n\u00e9gatifs sur les \u00e9conomies de tous les pays de l\u2019UMA et a priv\u00e9 les deux piliers de l\u2019espace maghr\u00e9bin (le Maroc et l\u2019Alg\u00e9rie) de jouer pleinement leur r\u00f4le de locomotives. Le non-Maghreb co\u00fbte cher puisqu\u2019il fait perdre plus de 2 points de croissance \u00e9conomique \u00e0 chaque pays maghr\u00e9bin. Le non-Maghreb, c\u2019est aussi une perte annuelle de 10 milliards de dollars et des milliers d\u2019emplois qui partent en fum\u00e9e chaque ann\u00e9e. La fermeture a encourag\u00e9 des activit\u00e9s illicites de tout genre dont la contrebande, car les populations des r\u00e9gions impact\u00e9es par cette fermeture se voient dans l\u2019obligation d\u2019aller chercher des revenus qui leur permettent de survivre, sans se soucier de la nature de leurs sources. Sur le plan humain, il suffit de donner un seul exemple pour illustrer les cons\u00e9quences cruelles, inhumaines et partant inadmissibles de la fermeture des fronti\u00e8res\u00a0: Au lieu de pouvoir rendre visite \u00e0 ses proches alg\u00e9riens au bout d\u2019une petite marche de quelques centaines de m\u00e8tres, un marocain r\u00e9sidant au Sud-Est du pays, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans une localit\u00e9 situ\u00e9e sur la fronti\u00e8re avec l\u2019Alg\u00e9rie, doit passer toute une nuit en bus ( un millier de kilom\u00e8tres), pour regagner la ville de Casablanca pour prendre l\u2019avion \u00e0 destination d\u2019Alger ou d\u2019Oran ( des centaines de Kms) puis voyager toute une nuit ou plus pour finalement se trouver, en face et \u00e0 quelques m\u00e8tres seulement de son village marocain, mais sur une terre alg\u00e9rienne. La m\u00eame gal\u00e8re est v\u00e9cue par un citoyen alg\u00e9rien habitant dans une zone frontali\u00e8re proche d\u2019Oujda.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Celui-ci, au lieu de pouvoir se rendre \u00e0 Oujda ou toute autre ville marocaine sur la fronti\u00e8re, au bout de quelques minutes, il doit se rendre \u00e0 Alger ou \u00e0 Oran, prendre l\u2019avion pour Casablanca puis le train ou le bus ou tout autre moyen de transport pour regagner Oujda. Des segments d\u2019un voyage qui dure plus de deux jours. Il suffit de voir ces gens (marocains(es) ou alg\u00e9riens(es)) attendre avec des bagages et des petits enfants, dans les gares de train \u00e0 Casablanca ou ailleurs, pour mesurer l\u2019ampleur des cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses, sur le plan humain, de la fermeture des fronti\u00e8res. J\u2019esp\u00e8re qu\u2019un haut responsable alg\u00e9rien fasse un tel voyage pour se rendre, personnellement compte, de cette absurdit\u00e9 qui dure et qui risque de durer encore et pour une longue p\u00e9riode car, il parait que cette question ne figure pas sur l\u2019agenda du gouvernement alg\u00e9rien, au moins \u00e0 moyen terme. De toutes les mani\u00e8res, les responsables alg\u00e9riens ont les moyens de regagner Oujda par avion en passant par une ville europ\u00e9enne, qu\u2019ils auraient choisie pour passer des vacances.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Maroc qui a exprim\u00e9, \u00e0 un moment donn\u00e9, le souhait de voir les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes se d\u00e9barrasser de l\u2019ent\u00eatement qui les habite et revenir \u00e0 la raison, ne pourrait pas se permettre d\u2019attendre encore et pour longtemps, une d\u00e9cision de la part du gouvernement alg\u00e9rien. C\u2019est pourquoi il s\u2019est engag\u00e9 s\u00e9rieusement dans le d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique de sa r\u00e9gion orientale, tout en cherchant des organisations intergouvernementales sous- r\u00e9gionales alternatives, comme la CEDEAO.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">La CEDEAO, une alternative \u00e0 l\u2019UMA<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec l\u2019adh\u00e9sion du Maroc, la CEDEAO comptera 16 pays membres. Elle couvrira un vaste territoire de presque 5,83 millions de KM2 qui abrite une population de plus de 384 millions d\u2019habitants. Son produit int\u00e9rieur brut (PIB) serait de l\u2019ordre de 750 milliards de dollars, ce qui en fera la 17<sup>\u00e8me<\/sup> puissance \u00e9conomique mondiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec le recouvrement de sa place au sein de l\u2019UA et l\u2019adh\u00e9sion future \u00e0 la CEDEAO, le Maroc se lance dans une nouvelle strat\u00e9gie africaine. Apr\u00e8s son retrait de l\u2019Organisation de l\u2019Unit\u00e9 Africaine (OUA, anc\u00eatre de l\u2019UA) en 1984, le Maroc a adopt\u00e9 une d\u00e9marche qui accordait une priorit\u00e9 absolue aux relations bilat\u00e9rales. A partir de 2017, le Maroc a d\u00fb rectifier le tir en adoptant une nouvelle approche ax\u00e9e sur un \u00e9quilibre entre le bilat\u00e9ral et le multilat\u00e9ral. Ainsi, et tout en continuant \u00e0 d\u00e9velopper ses relations bilat\u00e9rales avec la majorit\u00e9 des pays africains, y compris ceux qui \u00e9taient connus par des positions hostiles \u00e0 la question nationale, le Maroc a renonc\u00e9 \u00e0 la politique de\u00a0\u00ab\u00a0la chaise vide\u00a0\u00bb en d\u00e9cidant d\u2019agir de l\u2019int\u00e9rieur de certaines organisations intergouvernementales r\u00e9gionales, dont notamment l\u2019Union Africaine. La strat\u00e9gie adopt\u00e9e par le Maroc a ses sp\u00e9cificit\u00e9s, ses atouts et points de force. C\u2019est une strat\u00e9gie qui cherche \u00e0 d\u00e9velopper des relations bilat\u00e9rales fructueuses sans n\u00e9gliger l\u2019importance du multilat\u00e9ralisme, accorde une importance cruciale aux relations \u00e9conomiques, que devrait soutenir une diplomatie culturelle et spirituelle. Le Maroc est un pays musulman mod\u00e9r\u00e9, sunnite et tol\u00e9rant se r\u00e9clamant du rite Mal\u00e9kite. Ce qui en fait le pays le plus proche spirituellement de la majorit\u00e9 des citoyens africains de confession musulmane. Ainsi, il parait clairement que le Roi Mohammed VI a mis le train sur les rails, les op\u00e9rateurs africains et marocains doivent saisir les opportunit\u00e9s offertes pour ne pas le rater et faire perdre \u00e0 l\u2019Afrique des points de croissance.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left;\">L\u2019Afrique a ses propres fortunes ostentatoires et ses entrepreneurs schumpet\u00e9riens, il suffit de leur offrir un bon climat d\u2019affaires<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, la croissance \u00e9conomique enregistr\u00e9e par plusieurs pays du continent ont permis la constitution d\u2019\u00e9normes fortunes priv\u00e9es. En deux d\u00e9cennies, de nouveaux magnats de l\u2019Afrique ont pu construire des empires financiers capables de r\u00e9sister \u00e0 la concurrence des multinationales \u00e9trang\u00e8res. Il s\u2019agit d\u2019op\u00e9rateurs \u00e9conomiques africains dont l\u2019\u00e2ge se situe entre 40 et 70 ans, des self-made \u2013men issus g\u00e9n\u00e9ralement de milieux sociaux et \u00e9conomiques modestes. Selon le rapport publi\u00e9 en 2017 par l\u2019institut sud-africain New World Wealth, en 2016, l\u2019Afrique subsaharienne comptait 140.000 millionnaires, soit une augmentation de 40% par rapport \u00e0 2010. C&rsquo;est-\u00e0-dire que chaque ann\u00e9e, presque 6700 nouveaux millionnaires s\u2019invitent dans le club des grosses fortunes de l\u2019Afrique subsaharienne. Pour sa part, le cabinet Capgemini a estim\u00e9 que la fortune cumul\u00e9e par les millionnaires africains serait de l\u2019ordre de 1500 milliards de dollars en 2017.Parmi ces nouveaux magnats de l\u2019Afrique subsaharienne, on peut citer le milliardaire nig\u00e9rian Tony Elumelu qui dirige l\u2019une des plus grandes banques d\u2019Afrique (UBA- United Bank of Africa). Il aussi \u00e0 la t\u00eate du g\u00e9ant conglom\u00e9rat Transcorp, tr\u00e8s actif dans l\u2019agroalimentaire, l\u2019\u00e9nergie et l\u2019h\u00f4tellerie. M Elumelu a mont\u00e9 son propre fonds d\u2019investissement ( Heirs Holding).Ag\u00e9 de 54 ans, Elumelu, fils d\u2019une modeste restauratrice nig\u00e9riane poss\u00e8de, aujourd\u2019hui la 26<sup>\u00e8me<\/sup> fortune de l\u2019Afrique. Sur le plan doctrinaire, Elumelu soutient la th\u00e8se du \u00ab\u00a0ruissellement\u00a0\u00bb, une variante humaniste et \u00e9thique de la th\u00e9orie \u00e9conomique lib\u00e9rale, selon laquelle les fortunes des plus riches profitent aussi aux plus pauvres dans la mesure o\u00f9 elles sont susceptibles \u00ab\u00a0d\u2019irriguer toute la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb. Pour encourager l\u2019innovation, Elumelu a cr\u00e9\u00e9 une fondation qui porte son nom. Dot\u00e9 d\u2019un fonds de 100 millions de dollars, la fondation Tony Elumelu vise le financement des entreprises africaines innovantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le sud-africain, Patrice Motsepe poss\u00e8de la huiti\u00e8me fortune d\u2019Afrique. Une fortune qu\u2019il a accumul\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019exploitation mini\u00e8re en Afrique du Sud. M Motsepe a cr\u00e9\u00e9 sa propre fondation pour laquelle il a r\u00e9serv\u00e9, en 2013, la moiti\u00e9 de sa richesse estim\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e0 2,9 milliards de dollars, pour soutenir des projets d\u00e9di\u00e9s aux cat\u00e9gories des plus pauvres et aux plus n\u00e9cessiteux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ag\u00e9 de 71ans, le milliardaire soudanais Mo Ibrahim, a cr\u00e9\u00e9 en 2006 \u00e0 Londres, sa propre fondation pour promouvoir la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption en Afrique. La fondation de M Ibrahim pr\u00e9voit un prix de 5 millions de dollars \u00e9tal\u00e9 sur 10 ans en plus d\u2019une prime annuelle de 200.000 dollars \u00e0 vie pour tout chef d\u2019Etat africain qui \u00ab\u00a0a pu am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9, la sant\u00e9 et le d\u00e9veloppement des droits \u00e9conomiques et politiques dans son pays\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le millionnaire mauritanien, Mohamed Ould Bouamatou, a cr\u00e9\u00e9 en 2015 une fondation pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des chances en Afrique. Elle a pour objectif de soutenir financi\u00e8rement des programmes d\u2019aide pour l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9 et la protection des droits de l\u2019Homme\u00a0: \u00ab\u00a0Ce que veulent \u00e0 pr\u00e9sent les Africains, c\u2019est pouvoir faire des affaires et prosp\u00e9rer <strong>sans passe-droits et sans courbettes<\/strong> devant tel ou tel syst\u00e8me politique\u00a0\u00bb, a-t-il affirm\u00e9 dans une r\u00e9cente d\u00e9claration faite \u00e0 un journaliste europ\u00e9en.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le tartan, l\u2019ex athl\u00e8te \u00e9thiopien Hail\u00e9 G\u00e9br\u00e9s\u00e9lassi\u00e9 s\u2019est lanc\u00e9 dans des affaires juteuses qui lui ont permis de d\u00e9crocher une place parmi les multimillionnaires \u00e9thiopiens et africains. Fils d\u2019une famille paysanne de dix enfants, Hail\u00e9 G\u00e9br\u00e9s\u00e9lassi\u00e9 g\u00e8re \u00e0 pr\u00e9sent des affaires qui emploient 2000 salari\u00e9s. Il poss\u00e8de 4 h\u00f4tels, des immeubles, une plantation de caf\u00e9 et dirige un commerce florissant de voitures. Hail\u00e9 compte cr\u00e9er, lui aussi une fondation dont les statuts sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00eats. Selon l\u2019institut New World Wealth, l\u2019Ethiopie, nagu\u00e8re c\u00e9l\u00e8bre par ses longs cycles de famines d\u00e9vastatrices, compte aujourd\u2019hui plus de 2700 millionnaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0La Cote d\u2019Ivoire comptait 2300 millionnaires en 2015 dont notamment M Alain Kouadio, le fondateur du groupe familial Kaydan qui op\u00e8re dans la t\u00e9l\u00e9phonie et l\u2019immobilier. Un autre ivoirien, Mr Jean Kacou Diagou g\u00e8re un des fleurons de l\u2019\u00e9conomie ivoirienne, la Nouvelle Soci\u00e9t\u00e9 interafricaine d\u2019Assurance( NSIA). Mr Diagou se positionna, en 2015, parmi les 25 plus grosses fortunes de l\u2019Afrique francophone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces exemples montrent clairement que l\u2019Afrique n\u2019est pas synonyme de pauvret\u00e9, de famines et d\u2019\u00e9pid\u00e9mies. C\u2019est un espace comme tous les autres. Il peut donner naissance \u00e0 de grosses fortunes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour pouvoir d\u00e9velopper l\u2019Afrique, ces hommes d\u2019affaires africains pr\u00f4nent\u00ab\u00a0l\u2019Africapitalisme\u00a0\u00bb, qu\u2019ils pr\u00e9sentent comme une doctrine \u00e9conomique et soci\u00e9tale bas\u00e9e sur l\u2019action du secteur priv\u00e9, l\u2019entreprenariat et l\u2019innovation. Une philosophie lib\u00e9rale qui associe libert\u00e9 d\u2019action, honn\u00eatet\u00e9, bonne gouvernance et philanthropie. Pour ces hommes d\u2019affaires, l\u2019Africapitalisme est la voie idoine pour sortir l\u2019Afrique du cercle vicieux du sous-d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Roi Mohammed VI a trac\u00e9 la voie au niveau intergouvernemental en rencontrant un nombre important de chefs d\u2019Etats africains y compris les chefs des Etats qui \u00e9taient connus par des positions hostiles \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale du Maroc, dont notamment l\u2019Afrique du Sud et l\u2019Angola. Pour leur part, les op\u00e9rateurs marocains priv\u00e9s doivent jouer leur r\u00f4le dans un continent qui a ses fortunes et ses entrepreneurs honn\u00eates et efficaces en allant chercher des partenariats solidaires, durables et fructueux avec leurs homologues africains.Par ailleurs, les responsables gouvernementaux et les op\u00e9rateurs priv\u00e9s doivent savoir que les disparit\u00e9s sociales et la r\u00e9partition tr\u00e8s in\u00e9gale des revenus sont des facteurs qui peuvent freiner la croissance \u00e9conomique \u00e0 moyen et long termes. En 2015, une \u00e9tude du FMI a montr\u00e9 que plus la fortune des plus riches s\u2019accroit, moins forte est la croissance \u00e9conomique. Lorsque les revenus des 20% des plus riches augmentent de 1%, le PIB baisse de 0,8 point au cours des cinq ann\u00e9es qui suivent. En revanche, une am\u00e9lioration de 1% des revenus des 20% des plus pauvres provoque une augmentation de 0,38 point du PIB.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">A bon entendeur\u2026<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par Ahmed Saber pour , <a href=\"http:\/\/www.maroc-canada.ca\">Maghreb Canada Express<\/a> (\u00c9dition \u00c9lectronique &#8211; D\u00e9cembre 2017)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 20 ao\u00fbt 2017, le Roi du Maroc Mohammed VI a consacr\u00e9 une bonne partie de son discours \u00e0 la politique africaine du Maroc. 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