{"id":3813,"date":"2018-03-10T11:30:57","date_gmt":"2018-03-10T16:30:57","guid":{"rendered":"http:\/\/maghreb-canada.ca\/?p=3813"},"modified":"2018-03-10T11:31:30","modified_gmt":"2018-03-10T16:31:30","slug":"3813","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maroc-canada.ca\/?p=3813","title":{"rendered":"Maroc-FMI : G\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de fa\u00e7ade pour un droit de regard sur les politiques du pays"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Au cours de la p\u00e9riode 2012-2016, le Fonds Mon\u00e9taire International ( FMI) a octroy\u00e9 au Maroc trois Lignes de Pr\u00e9caution et de Liquidit\u00e9 ( LPL) portant sur un montant global de 14,7 milliards de dollars\u00a0: 6,2 milliards en 2012, 5 milliards en 2014 et 3,5 milliards en 2016.Il s\u2019agit d\u2019un record historique, r\u00e9alis\u00e9 par le gouvernement pilot\u00e9 par Abdelilah Benkirane. Pour ceux qui maitrisent le fonctionnement et la philosophie du FMI, ce recours massif aux LPL ne signifie qu\u2019une chose \u00e0 savoir le fait que le Maroc a d\u00e9cid\u00e9, en toute souverainet\u00e9, de demeurer sous le joug du FMI.L\u2019interpr\u00e9ter autrement serait une fabulation absurde et une contre-v\u00e9rit\u00e9, que le\u00a0 temps et les faits r\u00e9els ne manqueront\u00a0 pas de d\u00e9voiler.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mise en place par le FMI,\u00a0 il y a seulement quelques ann\u00e9es , la LPL est un instrument financer qui\u00a0 a pour objectif d\u2019apporter des financements pour satisfaire des besoins r\u00e9els ou potentiels de la balance des paiements des pays-membres qui m\u00e8nent \u00ab\u00a0de bonnes politiques \u00e9conomiques\u00a0\u00bb\u00a0. Contrairement \u00e0 la Ligne de Cr\u00e9dit de Pr\u00e9caution (LCP)\u00a0 qui a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour \u00eatre gard\u00e9e en r\u00e9serve, la LPL qui l\u2019a remplac\u00e9e,\u00a0 a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e\u00a0 pour \u00eatre utilis\u00e9e imm\u00e9diatement. Compar\u00e9e \u00e0 son anc\u00eatre (LCP), La LPL a, donc,\u00a0 l\u2019avantage de pouvoir apporter\u00a0 des\u00a0 liquidit\u00e9s mobilisables imm\u00e9diatement et ce,\u00a0\u00a0 en cas de besoin urgent de financement de la balance des paiements. La LPL est donc une assurance contre des chocs ext\u00e9rieurs impr\u00e9vus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous ceux qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 l\u2019architecture financi\u00e8re internationale et notamment au fonctionnement et \u00e0 la finalit\u00e9 des institutions de Bretton Woods, \u00e0 savoir\u00a0 le FMI et la Banque Mondiale,\u00a0\u00a0 savent\u00a0 pertinemment que l\u2019assistance accord\u00e9e par celles-ci n\u2019est pas gratuite. Les pr\u00eats accord\u00e9s par ces deux institutions internationales aux pays, g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s endett\u00e9s, sont conditionn\u00e9s. En effet, le FMI conditionne l\u2019octroi des pr\u00eats \u00e0 la mise en place de r\u00e9formes structurelles devant soutenir la croissance \u00e9conomique \u00e0 moyen et long termes et assurer la soutenabilit\u00e9 des finances publiques. Ce qui devrait permettre\u00a0 \u00e0 l\u2019 Etat-demandeur de recouvrer sa\u00a0 solvabilit\u00e9 et de disposer\u00a0 de bonnes\u00a0 marges de man\u0153uvre budg\u00e9taires en vue d\u2019honorer ses engagements ( surtout ext\u00e9rieurs), et \u00e9viter de se trouver sous le coup\u00a0 de cessation de paiement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces conditions, souvent draconiennes et impopulaires, ou plus exactement cette\u00a0 r\u00e8gle sacro sainte qui d\u00e9coule de la philosophie, de la finalit\u00e9\u00a0 et du mode de fonctionnement des institutions de Bretton Woods n\u2019admet aucune exception. C\u2019est pourquoi, les observateurs avertis estiment, \u00e0 juste titre d\u2019ailleurs,\u00a0 que le Maroc n\u2019a pu d\u00e9crocher ces trois LPL\u00a0 portant sur ces\u00a0 \u00e9normes montants que suite \u00e0 des engagements qu\u2019il a d\u00fb\u00a0 prendre officiellement envers\u00a0 le FMI. A cet \u00e9gard, il\u00a0\u00a0 convient de pr\u00e9ciser que dans une lettre conjointe\u00a0 qui serait adress\u00e9e au FMI, le 11 juillet 2014, le minist\u00e8re des Finances et Bank\u00a0 Al-Maghrib ( Banque Centrale) ont list\u00e9 les engagements pris par le Maroc vis-\u00e0-vis de cette institution financi\u00e8re internationale. Selon certaines informations relay\u00e9es par la presse locale, la liste\u00a0 des engagements pris,\u00a0 les r\u00e9formes promises et\u00a0 les\u00a0 mesures d\u00e9cid\u00e9es par les autorit\u00e9s marocaines serait assez longue. Parmi les r\u00e9formes d\u00e9cid\u00e9es\u00a0 par le gouvernement marocain pour confirmer davantage son statut de bon \u00e9l\u00e8ve du FMI, on peut citer la r\u00e9forme du syst\u00e8me de compensation dans toutes ses composantes (carburants, farine et gaz butane\u00a0\u2026.), la r\u00e9forme du syst\u00e8me\u00a0 des retraites, la r\u00e9duction de la masse salariale dans la fonction publique, l\u2019assouplissement\u00a0 du taux de change du Dirham dans le cadre d\u2019une strat\u00e9gie qui devrait d\u00e9boucher sur le flottement total apr\u00e8s quelques ann\u00e9es, la r\u00e9duction du d\u00e9ficit\u00a0 budg\u00e9taire ainsi que\u00a0 la refonte du cadre l\u00e9gal, institutionnel et r\u00e9glementaire de la privatisation, en cours depuis 1993. Il s\u2019agit de tout un programme bien ficel\u00e9 et\u00a0 avec des \u00e9ch\u00e9ances fix\u00e9es \u00e0 l\u2019avance. Evidemment, dos au mur, le Maroc n\u2019avait pas d\u2019autres alternatives. Il \u00e9tait\u00a0 oblig\u00e9 d\u2019accepter le diktat du FMI et amorcer les r\u00e9formes exig\u00e9es par les institutions de Bretton Woods dont la mission principale et prioritaire est d\u2019arriver \u00e0\u00a0 \u00e9largir\u00a0 les bases et le champ d\u2019action du\u00a0 lib\u00e9ralisme \u00e9conomique par la g\u00e9n\u00e9ralisation de la\u00a0 loi\u00a0 du march\u00e9,\u00a0 la promotion\/domination du\u00a0 secteur priv\u00e9 dans le monde et le d\u00e9mant\u00e8lement du secteur public (privatisation des entreprises publiques et d\u00e9sengagement de l\u2019Etat). Le FMI et la Banque Mondiale\u00a0 exigent aussi une ind\u00e9pendance accrue des banques centrales et la lib\u00e9ralisation du march\u00e9 de travail. Par cons\u00e9quent, pour \u00eatre \u00e9ligible \u00e0 une assistance du\u00a0 FMI, un pays donn\u00e9 doit, au pr\u00e9alable,\u00a0 s\u2019engager \u00e0\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>R\u00e9duire le d\u00e9ficit budg\u00e9taire\u00a0;<\/li>\n<li>Laisser flotter sa monnaie\u00a0;<\/li>\n<li>Lib\u00e9raliser le commerce international en r\u00e9duisant au maximum les barri\u00e8res protectionnistes\u00a0;<\/li>\n<li>Eliminer le dispositif visant le contr\u00f4le des prix (pas de plafond ni de plancher)\u00a0;<\/li>\n<li>Supprimer les subventions accord\u00e9es par l\u2019Etat\u00a0;<\/li>\n<li>Privatiser les entreprises publiques\u00a0;<\/li>\n<li>Adopter un cadre l\u00e9gal favorisant le respect absolu de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e\u00a0;<\/li>\n<li>R\u00e9duire l\u2019ampleur de la corruption.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1983, la d\u00e9gringolade du prix des phosphates, la principale source d\u2019approvisionnement du budget de l\u2019Etat \u00e0 l\u2019\u00e9poque, le deuxi\u00e8me choc p\u00e9trolier,\u00a0 l\u2019appr\u00e9ciation du dollar et l\u2019augmentation vertigineuse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat\u00a0 ainsi que le tarissement\u00a0 du stock des r\u00e9serves en devises qui s\u2019est \u00e9tabli \u00e0 seulement 6 jours d\u2019importation,\u00a0 ont install\u00e9 le Maroc dans une situation \u00e9conomique catastrophique. Se trouvant presque sous l\u2019emprise d\u2019une\u00a0 cessation de paiement, le Maroc \u00ab\u00a0n\u2019avait plus de choix\u00a0\u00bb. La seule option dont il disposait \u00e9tait de recourir au FMI et d\u2019accepter ses conditions tout en entamant des n\u00e9gociations\u00a0 sur le r\u00e9\u00e9chelonnement de sa dette ext\u00e9rieure envers le club de Paris et celui de Londres (cr\u00e9anciers publics et priv\u00e9s). Ainsi,\u00a0 le Maroc s\u2019est lanc\u00e9, \u00e0 partir de 1983, dans la mise en \u0153uvre du Programme d\u2019Ajustement structurel ( PAS) qu\u2019exige le FMI, en contrepartie de l\u2019octroi de son aide. Au cours des d\u00e9cennies 80 et 90 du si\u00e8cle dernier, le Maroc a entam\u00e9, dans le cadre du PAS,\u00a0 une multitude de r\u00e9formes structurelles visant le redressement \u00e9conomique. Le Maroc a pu, au cours desdites d\u00e9cennies,\u00a0\u00a0 satisfaire plusieurs exigences du FMI notamment celles concernant la lib\u00e9ralisation du commerce international, l\u2019\u00e9limination du contr\u00f4le des prix, l\u2019amenuisement\u00a0 des subventions \u00e9tatiques,\u00a0 la privatisation des entreprises publiques \u00e0 partir de 1993 en \u00ab\u00a0se contentant de ne c\u00e9der que ses bijoux\u00a0\u00bb. Tout en saluant, en termes fort \u00e9logieux,\u00a0 les r\u00e9sultats enregistr\u00e9s par le Maroc, le Fonds Mon\u00e9taire International,\u00a0 qui consid\u00e8re son programme comme un tout indivisible, a continu\u00e9 d\u2019harceler les gouvernements marocains successifs en leur demandant, avec insistance, d\u2019entreprendre des efforts suppl\u00e9mentaires dans les autres volets \u00e0 savoir la diminution significative du d\u00e9ficit budg\u00e9taire, le flottement de la monnaie nationale, l\u2019att\u00e9nuation de l\u2019ampleur de la corruption\u00a0 et le lancement d\u2019une nouvelle vague de privatisations.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <b>\u00a0\u00a0\u00a0<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Le gouvernement marocain qui a fini par ob\u00e9ir au diktat du FMI, a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 ses revendications,\u00a0 \u00e0 partir de 2015.<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En\u00a0 2015, et en sa qualit\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e8ve presque mod\u00e8le du FMI, le gouvernement marocain, qui a tenu \u00e0 \u00ab\u00a0joindre\u00a0 la parole aux actes\u00a0\u00bb, a amorc\u00e9 un\u00a0 second programme\u00a0 de r\u00e9formes pour honorer ses engagements vis-\u00e0-vis du FMI. Ainsi, le Maroc\u00a0 a adopt\u00e9, sans l\u2019affirmer ouvertement, une nouvelle batterie de mesures pour boucler la boucle,\u00a0 en engageant de nouvelles r\u00e9formes\u00a0 qui lui permettent de satisfaire les autres<b>\u00a0 <\/b>exigences du FMI. C&rsquo;est-\u00e0-dire les exigences qu\u2019il n\u2019a pas pu respecter au cours des tente derni\u00e8res ann\u00e9es,\u00a0 dont notamment la r\u00e9duction du d\u00e9ficit budg\u00e9taire qui doit \u00eatre ramen\u00e9 \u00e0 3% du PIB, le flottement de la monnaie et la relance du programme de privatisation amorc\u00e9 en 1993, conform\u00e9ment \u00e0 la loi 39-83 autorisant le transfert des entreprises publiques au secteur priv\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour pouvoir r\u00e9duire le d\u00e9ficit budg\u00e9taire, il n\u2019y a pas de recette magique. Il faut augmenter les recettes et r\u00e9duire les d\u00e9penses publiques. Pour atteindre cet objectif, \u00a0le gouvernement\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Benkirane II ( octobre2013-2016)\u00a0 a opt\u00e9 pour la m\u00e9thode la plus facile qui consiste \u00e0 augmenter les recettes, surtout fiscales, et r\u00e9duire\u00a0 les cr\u00e9dits allou\u00e9s \u00e0 la caisse de compensation et \u00e0 la contribution de l\u2019Etat aux r\u00e9gimes\u00a0 des retraites et surtout \u00e0 la Caisse Marocaine des Retraites ( CMR) en revoyant l\u2019affectation des\u00a0 cr\u00e9dits budg\u00e9taires\u00a0\u00a0 affect\u00e9s\u00a0 \u00e0 la rubrique \u00ab\u00a0Charges communes\u00a0\u00bb.Ces derni\u00e8res, qui font partie du budget g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Etat( budget des minist\u00e8res), sont constitu\u00e9es des charges de l\u2019Etat ( d\u00e9penses ordinaires)\u00a0\u00a0 qui ne peuvent \u00eatre ventil\u00e9es par minist\u00e8re \u00e0 cause de leur caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral,\u00a0 dont notamment les fonds allou\u00e9s \u00e0 la caisse\u00a0 de compensation et au\u00a0 paiement de la contribution de l\u2019Etat \u00e0 la\u00a0 Caisse Marocaine des Retraites ( CMR).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi, et en application de la lettre conjointe du 11 juillet 2014, les autorit\u00e9s marocaines ont lanc\u00e9 un\u00a0 programme\u00a0 compl\u00e9mentaire de r\u00e9formes, articul\u00e9\u00a0 autour des principaux axes suivants\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>R\u00e9forme\u00a0 de la Caisse de Compensation\u00a0:<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le gouvernement marocain, la r\u00e9forme de la Caisse de Compensation \u00e9tait\u00a0 in\u00e9vitable et devait \u00eatre entreprise, sans tarder, vu l\u2019aggravation continue du d\u00e9ficit budg\u00e9taire depuis des ann\u00e9es.\u00a0 Certains responsables gouvernementaux estiment que\u00a0: continuer \u00e0 accorder des subventions par le biais du budget g\u00e9n\u00e9ral\u00a0 de l\u2019Etat pour soutenir les prix de certaines denr\u00e9es de consommation dont les carburants, le gaz butane, la farine et le pain\u2026 serait \u00ab\u00a0une attitude irresponsable et une aberration\u00a0\u00bb qui aura comme cons\u00e9quence directe l\u2019alourdissement du d\u00e9ficit budg\u00e9taire qui a atteint des taux alarmants,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Convaincu \u00ab\u00a0de la pertinence de son approche\u00a0\u00bb,\u00a0 le gouvernement marocain a d\u00e9cid\u00e9, le 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre 2015, de passer \u00e0 la lib\u00e9ralisation des prix des carburants. Ce faisant,\u00a0 il a\u00a0 franchi\u00a0 le premier pas\u00a0 devant l\u2019amener \u00e0 entamer, ult\u00e9rieurement, une r\u00e9forme totale mais graduelle du syst\u00e8me de la compensation. En r\u00e9alit\u00e9, le projet de r\u00e9forme\u00a0 amorc\u00e9 par le gouvernement marocain de l\u2019\u00e9poque\u00a0 vise\u00a0 la suppression, pure et simple, des subventions accord\u00e9es par l\u2019Etat pour soutenir les\u00a0 prix des produits de\u00a0 consommation de base. L\u2019objectif\u00a0 final et inavou\u00e9 est d\u2019arriver \u00e0\u00a0\u00a0 imposer la v\u00e9rit\u00e9 des prix, une notion tr\u00e8s ch\u00e8re au FMI.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A ce sujet, il sied de rappeler que la Caisse de Compensation a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1941, c&rsquo;est-\u00e0-dire durant la p\u00e9riode coloniale,\u00a0 sous forme d\u2019\u00e9tablissement public. Ella a \u00e9t\u00e9 r\u00e9organis\u00e9e en septembre 1977. Sa mission consista\u00a0 \u00e0 subventionner les prix des produits de consommation de base afin d\u2019\u00e9viter une\u00a0 d\u00e9gradation du pouvoir d\u2019achat et du niveau de vie de la couche sociale\u00a0 la plus d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9e. En 2012, premi\u00e8re ann\u00e9e du gouvernement d\u2019Abdelilah Benkirane, le montant de la subvention vers\u00e9e, \u00e0 cet effet, par le truchement du budget g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Etat a atteint un montant de 53,3 milliards de Dhs (5,61 milliards de dollars). Une ann\u00e9e apr\u00e8s, c&rsquo;est-\u00e0-dire en 2013, cette subvention a chut\u00e9 pour\u00a0 s\u2019\u00e9tablir \u00e0 seulement 42,5 milliards de Dhs, soit un taux de r\u00e9gression\u00a0 de 20,26%. Depuis cette date, les cr\u00e9dits budg\u00e9taires affect\u00e9s\u00a0 \u00e0\u00a0 la Caisse\u00a0 de\u00a0 Compensation\u00a0 ne cessent\u00a0 de baisser d\u2019une fa\u00e7on tr\u00e8s significative. Il convient de pr\u00e9ciser que les institutions de Bretton Woods imposent la suppression des subventions, qu\u2019elles consid\u00e8rent comme une pratique incompatible avec la philosophie ultralib\u00e9rale et le libre jeu de la loi de l\u2019offre et de la demande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>La r\u00e9forme du syst\u00e8me des retraites\u00a0:<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Annonc\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es,\u00a0 la r\u00e9forme des r\u00e9gimes de\u00a0 retraite\u00a0 est entr\u00e9e en vigueur le 1<sup>er<\/sup> janvier 2017. Il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9forme s\u00e9lective et param\u00e9trique qui n\u2019a touch\u00e9 que la Caisse Marocaine des Retraites (CMR). Craignant un \u00e9puisement total des r\u00e9serves des caisses de retraites vers 2022, le gouvernement marocain a \u00ab\u00a0d\u00fb agir rapidement\u00a0\u00bb pour \u00e9viter une catastrophe pr\u00e9visible. En vertu\u00a0\u00a0 de cette\u00a0 r\u00e9forme, l\u2019\u00e2ge de retraite\u00a0 passera\u00a0 progressivement de 60\u00a0 \u00e0 63 ans en 2019. En plus du rel\u00e8vement de l\u2019\u00e2ge de retraite, la r\u00e9forme lanc\u00e9e en 2017 exige une augmentation de 4 points\u00a0 des cotisations des 400\u00a0000 fonctionnaires affili\u00e9s \u00e0 la CMR. La Cour des Comptes a vivement critiqu\u00e9 cette r\u00e9forme. De leur c\u00f4t\u00e9,\u00a0 les syndicats ont rejet\u00e9 fortement cette r\u00e9formette, car ils estiment qu\u2019une vraie r\u00e9forme\u00a0 doit \u00eatre\u00a0 globale pour concerner tout le syst\u00e8me et tous\u00a0 les r\u00e9gimes\u00a0 des retraites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cet \u00e9gard,\u00a0 il est \u00e0 pr\u00e9ciser que le gouvernement marocain a mis\u00a0 en exergue l\u2019existence d\u2019un d\u00e9ficit chronique de la CMR sans donner\u00a0 la moindre\u00a0 pr\u00e9cision\u00a0 sur sa gen\u00e8se\u00a0 et les facteurs qui\u00a0 l\u2019ont produit ( baisse du nombre des postes budg\u00e9taires cr\u00e9es par\u00a0 la fonction publique, augmentation du taux de ch\u00f4mage, surtout des jeunes,\u00a0 et mauvais emploi des ressources des caisses\u2026). Tout le monde sait que le d\u00e9ficit cumul\u00e9 par la CMR est devenu inqui\u00e9tant et intenable mais,\u00a0 rares sont les personnes qui peuvent expliquer \u00e0 la population marocaine les vrais facteurs qui ont pouss\u00e9\u00a0 la CMR \u00e0 connaitre ce sort peu enviable. Il faut savoir aussi qu\u2019en novembre 2015,\u00a0 le FMI avait demand\u00e9 au gouvernement marocain de proc\u00e9der, sans trop tarder, \u00e0 une r\u00e9forme des r\u00e9gimes de retraites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Fiscalisation agricole<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Exon\u00e9r\u00e9s d\u2019imp\u00f4t\u00a0 pendant plus de 30 ans en vertu d\u2019une d\u00e9cision prise par Feu Hassan II en 1984 pour\u00a0 les aider \u00e0 faire face aux cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses d\u2019un long cycle de s\u00e9cheresse qui a s\u00e9vi au Maroc au d\u00e9but de la d\u00e9cennie 80 du si\u00e8cle dernier, les exploitants agricoles ont \u00e9t\u00e9 pri\u00e9s de mettre la main \u00e0 la poche,\u00a0 en 2014. Il s\u2019agit en fait d\u2019une recommandation formul\u00e9e par le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), en 2012. Lors de son discours du 30 juillet 2013, le Roi Mohammed 6\u00a0 a annonc\u00e9\u00a0 la fin de l\u2019exon\u00e9ration des agriculteurs. Par voie de cons\u00e9quence, ceux-ci\u00a0 ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 rejoindre le syst\u00e8me fiscal. Quelques mois seulement apr\u00e8s le discours royal, une partie des exploitants agricoles ont \u00e9t\u00e9\u00a0 impos\u00e9s. En effet,\u00a0 les\u00a0 grands agriculteurs\u00a0 \u00e0 savoir ceux qui ont\u00a0 r\u00e9alis\u00e9 un revenu annuel sup\u00e9rieur \u00e0 35 millions de Dhs ont \u00e9t\u00e9\u00a0 pri\u00e9s de passer \u00e0 la caisse, en 2014. En 2015, cette limite a \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9e \u00e0 20 millions de Dhs. Par cons\u00e9quent,\u00a0 les agriculteurs dont le revenu annuel est inf\u00e9rieur \u00e0\u00a0 20 millions de dhs\u00a0 ont continu\u00e9\u00a0\u00a0 de b\u00e9n\u00e9ficier\u00a0 du m\u00eame avantage et partant de l\u2019exon\u00e9ration fiscale jusqu\u2019au 31 d\u00e9cembre 2017. En effet,\u00a0 la Loi des\u00a0 Finances 2018\u00a0 invite une troisi\u00e8me cat\u00e9gorie d\u2019agriculteurs \u00e0 rejoindre le club des op\u00e9rateurs assujettis \u00e0\u00a0 l\u2019imp\u00f4t. Il s\u2019agit des agriculteurs qui r\u00e9aliseront un revenu annuel sup\u00e9rieur \u00e0 10 millions de Dhs. Pour le moment, il parait que ce nouvel imp\u00f4t\u00a0 qui a le m\u00e9rite de renforcer l\u2019\u00e9quit\u00e9 fiscale,\u00a0 n\u2019aura pas un grand effet sur les recettes ordinaires de l\u2019Etat \u00e0 cause de l\u2019importance\u00a0 du revenu annuel\u00a0 minimum\u00a0 fix\u00e9 pour la fiscalisation agricole. N\u00e9anmoins, il s\u2019agit d\u2019une initiative louable qui consacre le principe selon lequel \u00ab\u00a0celui qui gagne de l\u2019argent doit payer\u00a0les imp\u00f4ts\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>La r\u00e9duction du d\u00e9ficit budg\u00e9taire<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le gouvernement marocain compte ramener\u00a0 le d\u00e9ficit budg\u00e9taire \u00e0 3% du PIB\u00a0 en 2018. De 4,2 % en 2015, le d\u00e9ficit budg\u00e9taire passera donc \u00e0 3% en 2018, soit donc une baisse de 1,2 point en trois ans. Il faut rappeler que la r\u00e9duction du d\u00e9ficit budg\u00e9taire est l\u2019une des principales conditions impos\u00e9es par le FMI.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>La r\u00e9duction de la masse salariale dans la fonction publique<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour \u00eatre en mesure de r\u00e9aliser cet objectif, le gouvernement marocain\u00a0 a eu recours \u00e0 deux mesures \u00e0 savoir le gel des salaires et la r\u00e9duction des postes d\u2019emplois dans la fonction publique. En 2016, le nombre des\u00a0 postes budg\u00e9taires cr\u00e9\u00e9s par l\u2019Etat( emplois dans l\u2019administration publique) a \u00e9t\u00e9 de l\u2019ordre de 25 995 postes. En 2017, ce nombre a \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9 \u00e0 23\u00a0768 postes. Pour sa part, la Loi des Finances au titre de l\u2019ann\u00e9e 2018 pr\u00e9voit la cr\u00e9ation de 19\u00a0315 postes budg\u00e9taires seulement. Ainsi, Entre 2016 et 2018, le nombre des postes\u00a0 budg\u00e9taires cr\u00e9\u00e9s devra enregistrer une baisse de 25,7%,\u00a0 soit une perte de 6680 postes et ce, dans un pays o\u00f9 le vrai taux de ch\u00f4mage est alarmant et o\u00f9 l\u2019op\u00e9ration de recrutement\u00a0 par le secteur priv\u00e9 n\u2019ob\u00e9it\u00a0 que tr\u00e8s rarement aux\u00a0 crit\u00e8res de\u00a0 la comp\u00e9tence et de\u00a0 la qualification. Le client\u00e9lisme et les relations familiales\u00a0 demeurent les facteurs d\u00e9terminants qui influencent et orientent les recrutements par le secteur priv\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Le lancement d\u2019une nouvelle vague de privatisations<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une r\u00e9cente \u00e9tude men\u00e9e sur les entreprises et les \u00e9tablissements publics (EEP) a abouti \u00e0\u00a0\u00a0 la n\u00e9cessit\u00e9 de proc\u00e9der rapidement\u00a0 \u00e0 la refonte du cadre l\u00e9gal, institutionnel, et r\u00e9glementaire du processus de\u00a0 privatisation en cours, depuis 1993.L\u2019objectif est\u00a0 d\u2019amender la loi 39-89 autorisant le transfert des entreprises publiques au secteur public. Selon le rapport sur les EEP accompagnant la Loi des Finances 2018, la privatisation sera d\u00e9cid\u00e9e en fonction de certains crit\u00e8res dont notamment le caract\u00e8re strat\u00e9gique des entreprises et leur r\u00f4le dans l\u2019accompagnement des politiques \u00e9conomiques et sociales de l\u2019Etat. A ce sujet, il convient de pr\u00e9ciser\u00a0 que jusqu\u2019au 31 d\u00e9cembre 2016,51 soci\u00e9t\u00e9s et \u00e9tablissements publics ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s au secteur priv\u00e9, ce qui a permis \u00e0 l\u2019Etat marocain de disposer d\u2019une recette globale de 102,9 milliards de DHs( soit presque 11 milliards de dollars). Au cours de cette p\u00e9riode (1993-2016), le gouvernement marocain\u00a0 a c\u00e9d\u00e9, ou plus exactement brad\u00e9,\u00a0 presque tous \u00ab\u00a0ses bijoux\u00a0\u00bb tr\u00e8s convoit\u00e9s par le secteur priv\u00e9 mais dont la privatisation ne posait pas de s\u00e9rieux probl\u00e8mes pour la politique et la strat\u00e9gie \u00e9conomique\u00a0 de l\u2019Etat. Parmi les entreprises publiques privatis\u00e9es, entre 1993 et 2016, figurent\u00a0: Maroc Tel\u00e9com, la BNDE( Banque Nationale pour le D\u00e9veloppement Economique), CIOR( ciment),R\u00e9gie des Tabacs, Shell-Maroc, la\u00a0 SAMIR( raffinerie de p\u00e9trole) et COTEF ( complexe de textile de F\u00e8s)\u2026.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0La majorit\u00e9 des entreprises et les \u00e9tablissements\u00a0 publics\u00a0 qui ont \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re phase de privatisation, en cours depuis 1993, jouent\u00a0 un r\u00f4le \u00e9conomique et social strat\u00e9gique et de tr\u00e8s haute importance pour l\u2019Etat.\u00a0 C\u2019est pour cette raison que la Loi des Finances s\u2019est content\u00e9e d\u2019annoncer la d\u00e9cision prise par l\u2019Etat\u00a0 de proc\u00e9der \u00e0 une refonte de la loi 39-89 et ce,\u00a0 pour exprimer sa volont\u00e9 d\u2019honorer ses engagements vis-\u00e0-vis du FMI tout en se donnant le temps n\u00e9cessaire pour r\u00e9ussir une seconde vague\u00a0 de privatisations, sans perdre son emprise sur les principaux outils de sa politique \u00e9conomique et sociale. En 2018, 210 \u00e9tablissements publics op\u00e8rent dans plusieurs secteurs cl\u00e9s dont l\u2019agriculture, la sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation, l\u2019\u00e9nergie, le tourisme, les finances, l\u2019urbanisme et l\u2019am\u00e9nagement, ainsi que les infrastructures de base\u2026 En 2018, on a recens\u00e9\u00a0 43 entreprises publiques \u00e0 participation directe du Tr\u00e9sor marocain ayant\u00a0 un r\u00f4le socio-\u00e9conomique crucial et strat\u00e9gique telles que l\u2019OCP ( phosphates), la RAM ( transport a\u00e9rien) , l\u2019ONCF ( transport ferroviaire), l\u2019ONEE ( eau potable et \u00e9lectricit\u00e9),\u00a0 la CDG ( finances), l\u2019ADM ( autoroutes), en plus de MASEN\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 ( \u00e9nergies renouvelables) et\u00a0 Barid Al Maghrib( poste) \u00a0\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Assouplissement du r\u00e9gime de\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 change<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 15 janvier 2018, le Maroc a pass\u00e9 \u00e0 un r\u00e9gime de change\u00a0 plus souple. Cette premi\u00e8re \u00e9tape s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019un processus progressif qui devrait d\u00e9boucher sur le\u00a0 flottement du dirham et partant une lib\u00e9ralisation compl\u00e8te de la monnaie marocaine, apr\u00e8s une phase transitoire qui s\u2019\u00e9talerait sur une p\u00e9riode de 10 \u00e0 15 ans. Le r\u00e9gime de change en vigueur au Maroc reste toujours un r\u00e9gime administr\u00e9 o\u00f9 les autorit\u00e9s mon\u00e9taires marocaines ( Bank Al-Maghrib) continueront de jouer un r\u00f4le d\u00e9terminant et d\u00e9cisif. Le changement introduit au d\u00e9but de cette ann\u00e9e ne concerne, principalement, que la marge de fluctuation \u00e0 la hausse ou \u00e0 la baisse qui exigera une intervention des autorit\u00e9s marocaines afin d\u2019\u00e9viter une appr\u00e9ciation ou d\u00e9pr\u00e9ciation excessives du dirham. A partir du 15\u00a0 janvier 2018, cette marge\u00a0 qui \u00e9tait fix\u00e9e \u00e0 0,3% auparavant,\u00a0 a \u00e9t\u00e9 \u00e9largie pour atteindre 2,5%.\u00a0 Concr\u00e8tement, cela veut dire que, dor\u00e9navant,\u00a0 les autorit\u00e9s marocaines ne doivent intervenir que si la fluctuation du dirham (appr\u00e9ciation ou d\u00e9pr\u00e9ciation) se situe au-del\u00e0 de la marge fix\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire 2,5%.Par cons\u00e9quent, si la valeur\u00a0 du dirham ne d\u00e9passe pas les limites inf\u00e9rieure ou sup\u00e9rieure\u00a0 de cette fourchette, les autorit\u00e9s mon\u00e9taires n\u2019ont pas le droit d\u2019intervenir. Il convient de rappeler\u00a0 que l\u2019introduction de cette r\u00e9forme, qui devrait avoir lieu en juillet dernier, a \u00e9t\u00e9 report\u00e9e \u00e0 la derni\u00e8re minute.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Evidemment,\u00a0 pour r\u00e9ussir ce pari et arriver, comme souhait\u00e9 et planifi\u00e9, \u00e0 une lib\u00e9ralisation compl\u00e8te du dirham d\u2019ici 10 \u00e0 15 ans, le Maroc doit n\u00e9cessairement cr\u00e9er les conditions \u00e9conomiques\u00a0 qui permettent un accroissement substantiel de la demande sur sa monnaie. Sinon, la d\u00e9pr\u00e9ciation alarmante du dirham sera\u00a0 in\u00e9luctable et m\u00eame irr\u00e9versible. En effet, la valeur\u00a0 d\u2019une monnaie (taux de change) est intimement li\u00e9e \u00e0 la richesse\u00a0 et \u00e0\u00a0 la puissance \u00e9conomique du pays concern\u00e9. Dans un r\u00e9gime de change flottant,\u00a0 le dirham sera consid\u00e9r\u00e9\u00a0 comme\u00a0 une marchandise,\u00a0 c&rsquo;est-\u00e0-dire que\u00a0\u00a0 sa\u00a0\u00a0 valeur sera\u00a0 d\u00e9termin\u00e9e\u00a0\u00a0 par le libre jeu de l\u2019offre et de la demande. A ce sujet, il importe de pr\u00e9ciser que la monnaie conserve, quand\u00a0 m\u00eame,\u00a0 certaines particularit\u00e9s qui la diff\u00e9rencient de toutes les autres marchandises\u00a0et ce,\u00a0 m\u00eame dans un r\u00e9gime de change enti\u00e8rement flexible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Le Maroc doit agir, et d\u00e8s maintenant,\u00a0 sur les facteurs\u00a0 qui d\u00e9terminent le niveau de\u00a0 la demande sur le dirham, dont notamment\u00a0 l\u2019offre exportable- sur les plans quantitatif et qualitatif-\u00a0 et les capacit\u00e9s\u00a0 d\u2019accueil des touristes \u00e9trangers. Ces deux postes figurent\u00a0 parmi les principaux pourvoyeurs de devises \u00e9trang\u00e8res et les principaux facteurs qui agissent positivement ou n\u00e9gativement sur la demande du Dirham. Avec un d\u00e9ficit\u00a0 chronique et\u00a0 structurel de la balance commerciale et un taux de couverture des importations par les exportations largement en de\u00e7\u00e0 de 60%, et une\u00a0 offre touristique tr\u00e8s moyenne et peu\u00a0 diversifi\u00e9e, la demande sur le\u00a0 Dirham sera insuffisante pour le maintenir\u00a0, m\u00eame\u00a0 au niveau actuel, ce qui va entrainer\u00a0 sa\u00a0 d\u00e9pr\u00e9ciation . Pour \u00e9viter de\u00a0 se trouver dans ce cas de figure, le Maroc doit agir dans le cadre d\u2019une politique \u00e9conomique g\u00e9n\u00e9rale, globale et coh\u00e9rente\u00a0 qui prend en consid\u00e9ration les objectifs et les \u00e9ch\u00e9ances fix\u00e9es par\u00a0 la politique mon\u00e9taire. La valeur du Dirham ne peut d\u00e9pendre que des performances \u00e9conomiques du Maroc, c&rsquo;est-\u00e0-dire de son tissu industriel et du niveau\u00a0 quantitatif de sa production et de sa diversification.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>La lutte contre la corruption\u00a0\u00a0\u00a0 <\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec un score de 36\/100, le Maroc occupe le 90<sup>\u00e8me<\/sup> rang\u00a0 sur les\u00a0 168 concern\u00e9s par le classement de Transparency International sur la\u00a0 perception de la corruption. Pire encore, il a perdu 8 places en 2015 et 2 en 2016. Par ce r\u00e9sultat m\u00e9diocre et d\u00e9cevant, le Maroc\u00a0 occupe le 9<sup>\u00e8me<\/sup> rang dans le monde arabe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 une volont\u00e9 affich\u00e9e par les autorit\u00e9s marocaines, et les \u00e9normes fonds d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la lutte contre ce fl\u00e9au d\u00e9vastateur, le\u00a0 Maroc n\u2019arrive pas \u00e0 s\u2019en d\u00e9barrasser. A cet \u00e9gard, il importe de savoir que les fonds allou\u00e9s \u00e0 la lutte contre la corruption sont de l\u2019ordre de 1,8 milliards de Dhs. Il s\u2019agit d\u2019une ligne budg\u00e9taire dont l\u2019ordonnateur est\u00a0 le chef de gouvernement. En mai 2016, le Maroc a lanc\u00e9 un ambitieux programme de lutte contre la corruption. En d\u00e9pit de ces efforts vivement soutenus par la coop\u00e9ration internationale, la corruption\u00a0\u00a0 r\u00e9siste et s\u2019amplifie au fil des ans comme si c\u2019\u00e9tait une fatalit\u00e9, enti\u00e8rement ind\u00e9pendante de la volont\u00e9 des \u00eatres humains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, il parait clairement\u00a0 que les gouvernements marocains ne d\u00e9cident\u00a0 d\u2019agit avec promptitude, efficacit\u00e9 et fermet\u00e9 que lorsqu\u2019il s\u2019agit de porter atteinte aux int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de la population et surtout de la couche la plus d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9e comme c\u2019\u00e9tait le cas pour la suppression\u00a0 des subventions \u00e9tatiques aux prix des produits de consommation de base,\u00a0 la r\u00e9duction de la masse\u00a0 salariale dans la fonction publique, la r\u00e9duction du d\u00e9ficit budg\u00e9taire\u00a0 et le lancement imminent d\u2019une seconde vague de privatisation\u2026 Par contre, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019actions de protection de la population contre la pr\u00e9carit\u00e9, l\u2019arbitraire, les abus et la corruption qui fait perdre au Maroc plusieurs points de croissance \u00e9conomique, le gouvernement adopte une attitude passive marqu\u00e9e par une inertie presque totale. En agissant de cette mani\u00e8re, le gouvernement oublie que le programme du FMI est un tout indivisible dont la lutte contre la corruption n\u2019est qu\u2019un volet parmi d\u2019autres. Pour arracher la b\u00e9n\u00e9diction du FMI et confirmer son statut\u00a0 d\u2019\u00e9l\u00e8ve-mod\u00e8le, le gouvernement marocain\u00a0 doit mettre en \u0153uvre\u00a0 toutes\u00a0 les\u00a0\u00a0 recommandations (exigences) du FMI dont la lutte contre la corruption. Le FMI ne peut \u00eatre \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9reux\u00a0\u00bb qu\u2019avec les pays qui a acceptent, \u00ab\u00a0en toute souverainet\u00e9\u00a0\u00bb,\u00a0 d\u2019ob\u00e9ir \u00e0 son diktat et de satisfaire toutes ses exigences,\u00a0 qui constituent un tout indivisible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le gouvernement marocain sait pertinemment que le FMI ne vise pas la petite corruption dont sont victimes les citoyens simples. Ce qui importe pour le FMI, c\u2019est la lutte acharn\u00e9e contre la corruption d\u2019envergure qui emp\u00eache la loi de la concurrence de s\u00e9vir et de jouer pleinement son r\u00f4le afin de\u00a0\u00a0 permettre \u00e0 chaque op\u00e9rateur \u00e9conomique de s\u2019octroyer la part du march\u00e9 priv\u00e9 ou public\u00a0 qu\u2019il m\u00e9rite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><i>Ahmed Saber<\/i> <i>pour <\/i>Maghreb Canada Express, pages 6,7, 10 et 11, <i>Vol. XVI, N\u00b0 3, Mars 2018<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour lire\u00a0 l\u2019\u00e9dition du Mars 2018, cliquer sur l\u2019image:<\/p>\n<p>_________________________________________________________________<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.maghreb-canada.ca\/journal\/2018\/MCE176-03-2018.pdf\"> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"style1\" src=\"http:\/\/www.maghreb-canada.ca\/journal\/2018\/n176.jpg\" alt=\"Maghreb Canada Express\" width=\"176\" height=\"239\" \/><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au cours de la p\u00e9riode 2012-2016, le Fonds Mon\u00e9taire International ( FMI) a octroy\u00e9 au Maroc trois Lignes de Pr\u00e9caution et de Liquidit\u00e9 ( LPL) portant sur un montant global de 14,7 milliards de dollars\u00a0: 6,2 milliards en 2012, 5 milliards en 2014 et 3,5 milliards en 2016.Il s\u2019agit d\u2019un record historique, r\u00e9alis\u00e9 par le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3652,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-3813","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3813","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3813"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3813\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3815,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3813\/revisions\/3815"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3652"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3813"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3813"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3813"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}