{"id":7601,"date":"2026-02-12T14:32:54","date_gmt":"2026-02-12T19:32:54","guid":{"rendered":"https:\/\/maroc-canada.ca\/?p=7601"},"modified":"2026-02-13T15:50:41","modified_gmt":"2026-02-13T20:50:41","slug":"inondations-au-nord-ouest-du-maroc-un-coup-de-semonce-et-une-mise-en-garde-a-prendre-au-serieux-si-lon-est-vraiment-serieux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maroc-canada.ca\/?p=7601","title":{"rendered":"Inondations au Nord-Ouest du Maroc\u00a0: un coup de semonce et une mise en garde \u00e0 prendre au s\u00e9rieux&#8230; Si l\u2019on est vraiment s\u00e9rieux"},"content":{"rendered":"\n<p>Par <strong>Ahmed Saber<\/strong> (1) (Rabat, Maroc)<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L\u2019\u00e9minent philosophe hollandais d\u2019origine portugaise, Baruch Spinoza (1632-1677) disait&nbsp;: <em>\u00ab\u00a0Tout ce qui est contraire \u00e0 la Nature&nbsp; est en effet contraire \u00e0 la Raison, et ce qui est contraire \u00e0 la Raison est absurde &nbsp;et doit en cons\u00e9quence \u00eatre rejet\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour enfoncer davantage le clou, presque&nbsp; deux si\u00e8cles apr\u00e8s, le philosophe et po\u00e8te am\u00e9ricain, &nbsp;Henry David Thoreau (1817 \u2013 1862) disait&nbsp;: \u00ab&nbsp; <em>A quoi bon avoir une maison si l\u2019on n\u2019a pas&nbsp; une plan\u00e8te acceptable o\u00f9 la mettre<\/em>&nbsp;\u00bb. A cet \u00e9gard, il sied de rappeler que Thoreau avait \u00e9crit son \u0153uvre majeure \u00ab&nbsp;<em> Walden ou Vie dans les bois&nbsp;<\/em>\u00bb durant son s\u00e9jour ou plus exactement sa retraite&nbsp; volontaire dans une cabane qu\u2019il s\u2019est construite au bord d\u2019un lac, loin des nuisances des&nbsp;villes de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces citations tr\u00e8s pertinentes datent des 17\u00e8me et 19\u00e8me si\u00e8cles, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019on savait&nbsp; peu &nbsp;des effets destructeurs des gaz \u00e0 effet de serre, et notamment le dioxyde de carbone (gaz carbonique-CO2) et le m\u00e9thane (CH4). Ces citations ont \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es \u00e0 des moments o\u00f9 l\u2019on ignorait l\u2019intensit\u00e9 r\u00e9elle de l\u2019impact d\u00e9vastateur et terriblement d\u00e9l\u00e9t\u00e8re de &nbsp;la d\u00e9forestation criminelle, de l\u2019exploitation excessive et irresponsable des terres agricoles, de la r\u00e9duction alarmante des zones de p\u00e2turage&nbsp;et de l\u2019exploitation abusive des ressources naturelles dont rec\u00e8le la plan\u00e8te, de l\u2019extension sauvage des zones urbaines au d\u00e9triment des espaces verts et de la surface agricole utile (SAU) \u2026 &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Actuellement, on sait pertinemment que la compr\u00e9hension quasi parfaite de certaines questions pointilleuses telles que les principaux param\u00e8tres qui&nbsp;d\u00e9terminent le climat, la biodiversit\u00e9 et les \u00e9cosyst\u00e8mes requi\u00e8rent une bonne maitrise de certains d\u00e9tails scientifiques, une connaissance&nbsp;qui ne tol\u00e8re aucune approximation. La climatologie et la m\u00e9t\u00e9orologie sont \u00ab&nbsp;des domaines r\u00e9serv\u00e9s&nbsp;\u00bb aux scientifiques hautement sp\u00e9cialis\u00e9s et hautement qualifi\u00e9s. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cela ne doit pas signifier que des profanes doivent s\u2019exclure des d\u00e9bats sur ces th\u00e8mes et leur impact sur un pays donn\u00e9 ou une Soci\u00e9t\u00e9 victime d\u2019intemp\u00e9ries. Chacun peut se donner le droit d\u2019en parler, d\u2019en discuter,&nbsp;mais apr\u00e8s avoir entrepris l\u2019effort minimum n\u00e9cessaire qui lui permet de savoir de quoi il parle et sans courir le risque d\u2019infecter le d\u00e9bat sur une telle question car, comme le dit un c\u00e9l\u00e8bre diction \u00ab&nbsp;la v\u00e9rit\u00e9 sort de la bouche des enfants&nbsp;\u00bb. Sans \u00eatre ni un enfant innocent ni un fou insouciant jouissant d\u2019une certaine immunit\u00e9, un b\u00e9otien peut&nbsp;aussi s\u2019exprimer sur ces questions mais en respectant les conditions requises pour une contribution utile. Un homme ou une femme utile et responsable, doit s\u2019exprimer lorsque le milieu naturel ou nos vies sont en danger,&nbsp;car et comme disent deux superbes proverbes fran\u00e7ais&nbsp;; \u00ab<em>il n\u2019est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir<\/em>, et&nbsp;<em>il n\u2019est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La guerre&nbsp;perp\u00e9tuelle entre l\u2019Homme et la Nature<\/h2>\n\n\n\n<p>Depuis son existence sur cette plan\u00e8te, l\u2019Homme a toujours \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans une longue et interminable guerre contre la Nature dont il d\u00e9pend pour vivre et survivre. L\u2019homme s\u2019est impliqu\u00e9 volontairement ou par ignorance dans une relation conflictuelle avec la Nature. Cette lutte, mal con\u00e7ue, s\u2019est sold\u00e9e par des cons\u00e9quences catastrophiques qui mettent en p\u00e9ril la vie des \u00eatres vivants et des v\u00e9g\u00e9taux sur&nbsp;la terre. C\u2019est un conflit fortement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>entre une toute petite souris et un \u00e9l\u00e9phant g\u00e9ant<\/em>&nbsp;\u00bb. Le plus grave,&nbsp; c\u2019est que l\u2019Homme&nbsp; ne r\u00e9alise pas encore&nbsp;les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses de sa lutte contre la nature. Car, en s\u2019attaquant \u00e0 la Nature, \u00ab<em>&nbsp;l\u2019Homme mord la main qui le nourrit&nbsp;<\/em>\u00bb. L\u2019homme est en train de perdre, mais pour des gens \u00e9go\u00efstes, cupides, v\u00e9reux et insouciants, l\u2019Homme a r\u00e9ussi \u00e0 dompter la Nature et la dominer \u2026 c\u2019est tout simplement, \u00ab<em>&nbsp;l\u2019idiotie&nbsp;dans toute sa splendeur&nbsp;<\/em>\u00bb !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019on sait pertinemment que&nbsp;la Nature ne peut pas \u00eatre compl\u00e8tement domin\u00e9e et apprivois\u00e9e. La r\u00e9volution industrielle et les \u00e9normes progr\u00e8s scientifiques r\u00e9alis\u00e9s depuis des si\u00e8cles ont permis \u00e0 l\u2019Homme de b\u00e9n\u00e9ficier de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de la nature. Vorace de nature, l\u2019Homme est un pr\u00e9dateur insatiable. Il ne cesse de s\u2019acharner aveuglement contre les conditions n\u00e9cessaires \u00e0 sa propre existence sur cette plan\u00e8te. La Nature &nbsp;peut \u00eatre d\u00e9truite progressivement et risque de mourir \u00e0 petit feu, mais elle ne peut jamais \u00eatre domin\u00e9e compl\u00e8tement. La vie sur terre d\u00e9pend de la gestion rationnelle de la relation \u00ab&nbsp;Homme\/ Nature&nbsp;\u00bb. \u00c9voquer, la pression d\u00e9mographique, pour essayer vainement de justifier \u00ab&nbsp;<em>des &nbsp;crimes contre la nature<\/em>&nbsp;\u00bb,&nbsp; est une assertion qui ne passe pas, c\u2019est tout simplement un grand mensonge, car il est possible de relever ce d\u00e9fi tout en pr\u00e9servant les ressources naturelles requises pour notre passage \u00e9ph\u00e9m\u00e8re sur terre. &nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le climat&nbsp;: des notions de base<\/h2>\n\n\n\n<p>La terre est l\u2019une&nbsp; des neuf plan\u00e8tes qui appartiennent au syst\u00e8me solaire, une partie de l\u2019espace dans laquelle le soleil joue un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant par rapport aux autres \u00e9toiles (gravitation des plan\u00e8tes autour du soleil). Le climat d\u2019un pays est d\u00e9termin\u00e9 par plusieurs param\u00e8tres dont sa position par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9quateur (latitude). Le climat d\u2019un pays d\u00e9pend aussi de &nbsp;sa position g\u00e9ographique et notamment du territoire&nbsp; qu\u2019il occupe dans l\u2019une des h\u00e9misph\u00e8res de la terre, l\u2019altitude et le relief dominant (climat particulier de montagne souvent froid et humide), sa proximit\u00e9 avec les oc\u00e9ans et les mers, et bien s\u00fbr de&nbsp;la r\u00e9partition de l\u2019ensoleillement etc\u2026C\u2019est pourquoi, le climat des pays scandinaves, situ\u00e9s dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Nord et loin de l\u2019\u00e9quateur, est totalement diff\u00e9rent de celui auquel sont soumis des pays africains travers\u00e9s par la ligne de l\u2019\u00e9quateur, &nbsp;tels que le Gabon,&nbsp; la R\u00e9publique du&nbsp; Congo,&nbsp; la RDC, l\u2019Ouganda\u2026etc\u2026 La localisation g\u00e9ographique d\u2019un pays d\u00e9termine son appartenance \u00e0 l\u2019une des trois principales zones climatiques&nbsp;\u00e0 la surface du globe ; \u00e0 savoir :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>la zone chaude (ou intertropicale se situant entre les tropiques du cancer, au nord, et du capricorne, au sud et comprenant notamment les climats \u00e9quatorial et tropical ainsi que les d\u00e9serts chauds); <\/li>\n\n\n\n<li>les zones temp\u00e9r\u00e9es  situ\u00e9es entre les tropiques et les cercles polaires, comprenant trois climats (m\u00e9diterran\u00e9en, continental et oc\u00e9anique) et b\u00e9n\u00e9ficiant de quatre saisons bien marqu\u00e9es ( Europe, Am\u00e9rique du Nord, la Nouvelle Z\u00e9lande, le Chili et l\u2019Argentine\u2026.);<\/li>\n\n\n\n<li>les zones froides ou polaires, situ\u00e9es au del\u00e0 des cercles polaires (Arctique et antarctiques).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les caract\u00e9ristiques climatiques du Maroc&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>Le Royaume du Maroc occupe une position g\u00e9ographique strat\u00e9gique et tr\u00e8s enviable. Situ\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 Nord-Ouest du continent africain directement&nbsp;en face du continent europ\u00e9en, le Maroc jouit d\u2019une double fa\u00e7ade maritime&nbsp;: la M\u00e9diterran\u00e9e au Nord et l\u2019Oc\u00e9an atlantique \u00e0 l\u2019Ouest. Cette exceptionnelle position g\u00e9ographique du Maroc a aiguis\u00e9 les convoitises des puissances antiques qui ont cherch\u00e9 \u00e0 instaurer une domination sur les r\u00e9gions septentrionales du Maroc et notamment les zones c\u00f4ti\u00e8res, sans jamais chercher \u00e0 trop s\u2019aventurer pour&nbsp;contr\u00f4ler l\u2019int\u00e9rieur du pays. C\u2019est ainsi que le Maroc a d\u00fb faire face \u00e0 l\u2019occupation ph\u00e9nicienne et Carthaginoise &nbsp;principalement pour le commerce (8<sup>\u00e8me<\/sup> et 7<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cles avant JC), Rome (l\u2019ann\u00e9e &nbsp;40 Apr\u00e8s JC), et enfin les Vandales, les Wisigoths et l\u2019empire Byzantin.&nbsp; Le Maroc est certes un grand pays maritime, mais &nbsp;aussi un pays montagneux&nbsp;: quatre chaines de montagnes \u00e0 savoir le &nbsp;Rif, le Moyen-Atlas, le Haut Atlas et l\u2019Anti-Atlas s\u2019\u00e9tendent sur une importante part du territoire marocain. Le Maroc est aussi un pays non loin du grand Sahara, un vaste d\u00e9sert chaud situ\u00e9 au Nord de l\u2019Afrique subsaharienne (La Subsaharie).&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Toutes ces donn\u00e9es&nbsp; naturelles d\u00e9terminent le climat du Maroc. Mais, il y a aussi un&nbsp; facteur de haute importance qu\u2019il ne faut pas ignorer car il s\u2019agit d\u2019un param\u00e8tre fondamental qui influe sur le niveau des pluies enregistr\u00e9es au Maroc. C\u2019est l\u2019anticyclone des A\u00e7ores, une zone de haute pression atmosph\u00e9rique quasi permanente dont le centre est situ\u00e9 pr\u00e8s de l\u2019archipel des A\u00e7ores (un archipel volcanique portugais situ\u00e9 en plein c\u0153ur de l\u2019Atlantique). Le climat du Maroc d\u00e9pend largement de l\u2019anticyclone des A\u00e7ores. Lorsqu\u2019il est puissant, l\u2019anticyclone en question bloque et repousse&nbsp; les perturbations pluviales en jouant le r\u00f4le d\u2019un puissant&nbsp; bouclier qui provoque un temps sec et chaud pour le Maroc. Lorsqu\u2019il faiblit (se r\u00e9tracte), il laisse passer les d\u00e9pressions venant de l\u2019Atlantique, ce qui permet au Maroc de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un air frais et&nbsp; pluvieux, comme c\u2019est le cas depuis &nbsp;d\u00e9cembre 2025.<\/p>\n\n\n\n<p>Les p\u00e9riodes de&nbsp; s\u00e9cheresse&nbsp;ou&nbsp;l\u2019arriv\u00e9e des perturbations pluvieuses d\u00e9pendent de la puissance ou de la faiblesse de&nbsp; cet anticyclone. Selon les sp\u00e9cialistes,&nbsp;les pr\u00e9cipitations &nbsp;intenses et les fortes&nbsp; inondations qui ont d\u00e9vast\u00e9 &nbsp;quatre provinces du Nord-Ouest du Maroc, sont dues \u00e0 l\u2019affaiblissement de l\u2019anticyclone des A\u00e7ores. Les provinces ruin\u00e9es &nbsp;par ces inondations exceptionnelles sont les provinces de K\u00e9nitra (une trentaine de kms au Nord de Rabat), Sidi Slimane, Sidi Kacem et Larache (85 kms au Sud de Tanger). Il faut souligner que ces provinces sont des r\u00e9gions agricoles majeures travers\u00e9es par deux des&nbsp; grands fleuves du Maroc \u00e0 savoir le Sebou (pour la r\u00e9gion du Gharb)&nbsp; et &nbsp;le Loukkos (pour la province de Larache). En plus des c\u00e9r\u00e9ales, des cultures traditionnelles au Maroc, ces r\u00e9gions produisent des agrumes, de la betterave sucri\u00e8re et &nbsp;de la canne \u00e0 sucre, deux piliers de l\u2019industrie sucri\u00e8re du Maroc. Les provinces du Ghab et Larache produisent aussi &nbsp;&nbsp;du riz, des arachides, de la banane sous des serres en plastique ou en bois d\u2019eucalyptus, du melon et des past\u00e8ques de grande qualit\u00e9 etc.. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment o\u00f9 le Maroc s\u2019appr\u00eatait&nbsp; \u00e0 faire face \u00e0 une 7<sup>\u00e8me<\/sup> ann\u00e9e de s\u00e9cheresse, le bon Dieu en a d\u00e9cid\u00e9 autrement. De fortes pluies torrentielles se sont abattues sur le Maroc et surtout sur la r\u00e9gion du Nord-Ouest. Ce qui y&nbsp; a provoqu\u00e9 des&nbsp; inondations exceptionnelles, vers la fin de janvier 2026, &nbsp;dans la plaine du Gharb et dans la r\u00e9gion du fleuve Loukkos et notamment dans la ville de Ksar El K\u00e9bir, une ville moyenne &nbsp;du Nord-Ouest qui&nbsp; rel\u00e8ve administrativement de la province de Larache.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais avant le Gharb et Ksar El K\u00e9bir, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment le 14 d\u00e9cembre 2025,&nbsp; de violentes pr\u00e9cipitations &nbsp;orageuses &nbsp;ont provoqu\u00e9 de terribles torrents d\u2019eaux boueuses, &nbsp;des crues torrentielles&nbsp; d\u2019une grande&nbsp; intensit\u00e9, &nbsp;&nbsp;et des inondations&nbsp; meurtri\u00e8res qui ont endeuill\u00e9 &nbsp;la ville de Safi ( 330 kms au Sud de Rabat) causant d\u2019importantes pertes mat\u00e9rielles et faisant 37 morts selon un bilan dress\u00e9 par&nbsp; les autorit\u00e9s locales.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques heures seulement de \u00ab&nbsp;fortes pr\u00e9cipitations&nbsp;\u00bb ont suffi pour qu\u2019une grande partie de la ville de Safi soit compl\u00e8tement submerg\u00e9e. Selon les donn\u00e9es livr\u00e9es par la direction g\u00e9n\u00e9rale de la m\u00e9t\u00e9orologie, le cumul des pr\u00e9cipitations se situait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une fourchette variant entre 46 et 60 mm en 24 heures. Au Maroc et surtout pendant la saison d\u2019hiver (D\u00e9cembre- Mars), ce cumul&nbsp; n\u2019est ni in\u00e9dit, ni exceptionnel ni meurtrier. Il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 plusieurs fois dans d\u2019autres r\u00e9gions du Maroc sans engendrer une catastrophe d\u2019une telle ampleur d\u00e9bouchant sur un lourd bilan humain.<\/p>\n\n\n\n<p>Il parait que les vraies causes de cette trag\u00e9die naturelle sont \u00e0 chercher ailleurs. Culpabiliser ou m\u00eame diaboliser les pr\u00e9cipitations est une mauvaise piste qui risque d\u2019occulter les vraies causes de cette \u00ab&nbsp;catastrophe naturelle&nbsp;\u00bb.&nbsp; Le SDAU (sch\u00e9ma directeur d\u2019am\u00e9nagement urbain) et plus pr\u00e9cis\u00e9ment la planification spatiale \u00e0 long terme, l\u2019entretien des infrastructures de&nbsp; l\u2019assainissement collectif (r\u00e9seau d\u2019\u00e9gouts), et les crit\u00e8res encadrant la proc\u00e9dure d\u2019octroi des permis de construire (nouvelles constructions ou modifications)\u2026 sont des \u00e9l\u00e9ments qui peuvent fournir des r\u00e9ponses pour mettre le doigt sur les vraies causes des trag\u00e9dies, qu\u2019on qualifie \u00e0 tort \u00ab&nbsp;de catastrophes naturelles&nbsp;\u00bb, et ce pour alt\u00e9rer la v\u00e9rit\u00e9. Concernant le d\u00e9sastre &nbsp;qui a endeuill\u00e9 la ville de Safi, il parait que les anciens responsables ignoraient ou, au moins,&nbsp; minimisaient la pertinence du&nbsp; proverbe russe&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019eau n\u2019oublie pas son chemin&nbsp;\u00bb. En effet, le fleuve n\u2019oublie &nbsp;ni sa source ni son chemin. Le fleuve est souverain et t\u00eatu. Il ne tol\u00e8re jamais une agression contre son territoire et notamment&nbsp; la berge et &nbsp;le lit majeur\u2026.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La gestion du stress hydrique, la planification agricole et la durabilit\u00e9 \u00e9conomique<\/h2>\n\n\n\n<p>Au Maroc,&nbsp; la s\u00e9cheresse doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme&nbsp; une donn\u00e9e structurelle et non un simple ph\u00e9nom\u00e8ne conjoncturel. Au cours de la seconde moiti\u00e9 du 20<sup>\u00e8me<\/sup> &nbsp;si\u00e8cle, le Maroc a travers\u00e9 de longues p\u00e9riodes marqu\u00e9es par des &nbsp;s\u00e9cheresses chroniques et des canicules suffocantes. A partir de 1975, les \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse sont devenus plus longs et surtout plus fr\u00e9quents. Au cours de la p\u00e9riode allant de 1900 \u00e0 2000, le Maroc a d\u00fb faire face \u00e0 11 ann\u00e9es de &nbsp;s\u00e9cheresses s\u00e9v\u00e8res (1904,1905, 1931, 1944, 1945, 1982, 1983, 1994, 1995, 1998 et 2000. Les barrages \u00e9taient au plus bas et les&nbsp; nappes phr\u00e9atiques ont \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 une dangereuse et inqui\u00e9tante surexploitation. La s\u00e9cheresse devint la r\u00e8gle et l\u2019ann\u00e9e pluvieuse l\u2019exception. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9cheresse n\u2019\u00e9tait pas l\u2019unique et effrayant ennemi des Marocains car ils ont fortement souffert aussi des crues, d\u2019inondations d\u00e9vastatrices \u00e0 cause des d\u00e9bordements des grands fleuves tels que le fleuve Sebou \u00e0 plusieurs reprises, le Moulouya \u00e0 l\u2019Est du Maroc(1963). En 1950, la&nbsp; ville de S\u00e9frou a connu l\u2019une des inondations les plus d\u00e9vastatrices de son Histoire. Le 5 novembre 1965, un d\u00e9bordement exceptionnel de l\u2019Oued Ziz a compl\u00e8tement ravag\u00e9 la vall\u00e9e de Ziz,&nbsp; une des plus belles vall\u00e9es oasiennes &nbsp;du Sud-Est marocain qui s\u2019\u00e9tendait entre Errachidia et le d\u00e9sert de Merzouga. Pour lutter contre des mont\u00e9es de crues \u00e9ventuelles, emp\u00eacher d\u2019autres d\u00e9bordements d\u00e9vastateurs de l\u2019Oued Ziz et s\u00e9curiser l\u2019agriculture dans la vall\u00e9e de Ziz, les autorit\u00e9s marocaines de l\u2019\u00e9poque ont construit un barrage sur ce fleuve impr\u00e9visible, lequel barrage a \u00e9t\u00e9 mis en service en 1971, soit six ans apr\u00e8s le cataclysme &nbsp;de 1965. En 1995, c\u2019\u00e9tait au tour d\u2019Ourika, &nbsp;une paisible commune rurale du Haut Atlas, situ\u00e9e \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres au Sud-Est de la ville de Marrakech,&nbsp;&nbsp; de vivre le m\u00eame cauchemar. Pour Ourika, le bilan des pertes humaines \u00e9tait lourd, puisqu\u2019on a recens\u00e9 plus de 150 morts.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Inondations dans la plaine du Gharb<\/h2>\n\n\n\n<p>Les pluies diluviennes, voire &nbsp;torrentielles et exceptionnelles qui se sont abattues &nbsp;sur la plaine du Gharb pendant plusieurs jours ont provoqu\u00e9 des inondations destructrices. D\u2019immenses superficies agricoles ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement submerg\u00e9es par des eaux torrentielles. Plusieurs douars (groupements d\u2019habitations dans les&nbsp; zones rurales) ont \u00e9t\u00e9 encercl\u00e9s par d\u2019\u00e9normes volumes d\u2019eau. Les cultures ont \u00e9t\u00e9 &nbsp;asphyxi\u00e9es et l\u2019\u00e9levage fortement fragilis\u00e9. Les petits agriculteurs du Gharb ne craignent pas uniquement le pr\u00e9sent mais surtout le futur- proche durant lequel ils devront faire face&nbsp; au&nbsp; spectre d\u2019une saison agricole compromise.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir vainement&nbsp; attendu des moments de r\u00e9pit ou de d\u00e9crues, plusieurs paysans de la r\u00e9gion ont d\u00fb fuir leurs huttes &nbsp;pour \u00e9lire domicile dans la for\u00eat. La population directement affect\u00e9e par cette catastrophe a opt\u00e9, certainement \u00e0 contre-c\u0153ur, pour cette solution et ce, &nbsp;&nbsp;pour pouvoir survivre \u00e0 ce cauchemar et prot\u00e9ger leur cheptel, leur pr\u00e9cieux capital. Pour plusieurs petits agriculteurs de la plaine du Gharb, les maisons ou plus exactement les huttes ou les&nbsp; masures d\u00e9labr\u00e9es et encercl\u00e9es par l\u2019eau, ne sont&nbsp; plus des refuges s\u00fbrs. Pour le moment, \u00ab&nbsp;c\u2019est presque le sauve qui peut&nbsp;\u00bb. &nbsp;De leur c\u00f4t\u00e9, les autorit\u00e9s locales font tout pour sauver des vies humaines, la priorit\u00e9 des priorit\u00e9s pour l\u2019instant.<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant les causes de ce nouvel \u00e9pisode d\u2019inondations, &nbsp;on va certainement chercher \u00e0 tout mettre sur le dos&nbsp;\u00ab&nbsp;des pr\u00e9cipitations exceptionnelles&nbsp;\u00bb, re\u00e7ues pendant un court laps de temps et \u00ab&nbsp;culpabiliser&nbsp;\u00bb les d\u00e9bordements du fleuve Sebou qui est l\u2019un des plus grands fleuves du Maroc. A cet \u00e9gard, il sied de rappeler que&nbsp; le bassin de Sebou produit plus du tiers des eaux de surface au Maroc. A une certaine \u00e9poque, Sebou \u00e9tait qualifi\u00e9 \u00ab&nbsp;de tr\u00e9sor nord-africain&nbsp;\u00bb. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Long de presque 600 kms, le fleuve Sebou &nbsp;prend sa source dans le Moyen Atlas. Il traverse la plaine de F\u00e8s et celle &nbsp;du Gharb pour se jeter dans l\u2019Oc\u00e9an Atlantique pr\u00e8s de la ville de K\u00e9nitra, la plus grande ville du Gharb, son chef-lieu &nbsp;&nbsp;et&nbsp; son principal centre administratif&nbsp; et industriel. D\u2019ailleurs c\u2019est pour cette raison &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;(l\u2019embouchure de Sebou) que le Mar\u00e9chal Lyautey a jet\u00e9 son d\u00e9volu sur ce site strat\u00e9gique pour y fonder une nouvelle ville baptis\u00e9e \u00ab&nbsp;Port Lyautey&nbsp;\u00bb pour en faire un fort militaire \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019un grand port fluvial \u00e0 l\u2019aval de Sebou et tout pr\u00e8s de son embouchure. Ce n\u2019est qu\u2019en 1956, l\u2019ann\u00e9e de l\u2019ind\u00e9pendance du Maroc, que la ville&nbsp; \u00ab&nbsp;Port Lyautey&nbsp;\u00bb a \u00e9t\u00e9 renomm\u00e9e K\u00e9nitra.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que l\u2019on doit aussi savoir&nbsp; c\u2019est que le Gharb a \u00e9t\u00e9 et reste toujours une vaste plaine alluvionnaire. Il y a&nbsp; longtemps et au moins au d\u00e9but du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, une grande partie du Gharb \u00e9tait une zone&nbsp; mar\u00e9cageuse. L\u2019on sait aussi que les mar\u00e9cages sont des bouges naturels majeurs &nbsp;pour la reproduction des moustiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a des faits qu\u2019on doit connaitre, mais il y a aussi des v\u00e9rit\u00e9s&nbsp; qu\u2019on ne doit ni occulter ni ignorer. Sebou est l\u2019un des plus grands et importants fleuves du Maroc. Son d\u00e9bit est renforc\u00e9 par au moins 5 grands affluents dont Oued Ouargla, sur lequel a \u00e9t\u00e9 construit le barrage Al Wahda. Mis en service en 1996, cet ouvrage d\u2019art &nbsp;hydraulique strat\u00e9gique est le plus grand barrage au Maroc et le deuxi\u00e8me en Afrique. Il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour jouer trois r\u00f4les principaux \u00e0 savoir l\u2019irrigation des terres agricoles, la production d\u2019\u00e9nergie hydro\u00e9lectrique &nbsp;et surtout la protection de la plaine du Gharb contre les inondations\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, et c\u2019est le grand paradoxe et le grand n\u2019importe quoi, Sebou est parmi les fleuves les plus pollu\u00e9s du Maroc \u00e0 cause des rejets des eaux us\u00e9es domestiques et industrielles.<\/p>\n\n\n\n<p>A Chefchaouen, une province montagneuse&nbsp; situ\u00e9e dans le&nbsp; Rif occidental &nbsp;et relevant de la r\u00e9gion de Tanger-T\u00e9touan- Al Hoceima, de tr\u00e8s fortes pr\u00e9cipitations pluvieuses mais aussi neigeuses ont provoqu\u00e9 un fort d\u00e9bordement de l\u2019Oued Laou sur les zones se trouvant \u00e0 proximit\u00e9 de son lit mineur ou majeur, ce qui a provoqu\u00e9 le blocage de certaines routes de la province. Dans la ville de Chefchaouen, chef-lieu de la province homonyme,&nbsp; on n\u2019a not\u00e9 l\u2019effondrement de plusieurs b\u00e2timents.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La politique de barrages<\/h2>\n\n\n\n<p>Un barrage est un ouvrage d\u2019art hydraulique vivant, strat\u00e9gique et structurant. Il joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la r\u00e9gulation des d\u00e9bits et le stockage de l\u2019eau, une ressource naturelle vitale et non substituable. Malheureusement, cette denr\u00e9e naturelle irrempla\u00e7able se rar\u00e9fie au fil des ans.&nbsp; C\u2019est pour cette raison que la gestion de l\u2019eau doit figurer, en bonne place, dans l\u2019\u00e9quation politico-\u00e9conomique et m\u00eame culturelle des gouvernements vraiment responsables.<\/p>\n\n\n\n<p>Le barrage, c\u2019est aussi &nbsp;une structure indispensable. C\u2019est &nbsp;un important dispositif utilis\u00e9 pour le contr\u00f4le des crues, la gestion de l\u2019irrigation pour l\u2019agriculture, la pisciculture et l\u2019approvisionnement&nbsp; de la population en eau potable. Gr\u00e2ce \u00e0 ses&nbsp; &nbsp;lacs de retenue ou d\u2019accumulation,&nbsp; le barrage joue aussi un r\u00f4le fondamental pour s\u00e9curiser l\u2019industrie et l\u2019\u00e9nergie\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour pouvoir jouer pleinement son r\u00f4le positif, un barrage doit \u00eatre bien &nbsp;entretenu, bien r\u00e9par\u00e9 et constamment contr\u00f4l\u00e9. Sinon, il risque de devenir un redoutable \u00ab&nbsp;ennemi public&nbsp;\u00bb. &nbsp;L\u2019exemple du barrage de Marib au Y\u00e9men antique est \u00e9difiant \u00e0 ce sujet, c\u2019est une le\u00e7on instructive \u00e0 connaitre et \u00e0 bien m\u00e9diter.<\/p>\n\n\n\n<p>Construit vers 700 avant JC, le barrage de Marib &nbsp;\u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une prouesse d\u2019ing\u00e9nierie. C\u2019\u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment majeur qui permettait l\u2019irrigation intensive de vastes terres agricoles. Le barrage en question \u00e9tait une parfaite illustration de la puissance de&nbsp; &nbsp;la civilisation du Royaume de Saba. N\u00e9glig\u00e9, mal contr\u00f4l\u00e9 &nbsp;et mal entretenu, le barrage de Marib s\u2019est compl\u00e8tement effondr\u00e9 au VI\u00e8me si\u00e8cle. Cette catastrophe a entrain\u00e9 la destruction quasi totale du syst\u00e8me d\u2019irrigation, la d\u00e9vastation de toute une r\u00e9gion,&nbsp; jadis&nbsp; florissante, et surtout l\u2019exode &nbsp;de plus de 50.000 personnes, un chiffre hallucinant \u00e0 l\u2019\u00e9poque. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un&nbsp; &nbsp;exemple tristement c\u00e9l\u00e8bre, mais qui a l\u2019avantage de montrer clairement que la construction des barrages n\u2019est pas du tout une invention r\u00e9cente. &nbsp;C\u2019est pourquoi, aucune n\u00e9gligence&nbsp; n\u2019est tol\u00e9r\u00e9e&nbsp; lorsqu\u2019il s\u2019agit de la maintenance et de l\u2019entretien des barrages car l\u2019\u00e9norme accumulation du savoir-faire&nbsp; et des exp\u00e9riences pratiques en la mati\u00e8re suffisent pour mettre en \u0153uvre une politique efficace&nbsp; des barrages.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Politique des barrages au Maroc<\/h2>\n\n\n\n<p>Au Maroc, le premier barrage moderne et digne de ce nom a \u00e9t\u00e9 mis en service&nbsp; durant la p\u00e9riode coloniale,&nbsp; et plus pr\u00e9cis\u00e9ment en 1929. Il s\u2019agit &nbsp;&nbsp;du barrage de \u00ab&nbsp;Sidi Sa\u00efd Ma\u00e2chou&nbsp;\u00bb qui a \u00e9t\u00e9 construit sur le fleuve \u00ab&nbsp;Oum Errabi\u00e2&nbsp;\u00bb pr\u00e8s de la ville d\u2019El Jadida, situ\u00e9e \u00e0 une centaine kilom\u00e8tre au Sud de Casablanca. A l\u2019instar de Sebou, Oum Errabi\u00e2 &nbsp;est un des plus grands fleuves du Maroc. Il prend sa source des hauteurs du Moyen Atlas dans une commune rurale pr\u00e8s de la ville de Kh\u00e9nifra. Le barrage susmentionn\u00e9 avait pour r\u00f4le de s\u00e9curiser l\u2019approvisionnement en eau potable, l\u2019irrigation des terres agricoles &nbsp;de la r\u00e9gion de&nbsp; Doukkala et l\u2019industrie\u2026..<\/p>\n\n\n\n<p>En 1956, le Maroc disposait de 13 grands, &nbsp;moyens ou petits &nbsp;barrages. Pour faire face aux effets n\u00e9fastes d\u2019un stress hydrique structurel, &nbsp;le Roi&nbsp; Hassan II a lanc\u00e9, &nbsp;au d\u00e9but des ann\u00e9es 60 du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, la politique des barrages. Cette strat\u00e9gie a connu un tournant d\u00e9cisif \u00e0 partir de l\u2019an 2000. Ce qui a permis au Maroc d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la&nbsp;&nbsp; cadence de r\u00e9alisation des barrages.<\/p>\n\n\n\n<p>De 1961 \u00e0 1999, le Maroc&nbsp; a pu construire 85 barrages. Le rythme de r\u00e9alisation des barrages a \u00e9t\u00e9 nettement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 \u00e0 partir de 1981, &nbsp;suite \u00e0 la terrible&nbsp; s\u00e9cheresse qui a s\u00e9vi au Maroc de 1980 \u00e0 1984. Pour jauger l\u2019ampleur et les cons\u00e9quences&nbsp; de cet &nbsp;\u00e9pisode de s\u00e9cheresse, il suffit de savoir qu\u2019en 1980\/1981, le d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9 \u00e0 plus de 40%.<\/p>\n\n\n\n<p>De 2001 \u00e0 2005, le Maroc aurait construit 47 barrages. En se basant sur certaines donn\u00e9es statistiques, on peut dire qu\u2019actuellement, le Maroc disposerait de 145 barrages, au minimum. En s\u2019appuyant &nbsp;sur d\u2019autres &nbsp;statiques, on peut affirmer que &nbsp;le Maroc disposerait d\u2019un patrimoine constitu\u00e9 de 156 grands&nbsp; barrages. Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et &nbsp;l\u2019agriculture), en 2005, le Maroc disposait de 104 grands barrages, 17 petits et moyens barrages &nbsp;et 67 barrages ou lacs collinaires, soit &nbsp;un patrimoine compos\u00e9 &nbsp;de 188 ouvrages d\u2019art hydraulique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Abstraction faite de la pertinence ou non des chiffres avanc\u00e9s, ce qui est s\u00fbr c\u2019est le fait que la politique des barrages a toujours\u00a0 \u00e9t\u00e9 \u00a0consid\u00e9r\u00e9e comme un levier strat\u00e9gique de r\u00e9silience hydrique et de la justice territoriale. Et ce n\u2019\u00e9tait pas par un pur hasard que Th\u00e9odore Steeg, deuxi\u00e8me r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral au Maroc (1925-1929) avait prononc\u00e9 une c\u00e9l\u00e8bre \u00a0phrase qui r\u00e9sumait \u00a0tout\u00a0: \u00ab\u00a0Au Maroc, gouverner, c\u2019est pleuvoir\u00a0\u00bb. Steeg savait pertinemment que les \u00e9quilibres \u00e9conomiques et politiques au Maroc pourraient \u00eatre mis en question \u00e0 cause d\u2019un long et douloureux \u00e9pisode de s\u00e9cheresse.<\/p>\n\n\n\n<p>Un barrage ne peut remplir pleinement ses principales missions &nbsp;que s\u2019il est bien contr\u00f4l\u00e9, bien entretenu et surtout bien prot\u00e9g\u00e9 contre l\u2019envasement (pollution par les s\u00e9diments). Les l\u00e2chers d\u2019eau doivent \u00eatre bien g\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0La situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement exige une approche globale \u00e0 m\u00eame de \u00a0nous permettre de vivre dans un environnement sain et \u00e9quilibr\u00e9. D\u00e9corr\u00e9l\u00e9 \u00a0de son environnement g\u00e9n\u00e9ral, \u00a0le barrage demeure, certes,\u00a0un dispositif fondamental mais qui \u00a0risque de devenir un ouvrage incapable de jouer pleinement son r\u00f4le. C\u2019est pourquoi, la politique des barrages doit \u00eatre\u00a0 fortement soutenue par des\u00a0 mesures d\u2019accompagnement\u00a0 \u00a0telles que la protection des cours d\u2019eau contre la pollution et la d\u00e9perdition. Le Maroc a besoin, plus qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e,\u00a0 d\u2019une strat\u00e9gie globale et\u00a0 int\u00e9gr\u00e9e qui lui permettra\u00a0 de lutte contre la d\u00e9forestation. Le Maroc a besoin aussi d\u2019une politique stricte de boisement\/reboisement, \u00a0et d\u2019une strat\u00e9gie d\u2019\u00e9largissement ou au moins de sauvegarde des espaces verts dans les centres urbains en imposant \u00ab\u00a0l\u2019arbre urbain\u00a0\u00bb d\u2019ombrages tels que le m\u00fbrier \u00e0 feuilles de platane, le caroubier, le saule pleureur ou m\u00eame le faux-poivrier. Le Maroc ne doit pas \u00e9voluer en vase clos. Il a l\u2019obligation de contribuer \u00e0 l\u2019effort mondial uni \u00a0pour\u00a0 lutter collectivement\u00a0 contre la d\u00e9gradation de l\u2019environnement \u00a0et le r\u00e9chauffement climatique\u2026etc\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019arbre, fruitier ou non fruitier&nbsp; et d\u2019ornement, &nbsp;est un r\u00e9gulateur du climat et un purificateur d\u2019air. Il ralentit&nbsp; les ondes de temp\u00eates. L\u2019arbre a aussi un pouvoir \u00e0 ne pas n\u00e9gliger, c\u2019est l\u2019\u00e9vapotranspiration, c\u2019est-\u00e0-dire le processus par lequel l\u2019eau terrestre est renvoy\u00e9e dans l\u2019atmosph\u00e8re&nbsp; Ce processus naturel permet de r\u00e9duire le ruissellement et de rabattre les temp\u00e9ratures locales.<\/p>\n\n\n\n<p>En quelques ann\u00e9es, Rabat est devenue l\u2019une des plus villes vertes du Maroc. En 2020, &nbsp;elle a pu d\u00e9passer les normes et les recommandations &nbsp;de l\u2019OMS &nbsp;concernant les espaces verts pour chaque individu. C\u2019est un exemple \u00e0 suivre ou m\u00eame \u00e0 imposer.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourquoi et pour le bien du pays, les principaux mots d\u2019ordre pour le prochain gouvernement doivent \u00eatre&nbsp;: le &nbsp;boisement, le&nbsp; reboisement et la lutte acharn\u00e9e contre la d\u00e9forestation. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un fonds d\u2019indemnisation ou de solidarit\u00e9 contre les catastrophes naturelles ne suffit pas pour faire face \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels violents. Il faut un minist\u00e8re, ou au moins une agence nationale autonome, dot\u00e9e des moyens humains et mat\u00e9riels&nbsp;&nbsp; n\u00e9cessaires qui lui permet d\u2019\u00e9valuer les risques, d\u2019alerter au bon moment et d\u2019organiser les secours d\u2019une fa\u00e7on ordonn\u00e9e et efficace.&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;De par sa position g\u00e9ographique et ses param\u00e8tres m\u00e9t\u00e9orologiques, le Maroc n\u2019est pas \u00e0 l\u2019abri des catastrophes naturelles (s\u00e9cheresse et canicule, inondations d\u00e9vastatrices). Selon des estimations r\u00e9centes de&nbsp; la Banque mondiale, les catastrophes naturelles co\u00fbtent au Maroc 575 millions de dollars par an. C\u2019est un important manque \u00e0 gagner pour l\u2019\u00e9conomie marocaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Les inondations du Nord-Ouest du Maroc ne sont pas les premi\u00e8res. N\u00e9anmoins, elles ont eu le m\u00e9rite de d\u00e9clencher, pour la \u00e9ni\u00e8me fois,&nbsp; un coup de semonce utile qui devrait, en principe, secouer &nbsp;les responsables et r\u00e9veiller les consciences\u2026. Qui vivra verra.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Au sujet de l\u2019auteur<\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"813\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/maroc-canada.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/IMG_0190-813x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7479\" style=\"width:208px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/maroc-canada.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/IMG_0190-813x1024.jpg 813w, https:\/\/maroc-canada.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/IMG_0190-238x300.jpg 238w, https:\/\/maroc-canada.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/IMG_0190-768x968.jpg 768w, https:\/\/maroc-canada.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/IMG_0190.jpg 1038w\" sizes=\"auto, (max-width: 813px) 100vw, 813px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><strong><sup>(1)<\/sup> <em>Ahmed Saber<\/em><\/strong><em> fut second de l\u2019ambassadeur et conseiller \u00e9conomique \u00e0 l\u2019ambassade du Maroc \u00e0 quatre reprises : \u00c0 Doha (Qatar), \u00e0 Moscou (Russie), \u00e0 Ottawa (Canada) et \u00e0 Berlin (Allemagne), ceci sans parler de ses diff\u00e9rentes affectations, au sein du minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res, en tant que chef de service; dont celle de chef de Service \u00ab des droits de l\u2019Homme \u00bb \u00e0 la Direction des Nations Unies (2005-2008)<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il est aussi l\u2019auteur du <a href=\"https:\/\/maroc-canada.ca\/?p=7275\"><strong>Roman \u00ab&nbsp;Le marabout de la vall\u00e9e de l\u2019arbousier<\/strong><\/a> paru tout r\u00e9cemment \u00e0 Rabat (Maroc)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Ahmed Saber (1) (Rabat, Maroc) L\u2019\u00e9minent philosophe hollandais d\u2019origine portugaise, Baruch Spinoza (1632-1677) disait&nbsp;: \u00ab\u00a0Tout ce qui est contraire \u00e0 la Nature&nbsp; est en effet contraire \u00e0 la Raison, et ce qui est contraire \u00e0 la Raison est absurde &nbsp;et doit en cons\u00e9quence \u00eatre rejet\u00e9\u00a0\u00bb. Pour enfoncer davantage le clou, presque&nbsp; deux si\u00e8cles apr\u00e8s, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7602,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,8],"tags":[],"class_list":["post-7601","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-maghreb","category-numero-du-mois"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7601","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7601"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7601\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7615,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7601\/revisions\/7615"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7602"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7601"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7601"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/maroc-canada.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7601"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}