{"id":7616,"date":"2026-02-13T18:42:12","date_gmt":"2026-02-13T23:42:12","guid":{"rendered":"https:\/\/maroc-canada.ca\/?p=7616"},"modified":"2026-02-13T18:42:12","modified_gmt":"2026-02-13T23:42:12","slug":"lorigine-des-problemes-observes-a-laval-des-barrages-du-nord-ouest-du-maroc-se-situe-en-grande-partie-a-lamont-tout-comme-certaines-solutions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maroc-canada.ca\/?p=7616","title":{"rendered":"L\u2019origine des probl\u00e8mes, observ\u00e9s \u00e0 l\u2019aval des barrages du nord-ouest du Maroc se situe en grande partie \u00e0 l\u2019amont; tout comme certaines solutions&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<p>Par <strong>Mustapha El Haddad,<\/strong> Ing\u00e9nieur agronome et Ing\u00e9nieur des Eaux et For\u00eats (Maroc)<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, une \u00e9vidence qu\u2019il faut rappeler : l\u2019origine des probl\u00e8mes \u2014 comme des solutions \u2014 observ\u00e9s \u00e0 l\u2019aval des barrages se situe en grande partie \u00e0 l\u2019amont, dans les massifs montagneux qui dominent ces ouvrages, au niveau des bassins versants. Une r\u00e9alit\u00e9 souvent n\u00e9glig\u00e9e, mais pourtant fondamentale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019amont comme origine des crises de l\u2019aval\u00a0: Une crise de gouvernance avant d\u2019\u00eatre une crise climatique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Revenons aux faits. Apr\u00e8s sept ann\u00e9es de s\u00e9cheresse, le Maroc est brutalement pass\u00e9 d\u2019une gestion de la raret\u00e9 de l\u2019eau \u00e0 une gestion de l\u2019exc\u00e8s hydrique, sous l\u2019effet de pr\u00e9cipitations intenses, particuli\u00e8rement marqu\u00e9es dans le nord du pays. D\u00e8s d\u00e9cembre 2025, les bassins du Sebou et du Loukkos ont rapidement satur\u00e9 les sols et les oueds.<\/p>\n\n\n\n<p>Les fortes pluies enregistr\u00e9es dans le nord du Royaume ont ainsi plac\u00e9 le barrage Oued El Makhazineet du barrage El Wahdaau c\u0153ur des pr\u00e9occupations hydrologiques. Selon les donn\u00e9es du minist\u00e8re de l\u2019\u00c9quipement et de l\u2019Eau, les apports cumul\u00e9s depuis le d\u00e9but de la saison au niveau du barrage Oued Makhazineont atteint 972,9 millions de m\u00b3, portant son taux de remplissage \u00e0 160 %.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette situation exceptionnelle a entra\u00een\u00e9 des inondations aux cons\u00e9quences lourdes : d\u00e9g\u00e2ts majeurs sur les infrastructures (routes, ponts, r\u00e9seaux d\u2019eau et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9), destructions d\u2019habitations, pertes humaines, pertes importantes de cheptel et d\u00e9placements forc\u00e9s de populations. Ces \u00e9v\u00e9nements ont profond\u00e9ment affect\u00e9 la s\u00e9curit\u00e9 des personnes, la continuit\u00e9 des services publics et la stabilit\u00e9 socio-\u00e9conomique de plusieurs territoires.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Gestion de crise et r\u00e9ponse institutionnelle&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte de crise, il convient de saluer la gestion rigoureuse et responsable de la catastrophe par les autorit\u00e9s publiques. Les \u00e9quipes de sauvetage ont \u00e9t\u00e9 rapidement mobilis\u00e9es sur les zones \u00e0 risque, assurant des op\u00e9rations d\u2019\u00e9vacuation, de secours et de protection des populations dans des conditions souvent difficiles. Le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur a assur\u00e9 une coordination op\u00e9rationnelle efficace entre les diff\u00e9rents services de l\u2019\u00c9tat, les autorit\u00e9s territoriales et les forces de s\u00e9curit\u00e9, ainsi que des volontaires permettant une r\u00e9ponse structur\u00e9e, progressive et adapt\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la situation. La d\u00e9crue se fera attendre, la vigilance reste de mise.<\/p>\n\n\n\n<p>Les dysfonctionnements observ\u00e9s \u00e0 l\u2019aval des barrages trouvent leur origine structurelle \u00e0 l\u2019amont, dans les bassins versants montagneux qui les alimentent. La gestion actuelle, majoritairement centr\u00e9e sur les ouvrages hydrauliques, ne traite pas suffisamment les causes profondes : d\u00e9gradation et \u00e9rosion des sols, vuln\u00e9rabilit\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes, d\u00e9s\u00e9quilibres territoriaux et gouvernance fragment\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces \u00e9v\u00e9nements ne rel\u00e8vent pas uniquement de l\u2019al\u00e9a climatique. Ils traduisent des failles structurelles de gouvernance territoriale et hydrique.La probl\u00e9matique centrale c\u2019est que le mod\u00e8le actuel de gestion de l\u2019eau repose encore largement sur une approche sectorielle (eau, for\u00eats, agriculture, urbanisme trait\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment),une logique curative plut\u00f4t que pr\u00e9ventive,une faible int\u00e9gration territoriale ainsi qu\u2019une gouvernance fragment\u00e9e des bassins versants.Cette configuration limite la capacit\u00e9 du syst\u00e8me public \u00e0 absorber et transformer les chocs climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pourtant, le Rif est historiquement reconnu comme un territoire \u00e0 tr\u00e8s forte vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale. Ses sols, faiblement perm\u00e9ables, favorisent le ruissellement rapide des eaux plut\u00f4t que leur infiltration. Son agressivit\u00e9 climatique, marqu\u00e9e par des pr\u00e9cipitations intenses et concentr\u00e9es, sa morphologie montagneuse abrupte, ainsi que sa forte densit\u00e9 d\u00e9mographique, constituent une combinaison structurelle de facteurs de risque. Ce contexte fait du Rif un espace particuli\u00e8rement expos\u00e9 aux ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019\u00e9rosion, de crues rapides et de d\u00e9stabilisation des milieux naturels.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le Rif : un territoire structurellement vuln\u00e9rable&nbsp;: Un bref d\u00e9tour historique&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>D\u00e8s les ann\u00e9es 1970 (il y a 45 ans d\u00e9j\u00e0), des travaux scientifiques et \u00e9tudes men\u00e9es au Maroc ont mis en \u00e9vidence la gravit\u00e9 du processus d\u2019\u00e9rosion dans le Rif occidental, ainsi que ses impacts directs sur la d\u00e9gradation des sols, l\u2019envasement des retenues de barrages, la perte de fertilit\u00e9 agricole et l\u2019augmentation des risques hydrologiques \u00e0 l\u2019aval, sans compter les r\u00e9percussions socio\u00e9conomiques de ce fl\u00e9au. Ces travaux ont \u00e9galement soulign\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un changement de cadre d\u2019analyse et d\u2019intervention.Ces \u00e9tudes ont permis de classer les diff\u00e9rentes r\u00e9gions du Maroc suivant le taux de d\u00e9gradation sp\u00e9cifique des terres. Ainsi 4 grandes zones ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es, la r\u00e9gion du Rif occidental (BV Loukkos) et du bas-Rif central (BV Ouergha) appartiennent \u00e0 la zone o\u00f9 la d\u00e9gradation sp\u00e9cifique est la plus forte (sup\u00e9rieure \u00e0 2.000 T\/Km\u00b2\/an), expliqu\u00e9e par une \u00e9rosion tr\u00e8s active des sols par les pluies.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est alors apparu clairement que les approches fragment\u00e9es, centr\u00e9es sur des p\u00e9rim\u00e8tres d\u2019intervention sectoriels \u2014 tels que les \u00ab p\u00e9rim\u00e8tres projet DERRO (<strong>1<\/strong>) \u00bb ou les \u00ab p\u00e9rim\u00e8tres DRS (<strong>2<\/strong>) \u00bb \u2014 \u00e9taient structurellement insuffisantes pour traiter un ph\u00e9nom\u00e8ne syst\u00e9mique par nature. L\u2019\u00e9rosion ne pouvait \u00eatre efficacement combattue qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle pertinente : celle des bassins versants (BV).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette approche int\u00e9gr\u00e9e, fond\u00e9e sur une lecture territoriale globale des dynamiques des syst\u00e8mes hydrologiques, \u00e9cologiques, humaines et \u00e9conomiques, posait d\u00e9j\u00e0, il y a plus de cinquante ans, les bases conceptuelles d\u2019une gestion durable des territoires \u00e0 risque. Elle appelait \u00e0 une articulation \u00e9troite entre am\u00e9nagement du territoire, gestion des sols, politiques foresti\u00e8res, agriculture de montagne et gouvernance locale \u2014 principes qui demeurent aujourd\u2019hui d\u2019une actualit\u00e9 strat\u00e9gique majeure face aux d\u00e9fis climatiques contemporains.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, les \u00e9cosyst\u00e8mes des bassins versants montagnards sont complexes, fragiles et tr\u00e8s sensibles aux ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9rosifs ce qui plaide en faveur d\u2019une approche globale et multidisciplinaire d\u2019un d\u00e9veloppement durable de ces zones \u00e0 travers la d\u00e9marginalisation des montagnes et leur participation \u00e0 l\u2019utilisation et \u00e0 la pr\u00e9servation des ressources naturelles et notamment des ressources en eaux, \u00e9l\u00e9ments fondamentales de politique du d\u00e9veloppement du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux grands bassins versants structurent la r\u00e9gion : le bassin versant du Loukkos, couvrant environ 180.000 hectares en amont du barrage Oued El Makhazine, et celui de l\u2019Ouergha, qui s\u2019\u00e9tend sur pr\u00e8s de 619.000 hectares en amont du grand barrage Al Wahda. Tous deux prennent naissance dans les montagnes du Rif occidental et central, constituant l\u2019ossature hydrologique majeure du nord-ouest du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Le barrage Oued El Makhazine, qui assure l\u2019irrigation de la plaine du Loukkos sur pr\u00e8s de 42.000 hectares, domine directement deux villes fortement touch\u00e9es par les r\u00e9centes inondations: Ksar El K\u00e9bir, partiellement vid\u00e9e de ses habitants, et Larache.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le bassin du Loukkos : un territoire \u00e0 haut risque syst\u00e9mique (Relief, \u00e9rosion, vuln\u00e9rabilit\u00e9 et pression anthropique)<\/h2>\n\n\n\n<p>Le bassin versant du Loukkos constitue le plus vaste bassin du Nord-Ouest marocain, au nord de celui du Sebou. Il comprend, en amont du barrage, environ 180.000 hectares de terrains montagneux, caract\u00e9ris\u00e9s par une succession de vall\u00e9es \u00e9troites et profond\u00e9ment encaiss\u00e9es, ainsi que de collines ondul\u00e9es formant un relief fortement et \u00ab nerveusement accident\u00e9 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9rosion des sols y est particuli\u00e8rement active et figure parmi les plus \u00e9lev\u00e9es du pays. La d\u00e9gradation sp\u00e9cifique des terres y est estim\u00e9e \u00e0 plus de 3.500 tonnes\/km\u00b2\/an, un niveau exceptionnellement \u00e9lev\u00e9, r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019une vuln\u00e9rabilit\u00e9 structurelle majeure du territoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cette situation, l\u2019\u00c9tat marocain a, d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, sollicit\u00e9 l\u2019appui de la Banque mondiale pour le financement d\u2019un Projet de d\u00e9veloppement agricole int\u00e9gr\u00e9 du bassin versant du Loukkos, en amont du barrage Oued El Makhazine. D\u2019importants travaux d\u2019am\u00e9nagement des bassins versants et de lutte contre l\u2019\u00e9rosion ont ainsi \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s entre 1981 et 1988, selon une d\u00e9marche participative innovante et adapt\u00e9e aux r\u00e9alit\u00e9s locales.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, l\u2019arr\u00eat du financement a entra\u00een\u00e9 l\u2019arr\u00eat des interventions. Le projet ne pr\u00e9voyait aucune strat\u00e9gie de sortie, ni dispositif de p\u00e9rennisation institutionnelle. L\u2019\u00e9quipe de cadres hautement qualifi\u00e9s \u2014 sp\u00e9cialistes des \u00e9tudes de bassins versants, de la conception d\u2019ouvrages anti-\u00e9rosifs et des techniques d\u2019am\u00e9nagement \u2014 s\u2019est progressivement dispers\u00e9e vers d\u2019autres fonctions (gestion administrative, centres techniques, responsabilit\u00e9s sectorielles), sans que l\u2019administration ne puisse r\u00e9ellement capitaliser sur cette expertise accumul\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00e9chec de la p\u00e9rennisation institutionnelle (Absence de strat\u00e9gie de sortie et perte de capital humain)<\/h2>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un \u00e9chec majeur de gouvernance et de capitalisation institutionnelle. Plus pr\u00e9occupant encore, l\u2019Administration foresti\u00e8re, qui pilotait le volet am\u00e9nagement des bassins versants et lutte contre l\u2019\u00e9rosion (hydrique et \u00e9olienne), s\u2019est progressivement retir\u00e9e de ce type de projets \u2014 par manque de ressources humaines, d\u00e9ficit de vision strat\u00e9gique ou insuffisance de priorisation politique \u2014 laissant un vide structurel dans la conduite des politiques de pr\u00e9vention territoriale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce retrait a profond\u00e9ment affaibli la capacit\u00e9 publique \u00e0 traiter les causes profondes des risques hydrologiques, en rompant la continuit\u00e9 entre expertise technique, action territoriale et vision strat\u00e9gique de long terme.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Tentatives de refondation nationale<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019issue du <strong>S\u00e9minaire national sur l\u2019am\u00e9nagement des bassins versants<\/strong>, tenu en 1988 sous le pilotage de l\u2019Administration foresti\u00e8re, plusieurs initiatives structurantes ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9es afin de refonder l\u2019action publique dans ce domaine. Parmi les principales orientations figurent :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>la pr\u00e9paration du <strong>Plan national d\u2019am\u00e9nagement des bassins versants (PNABV)<\/strong> ;<\/li>\n\n\n\n<li>la cr\u00e9ation des <strong>Centres r\u00e9gionaux d\u2019\u00e9tude et d\u2019am\u00e9nagement (CREA)<\/strong> ;<\/li>\n\n\n\n<li>l\u2019\u00e9laboration de programmes de recherche et la formalisation d\u2019une <strong>approche participative<\/strong> adapt\u00e9e \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement des bassins versants ;<\/li>\n\n\n\n<li>l\u2019adoption de m\u00e9canismes de financement int\u00e9grant davantage les b\u00e9n\u00e9ficiaires situ\u00e9s \u00e0 l\u2019aval des bassins.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le PNABV a permis, en 1996, de classer les bassins versants situ\u00e9s en amont des barrages <strong>Al Wahda<\/strong> et <strong>Oued El Makhazine<\/strong> parmi les <strong>cinq bassins prioritaires au niveau national<\/strong>, sur un total de vingt-deux bassins \u00e9tudi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Quatre CREA ont \u00e9t\u00e9 mis en place \u2014 <strong>Al Hoceima, F\u00e8s, Marrakech et Agadir<\/strong> \u2014 avec pour mission de conduire et de superviser les \u00e9tudes d\u2019am\u00e9nagement des bassins versants, la r\u00e9alisation d\u2019ouvrages anti\u00e9rosifs, ainsi que les travaux de recherche et d\u2019innovation technique en mati\u00e8re de lutte contre l\u2019\u00e9rosion. Le bilan de ces centres a \u00e9t\u00e9 globalement <strong>positif<\/strong>, tant en termes de production d\u2019expertise que de structuration des pratiques professionnelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs projets ont \u00e9galement int\u00e9gr\u00e9 l\u2019approche participative, notamment le Projet Oued Srou <strong>(3<\/strong>) et le Projet GEF-RIF<sup> <\/sup>(<strong>4<\/strong>) , avec des r\u00e9sultats variables mais porteurs d\u2019enseignements significatifs sur l\u2019implication des populations locales dans la gestion des territoires.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, les CREA ont \u00e9t\u00e9 <strong>rapidement dissous<\/strong>, entra\u00eenant la dispersion de leurs \u00e9quipes de cadres et de techniciens. L\u2019Administration foresti\u00e8re s\u2019est ainsi retrouv\u00e9e, une nouvelle fois, priv\u00e9e de ressources humaines sp\u00e9cialis\u00e9es et d\u2019un capital d\u2019expertise strat\u00e9gique, ce qui a profond\u00e9ment fragilis\u00e9 la continuit\u00e9 de l\u2019action publique dans le domaine de l\u2019am\u00e9nagement des bassins versants et de la lutte contre l\u2019\u00e9rosion.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le vide juridique des territoires de montagne(Vers une politique nationale de la montagne)<\/h2>\n\n\n\n<p>Actuellement, il n\u2019existe pas de loi-cadre d\u00e9di\u00e9e au d\u00e9veloppement des zones de montagne&nbsp;pour combler le \u00ab\u00a0vide juridique\u00a0\u00bb qui freine l&rsquo;investissement local. Malgr\u00e9 les efforts consentis (PDRZM (Programme de D\u00e9veloppement Rural des Zones de Montagne,&nbsp;Fonds de D\u00e9veloppement Rural (FDR), Tourisme durable, Strat\u00e9gie Nationale de D\u00e9veloppement Durable (SNDD 2030)), les zones montagneuses souffrent encore de&nbsp;disparit\u00e9s territoriales&nbsp;marqu\u00e9es, d&rsquo;un acc\u00e8s limit\u00e9 aux services de sant\u00e9\/\u00e9ducation et d&rsquo;une forte vuln\u00e9rabilit\u00e9 au&nbsp;changement climatique&nbsp;(s\u00e9cheresses r\u00e9currentes, ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques extr\u00eames et stress hydrique). Compte tenu des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents (inondations, glissements de terrain, pertes humaines, taux exceptionnel de remplissage des barrages\u2026), il est grand temps de r\u00e9fl\u00e9chir s\u00e9rieusement \u00e0 l\u2019\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre d\u2019une loi de montagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, une politique de la montagne ne peut prendre corps sans un portage politique et un arbitrage des plus hautes autorit\u00e9s du Royaume en faveur d\u2019une telle politique \u00e9lev\u00e9e au rang de grand enjeu national, mobilisant l\u2019ensemble de l\u2019administration et des acteurs r\u00e9gionaux dans une d\u00e9marche volontaire et participative. Un Conseil national de la montagne est \u00e0 instituer pour tenir compte des sp\u00e9cificit\u00e9s des zones de montagne. <a><\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>(1)<\/strong> Projet DERRO\u00a0: Projet de d\u00e9veloppement Rural du Rif Occidental, ayant d\u00e9marr\u00e9 en 1962.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>(2)<\/strong> P\u00e9rim\u00e8tre DRS\u00a0: P\u00e9rim\u00e8tre de D\u00e9fense et de Restauration des Sols, men\u00e9s par l\u2019Administration des Eaux et For\u00eats.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>(3)<\/strong> Projet Oued Srou\u00a0: r\u00e9alis\u00e9 dans le cadre de la coop\u00e9ration maroco-allemande (r\u00e9gion de Kh\u00e9nifra)<\/li>\n\n\n\n<li><strong>(4)<\/strong> Projet GEF-Rif\u00a0: Gestion participative des \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers du Rif, financ\u00e9 par l\u2019UE<\/li>\n\n\n\n<li><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mustapha El Haddad, Ing\u00e9nieur agronome et Ing\u00e9nieur des Eaux et For\u00eats (Maroc) D\u2019abord, une \u00e9vidence qu\u2019il faut rappeler : l\u2019origine des probl\u00e8mes \u2014 comme des solutions \u2014 observ\u00e9s \u00e0 l\u2019aval des barrages se situe en grande partie \u00e0 l\u2019amont, dans les massifs montagneux qui dominent ces ouvrages, au niveau des bassins versants. 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