{"id":7643,"date":"2026-03-08T13:35:58","date_gmt":"2026-03-08T17:35:58","guid":{"rendered":"https:\/\/maroc-canada.ca\/?p=7643"},"modified":"2026-03-08T14:37:13","modified_gmt":"2026-03-08T18:37:13","slug":"vient-de-paraitre-mots-et-maux-de-la-kabylie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maroc-canada.ca\/?p=7643","title":{"rendered":"Vient de para\u00eetre : \u00a0\u00bbMots et maux de la Kabylie\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>Notre confr\u00e8re <strong>Ahc\u00e8ne Tahraoui<\/strong> <strong>(1)<\/strong> vient de publier son premier livre, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Mots et maux de la Kabylie&nbsp;\u00bb, aux \u00c9ditions BouquinBec de Montr\u00e9al (Canada).<br>Il s\u2019agit d\u2019un ensemble d\u2019articles et de reportages consacr\u00e9s \u00e0 sa r\u00e9gion natale, Tizi Ouzou, et aux \u00e9preuves multiples auxquelles sa population est confront\u00e9e. Il y est question de marginalisation politique et \u00e9conomique, de d\u00e9ni identitaire, mais aussi de r\u00e9sistance culturelle. Cette \u0153uvre litt\u00e9raire se propose de jeter un regard sur la Kabylie contemporaine \u00e0 travers un choix d&rsquo;articles de presse publies dans le journal francophone alg\u00e9rien El Watan.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Voici la pr\u00e9face de ce livre; sign\u00e9e par&nbsp;Emmanuel Galiero, journaliste au Figaro :<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Et si l&rsquo;on songe \u00e0 ce que l&rsquo;on sait du peuple kabyle, sa fiert\u00e9, la vie de ces villages farouchement ind\u00e9pendants, la constitution qu&rsquo;ils se sont donn\u00e9e (une des plus d\u00e9mocratiques qui soit), leur juridiction enfin qui n&rsquo;a jamais pr\u00e9vu de peine de prison tant l&rsquo;amour de ce peuple pour la libert\u00e9 est grand, alors la ressemblance se fait plus forte et l&rsquo;on comprend la sympathie instinctive qu&rsquo;on peut vouer \u00e0 ces hommes.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Comment ne pas penser imm\u00e9diatement \u00e0 ces mots d&rsquo;Albert Camus, couch\u00e9s dans les colonnes d&rsquo;Alger R\u00e9publicain le 5 juin 1939, en d\u00e9couvrant l&rsquo;admirable travail d&rsquo;Ahc\u00e8ne Tahraoui ? Si soixante seize ann\u00e9es s\u00e9parent les deux t\u00e9moins, ils nous apparaissent pourtant, aujourd&rsquo;hui, comme des fr\u00e8res de soleil et de v\u00e9rit\u00e9. Dans son \u00e9difiante enqu\u00eate consacr\u00e9e \u00e0 la Kabylie, Camus avait port\u00e9 la lumi\u00e8re sur l&rsquo;insoutenable mis\u00e8re d&rsquo;un peuple. Il avait expos\u00e9 le r\u00e9el aux regards, un peu g\u00ean\u00e9s, de la conscience et de la responsabilit\u00e9. Et m\u00e9ticuleusement, avec la rigueur de l&rsquo;observateur, il avait trac\u00e9 aussi des pistes pour un monde plus juste \u00e0 construire sur ces terres oubli\u00e9es d&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p>Tahraoui, avec la m\u00eame vigilance professionnelle, faite d&rsquo;impatience, de lucidit\u00e9 et de r\u00e9volte int\u00e9rieure, regarde la Kabylie telle qu&rsquo;elle est. Il ne triche pas. Finalement, ses articles prolongent l&rsquo;\u0153uvre journalistique de Camus en nous immergeant dans le quotidien d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 vivante. Il faut les appr\u00e9cier comme les fruits de dix longues ann\u00e9es de veille passionn\u00e9e et courageuse. Car le courage est sans doute l&rsquo;autre point de convergence que l&rsquo;on pourrait d\u00e9fendre entre ces deux veilleurs. Ils se sont pench\u00e9s, presque ensemble \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de l&rsquo;Histoire, sur le destin d&rsquo;un peuple sans craindre les foudres d&rsquo;un pouvoir dont ils ont montr\u00e9 les limites, l&rsquo;impuissance et les multiples formes de r\u00e9pression. A plus d&rsquo;un titre, les chroniques d&rsquo;Ahc\u00e8ne Tahraoui sont aussi un mod\u00e8le pour les jeunes journalistes. Elles rappellent quelques r\u00e8gles primaires d&rsquo;un m\u00e9tier d&rsquo;artisans, plus proche du labeur ouvrier appliqu\u00e9 que des salons de penseurs autoris\u00e9s. Leur simplicit\u00e9 est leur force. Elles montrent avant de d\u00e9montrer. Elles ont la fra\u00eecheur et l&rsquo;exigence d&rsquo;une vocation, dont les sommets furent d&rsquo;ailleurs finement d\u00e9finis par Albert Camus. \u00ab\u00a0La t\u00e2che de chacun de nous est de bien penser ce qu&rsquo;il se propose de dire, de modeler peu \u00e0 peu l&rsquo;esprit du journal qui est le sien, d&rsquo;\u00e9crire attentivement et de ne jamais perdre de vue cette immense n\u00e9cessit\u00e9 o\u00f9 nous sommes de redonner \u00e0 un pays sa voix profonde.\u00a0\u00bb Fid\u00e8le \u00e0 cet avertissement limpide d&rsquo;Albert Camus, prononc\u00e9 comme un pr\u00e9sage, le 31 ao\u00fbt 1944, dans un \u00e9ditorial visionnaire du journal Combat intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Critique de la nouvelle presse\u00a0\u00bb, un journaliste kabyle nous rappelle aujourd&rsquo;hui l&rsquo;ambition essentielle du m\u00e9tier d&rsquo;\u00e9claireur.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque des habitants d\u00e9sempar\u00e9s de Boumahni, lui confient: \u00ab\u00a0Nous vivons le calvaire\u00a0\u00bb, Ahc\u00e8ne Tahraoui r\u00e9p\u00e8te leurs mots et leurs maux pour mieux nous raconter leur d\u00e9tresse mais il ne montre pas seulement l&rsquo;inqui\u00e9tude d&rsquo;un village. Il r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;insoutenable r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une Kabylie meurtrie, ab\u00eem\u00e9e et pauvre comme elle l&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus de sept d\u00e9cennies plus t\u00f4t. Et cette exigence, toute camusienne, de dire ce que d&rsquo;autres voudraient taire, est un rappel essentiel adress\u00e9 \u00e0 la conscience du lecteur. Car enfin, dans le silence de ces pages d&rsquo;humanit\u00e9 cisel\u00e9es, au-del\u00e0 des anecdotes d&rsquo;un monde de douleurs et d&rsquo;espoirs, Ahc\u00e8ne Tahraoui ne nous offre-t-il pas une saisissante d\u00e9finition de la pers\u00e9v\u00e9rance et de l&rsquo;inlassable m\u00e9tier de t\u00e9moin ?\u2019\u2019&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Au sujet de l\u2019auteur<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>\u00a0(1)<\/strong> <em>Journaliste de formation et de profession, Ahc\u00e8ne Tahraoui est dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019Institut des sciences de l\u2019information et de la communication depuis 1989. Il appartient \u00e0 cette g\u00e9n\u00e9ration qui a accompagn\u00e9, parfois au prix fort, la naissance et l\u2019essor de la presse ind\u00e9pendante en Alg\u00e9rie. Il d\u00e9bute sa carri\u00e8re au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 au quotidien Le Soir d\u2019Alg\u00e9rie, premier journal priv\u00e9 ind\u00e9pendant, fond\u00e9 dans un contexte politique marqu\u00e9 \u00e0 la fois par l\u2019espoir et par de profondes turbulences. Il collabore ensuite au Quotidien d\u2019Alg\u00e9rie avant de rejoindre le journal Libert\u00e9, o\u00f9 il exerce durant treize ann\u00e9es comme correspondant en Kabylie, bas\u00e9 \u00e0 Tizi Ouzou. Ce long ancrage sur le terrain fa\u00e7onne durablement son regard, son \u00e9criture et sa mani\u00e8re d\u2019appr\u00e9hender le r\u00e9el<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il travaille \u00e0 Tizi Ouzou durant les ann\u00e9es les plus sombres de la violence islamiste, \u00e0 partir de 1994, au d\u00e9but de la subversion arm\u00e9e en Kabylie. Cette p\u00e9riode, connue sous le nom de \u00ab d\u00e9cennie noire \u00bb, est marqu\u00e9e par les attentats \u00e0 la voiture pi\u00e9g\u00e9e, les assassinats cibl\u00e9s, les incursions arm\u00e9es dans les villages, le racket des populations, ainsi que par la confiscation des fusils de chasse, souvent retourn\u00e9s contre des civils, des militaires et les services de s\u00e9curit\u00e9<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>En 1995, son ami et confr\u00e8re Sa\u00efd Tazrout, correspondant du quotidien Le Matin, est assassin\u00e9 \u00e0 Tizi Ouzou. Il est alors le troisi\u00e8me journaliste de ce journal tu\u00e9 par les groupes islamistes arm\u00e9s en moins de neuf mois. Le 17 f\u00e9vrier 1996, Achour Belghezli, journaliste \u00e0 l\u2019hebdomadaire Le Pays-Tamurt est assassin\u00e9 dans son bureau, avec Dalila Drideche. Pr\u00e8s d\u2019une centaine de journalistes tomberont sous les balles durant cette p\u00e9riode. Malgr\u00e9 la menace permanente, la peur quotidienne et les risques r\u00e9els qui pesaient sur leurs vies, l\u2019auteur, \u00e0 l\u2019instar de nombreux confr\u00e8res, a continu\u00e9 \u00e0 exercer son m\u00e9tier, convaincu qu\u2019informer, t\u00e9moigner et \u00e9crire relevaient alors d\u2019un acte de courage et de responsabilit\u00e9. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par la suite, Ahc\u00e8ne Tahraoui int\u00e8gre le quotidien El Watan, journal ind\u00e9pendant reconnu pour sa ligne critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard du pouvoir. Il y travaille pendant quatorze ann\u00e9es, jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part en novembre 2021. Cette trajectoire professionnelle, \u00e9tendue sur plus de trois d\u00e9cennies, lui a permis d\u2019observer de l\u2019int\u00e9rieur les mutations de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne, mais aussi les limites impos\u00e9es \u00e0 l\u2019exercice du journalisme d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019attaque aux zones sensibles du r\u00e9cit national. Ce livre r\u00e9unit des articles et des reportages consacr\u00e9s \u00e0 la Kabylie, r\u00e9gion natale de l\u2019auteur, et aux \u00e9preuves multiples auxquelles sa population est confront\u00e9e. Il y est question de marginalisation politique et \u00e9conomique, de d\u00e9ni identitaire, mais aussi de r\u00e9sistance culturelle face \u00e0 un pouvoir central peinant \u00e0 reconna\u00eetre la pluralit\u00e9 linguistique et culturelle du pays. La d\u00e9fense de la langue et de la culture amazighes traverse ces textes comme un fil constant, indissociable de la qu\u00eate de dignit\u00e9 et de justice. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Install\u00e9 au Canada depuis 2021, Ahc\u00e8ne Tahraoui poursuit son engagement journalistique \u00e0 Montr\u00e9al. Il est chroniqueur au mensuel Maghreb Canada Express et s\u2019implique \u00e9galement, \u00e0 titre b\u00e9n\u00e9vole, dans la radio communautaire amazighe Radio Tamazgha. L\u2019\u00e9loignement g\u00e9ographique n\u2019a en rien alt\u00e9r\u00e9 son lien avec la Kabylie ; il lui a, au contraire, offert une distance propice \u00e0 la m\u00e9moire, \u00e0 la r\u00e9flexion et \u00e0 la transmission. Cette note de l\u2019auteur ne revendique pas une neutralit\u00e9 de fa\u00e7ade. Elle affirme une position assum\u00e9e : celle d\u2019un journaliste pour qui t\u00e9moigner, nommer et analyser les injustices rel\u00e8vent non seulement du m\u00e9tier, mais aussi d\u2019une responsabilit\u00e9 morale. Les textes qui suivent s\u2019inscrivent dans cette continuit\u00e9, entre exigence professionnelle, fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 une terre et refus de l\u2019effacement<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre confr\u00e8re Ahc\u00e8ne Tahraoui (1) vient de publier son premier livre, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Mots et maux de la Kabylie&nbsp;\u00bb, aux \u00c9ditions BouquinBec de Montr\u00e9al (Canada).Il s\u2019agit d\u2019un ensemble d\u2019articles et de reportages consacr\u00e9s \u00e0 sa r\u00e9gion natale, Tizi Ouzou, et aux \u00e9preuves multiples auxquelles sa population est confront\u00e9e. 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