Correspondance du Maroc par Abderrazaq MIHAMOU
Dans une rencontre qui restera gravée dans les mémoires par son intensité dramatique, l’Algérie a fini par faire plier la RD Congo (1-0) au bout de la seconde période des prolongations. Un succès acquis « à l’arrachée » qui propulse les Verts vers le sommet, mais non sans avoir tremblé jusqu’à l’ultime seconde.
Le film du match : Un mur jaune infranchissable
Le coup d’envoi a donné le ton d’une rencontre très disputée entre deux formations de niveau proche. Fidèles à leur réputation, les Congolais ont opposé une résistance de qualité, tenant tête aux velléités algériennes avec une organisation maîtrisée. Ce face-à-face équilibré a duré 118 minutes, durant lesquelles aucune équipe n’a réussi à forcer le verrou adverse. Alors que la fatigue entamait la lucidité des joueurs, l’issue de ce duel semblait désormais promise à la séance des tirs au but.
Le dénouement : La délivrance à la 118ème minute
C’est alors que le match a basculé dans l’irréel. À la fin de la seconde période des prolongations, alors que le quatrième arbitre s’apprêtait à annoncer le temps additionnel, l’Algérie a jeté ses dernières forces dans la bataille. Sur un ultime débordement côté droit, un centre millimétré a trouvé la tête de l’avant-centre algérien qui, d’une détente rageuse, a logé le ballon dans la lucarne opposée. Le stade a explosé : l’Algérie l’emporte sur le fil, évitant de justesse la loterie des penalties.
Analyse technique du match
1. La résilience algérienne (La « Grinta »)
L’Algérie n’a pas produit un football intéressant , mais elle a fait preuve d’une force mentale supérieure. Le mérite revient à la gestion du banc de touche : les entrées en jeu en fin de match ont apporté la fraîcheur nécessaire pour maintenir la pression sur des Congolais épuisés. C’est cette capacité à y croire jusqu’à la 120ème minute qui définit aujourd’hui l’ADN de cette équipe.
2. Le verrou Congolais a failli réussir
Tactiquement, la RDC a frôlé le hold-up parfait. En acceptant de subir le jeu (seulement 35% de possession), les Léopards ont parfaitement fermé les intervalles, empêchant les milieux créateurs algériens de trouver des passes de rupture. Leur transition défense-attaque a été dangereuse, obligeant la défense algérienne à rester vigilante sur chaque contre-attaque.
3. Les points à améliorer pour les Verts
Si la victoire est là, l’analyse doit souligner un manque d’efficacité chronique devant le but. Face à un bloc bas, l’Algérie a parfois manqué de variété dans ses attaques, s’enfermant dans des centres prévisibles. Le milieu de terrain a également connu des périodes de flottement, laissant trop d’espaces entre les lignes lors des pertes de balle.
Côte d’Ivoire – Burkina Faso : Un « Derby » de feu pour clore le premier tour
Le bouquet final de cette phase de groupes nous a offert un duel fratricide entre les Éléphants de Côte d’Ivoire et les Étalons du Burkina Faso. Dans une ambiance incandescente, les deux voisins se sont livrés une bataille sans merci, confirmant que le chemin vers le sacre sera semé d’embûches.
Les Éléphants face au mur des Étalons
Si la Côte d’Ivoire est entrée sur la pelouse avec le statut de favori, elle a très vite compris que le Burkina Faso ne se laisserait pas dompter facilement. Fidèles à leur réputation de guerriers, les Étalons ont opposé une discipline tactique exemplaire et une solidarité de tous les instants.
Malgré les assauts répétés des attaquants ivoiriens, le rideau défensif burkinabé a tenu bon pendant une grande partie de la rencontre. Les Éléphants, bien que dominateurs techniquement, ont parfois manqué de réalisme devant le but, butant sur un gardien adverse en état de grâce. Ce match, d’une intensité physique rare, a servi de véritable test de résistance pour les deux formations avant d’attaquer les matchs à élimination directe.
Analyse : Un tournant psychologique
Pour les Éléphants, ce dernier match avant les quarts agit comme une piqûre de rappel : le talent brut ne suffira pas face à des blocs soudés. Pour les Étalons, ce résultat est une injection de confiance monumentale ; ils prouvent qu’ils peuvent regarder les cadors du continent dans les yeux.
Désormais, l’erreur n’est plus permise. La phase de calculs est terminée, place à l’adrénaline pure des matchs couperets. Les supporters retiennent leur souffle : le sommet de l’Afrique n’a jamais semblé aussi proche, mais le plus dur reste à faire pour ces huit prétendants à la gloire éternelle.
Tableau des rencontres du quart de final :
| Match | Affiche |
| Quart 1 | Algérie / Nigeria |
| Quart 2 | Maroc / Cameroun |
| Quart 3 | Sénégal / Mali |
| Quart 4 | Egypte/Côte d’ivoire |
Pour les huit nations rescapées de ce « Grand Huit », l’heure de vérité a sonné : elles entrent désormais dans une phase où le talent pur doit se doubler d’une force mentale à toute épreuve pour espérer toucher le Graal. Mais au-delà des exploits sportifs, cette édition restera dans les annales par la perfection de son organisation, offrant une vitrine étincelante au football africain. En proposant des infrastructures de classe mondiale et une logistique sans faille, le Maroc a placé la barre extrêmement haut, fixant un nouveau standard d’excellence pour les prochaines CAN. C’est donc dans cet écrin de prestige, entre ferveur populaire et rigueur professionnelle, que les Lions de l’Atlas, les Léopards et leurs six concurrents s’apprêtent à écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du sport continental.