Le président du Gouvernement kabyle en exil, Ferhat Mehenni, accompagné d’une délégation de cadres et de militants, se trouve au Canada depuis le 25 février. Il s’agit de la première visite de travail depuis la proclamation de la déclaration d’indépendance de la Kabylie, le 14 décembre dernier à Paris. L’objectif de cette visite constitue une aubaine pour plaider la cause kabyle et le projet de la République fédérale de Kabylie auprès des institutions canadiennes. C’est dans cette optique que la délégation du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) a rencontré, le 25 février à Ottawa, au Parlement du Canada, plusieurs députés fédéraux. Pour le MAK, cette sortie au pays de l’érable s’inscrit dans le cadre d’une démarche diplomatique engagée en faveur de la reconnaissance internationale de la Kabylie.

Le président Mehenni, accompagné d’une délégation composée de cadres de l’ANAVAD, de représentants du MAK ainsi que d’amis de la Kabylie, a eu une série d’échanges consacrés à la situation de la Kabylie. Il a exposé aux élus fédéraux le contexte politico-historique ayant conduit à ces décisions, ainsi que les implications régionales et internationales qu’emporterait la concrétisation de l’indépendance, a-t-on appris de sources proches du MAK.

Parmi les parlementaires rencontrés figuraient notamment le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, ainsi que son prédécesseur Mario Beaulieu, aux côtés d’autres députés engagés sur des dossiers internationaux majeurs : droits humains, protection de l’environnement, droits des peuples autochtones et développement durable.

Au cours des entretiens, il a également été question de « solliciter l’appui des responsables politiques canadiens en vue d’une éventuelle reconnaissance officielle de la déclaration d’indépendance et de la nouvelle République par le gouvernement du Canada, lorsque la demande formelle sera introduite ». Le 28 février, le président Mehenni était à l’Université du Québec à Montréal, où il a animé, en présence du directeur des relations internationales Karim Achab, une conférence intitulée : « La Kabylie et les nations sans État face aux bouleversements géopolitiques contemporains ».

L’orateur a rappelé la naissance de la République kabyle en exil et dénoncé la politique génocidaire de l’État algérien depuis l’indépendance du pays en 1962, passant en revue les arrestations massives de militants, les détentions politiques, les condamnations arbitraires, les actes de torture, la falsification de preuves et l’instrumentalisation de la justice.

Selon Ferhat Mehenni, cette visite au Canada vise à porter la question kabyle dans les débats internationaux.

Ont également pris la parole plusieurs personnalités kabyles et québécoises, dont : Gilles Duceppe, ancien chef du Bloc québécois ; Mario Beaulieu, député de La Pointe-de-l’Île ; Karim Achab, directeur des relations internationales auprès du président de l’ANAVAD ; Denis Trudel, ancien député de Longueuil–Saint-Hubert ; David Bensoussan, historien et ancien président de la Communauté sépharade unifiée du Québec.

Par Mbarek El Azzaoui

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