Par Abderrazaq MIHAMOU pour « Maghreb Canada Express »

Le 11 marocain a frappé fort. Très fort. Dans un huitième de finale longtemps indécis, les Lions de l’Atlas ont fini par terrasser le Canada avec autorité sur le score de 3-0, validant ainsi leur billet pour les quarts de finale de la Coupe du Monde 2026™. Une victoire éclatante, construite avec patience, intelligence et une remarquable maîtrise tactique sous la direction de Mohamed Ouahbi.

Face à une équipe canadienne intense, agressive et fidèle au pressing haut imposé par Jesse Marsch, les Marocains ont d’abord souffert avant de renverser totalement le scénario du match. À Houston, le Maroc n’a pas seulement gagné : il a envoyé un message clair à la concurrence.

Une première période sous pression

Dès les premières minutes, le Canada a imposé un rythme élevé. Présents dans les duels, rapides à la récupération et très agressifs sur les deuxièmes ballons, les Nord-Américains ont longtemps empêché les Lions de l’Atlas de poser leur jeu.

Le Maroc, prudent, a choisi de faire le dos rond. Pendant 45 minutes, les hommes de Mohamed Ouahbi ont semblé contenus, parfois étouffés par l’intensité canadienne. Les fautes se sont multipliées, les transmissions manquaient de fluidité, et les cadres marocains peinaient à trouver les espaces.

À la pause, le score de 0-0 ne reflétait pas totalement la physionomie d’une première période dominée territorialement par le Canada. Mais derrière cette apparente souffrance, le piège marocain se préparait.

La tactique magique de  Ouahbi change tout

Au retour des vestiaires, le match a basculé. Mohamed Ouahbi a procédé à des ajustements décisifs, sans bouleverser son organisation initiale. L’idée était claire : laisser le Canada s’exposer, aspirer son bloc, puis frapper dans les espaces laissés libres.

Ce choix tactique s’est révélé fatal pour les Canadiens. Plus patients, plus précis et plus tranchants, les Lions de l’Atlas ont progressivement pris le contrôle du ballon et du tempo. Le pressing canadien, si efficace en première période, s’est fissuré face à la qualité technique marocaine.

En seconde mi-temps, le Canada a disparu du débat. Le Maroc, lui, a déroulé.

Ounahi en patron, Díaz en chef d’orchestre, Rahimi en finisseur

Le réveil marocain a été incarné par ses hommes forts. À la 49e minute, Azzedine Ounahi a libéré les siens en ouvrant le score, donnant au Maroc l’élan dont il avait besoin. Plus influent après la pause, le milieu marocain a ensuite signé un doublé somptueux à la 81e minute, crucifiant une défense canadienne dépassée.

Autour de lui, Brahim Díaz a joué un rôle essentiel. Par ses déplacements, ses dribbles et sa qualité d’orientation, il a fluidifié les transitions marocaines et cassé les lignes adverses. Chaque accélération a semblé rapprocher un peu plus le Canada de la rupture.

Puis Soufiane Rahimi a scellé le triomphe dans le temps additionnel. Entré en jeu plus tôt dans la rencontre, l’attaquant a été récompensé de ses efforts à la 90+7e minute, inscrivant le troisième but marocain et confirmant la supériorité des Lions.

“On a très bien réagi en deuxième période, sur les deuxièmes ballons et dans les duels notamment. On a pu exploiter les espaces qu’ils nous ont laissés. C’était la clé.” Disait Mohamed Ouahbi, sélectionneur du Maroc

La France passe, mais sans convaincre

Le prochain adversaire du Maroc sera la France. Les Bleus ont eux aussi validé leur qualification pour les quarts de finale, mais dans un registre bien différent. Là où le Maroc a impressionné par sa maîtrise et son efficacité, la France a dû se contenter d’une courte victoire, arrachée dans la difficulté.

Moins flamboyante, parfois bousculée, l’équipe de France a fait parler son expérience et son réalisme pour préserver son avantage jusqu’au coup de sifflet final. Une qualification précieuse, certes, mais loin d’être totalement rassurante.

Ce succès étriqué rappelle toutefois que les Bleus restent une nation redoutable, habituée aux grands rendez-vous et capable de faire basculer une rencontre sur une action, un détail ou un éclair individuel.

Un quart de finale sous haute tension

Le décor est désormais planté : Maroc-France, un choc aux allures de sommet. D’un côté, des Lions de l’Atlas en pleine confiance, portés par une victoire éclatante et une dynamique collective impressionnante. De l’autre, une équipe de France moins séduisante, mais toujours dangereuse, forte de son expérience et de son statut.

Le Maroc avance avec certitude. La France prévient sans briller. Entre l’élan marocain et le réalisme français, ce quart de finale promet une bataille intense, tactique et émotionnelle.

À Houston, les Lions ont rugi. Désormais, c’est la France qui les attend.

By AEF