Par Abderrazaq Mihamou pour MCE
L’affiche promettait une bataille homérique, un choc des titans. Au lieu de cela, le public a assisté à un monologue. Face à une équipe de France impitoyable de réalisme, le Maroc a sombré corps et âme, brisé par un match à sens unique où les Lions de l’Atlas sont apparus totalement méconnaissables. Dans ce naufrage collectif, un seul homme a maintenu la tête hors de l’eau « Yassine Bono ». Comme dernier rempart d’un navire en perdition
Si le score final s’avère cruel, il aurait pu être historiquement humiliant sans la performance monumentale de son gardien. Seul au monde, abandonné par une arrière-garde aux abonnés absents, Yassine Bono a multiplié les miracles.
Le point d’orgue de son match restera le penalty accordé à la France. Face à lui, Kylian Mbappé. Dans un duel psychologique intense, le portier marocain a détendu son immense carcasse pour repousser la tentative de la star française, déclenchant l’unique explosion de joie de la soirée côté marocain. Au-delà de cet exploit, Bono a enchaîné les parades réflexes et les sorties aériennes autoritaires, s’érigeant en unique motif de fierté sur la pelouse. Il était, à lui seul, le Maroc ce soir.
Des cadres méconnaissables et dépassés
Hélas, le football se joue à onze. Derrière les exploits de leur gardien, le reste de l’équipe a affiché une apathie générale des plus déconcertantes. Où était passée la grinta habituelle des Lions ?
Le milieu de terrain, d’ordinaire maître du tempo, a été totalement englouti par l’impact physique et la vitesse de projection des Français.
La défense, habituellement si hermétique, a multiplié les fautes de concentration inédites à ce niveau, offrant des boulevards aux attaquants tricolores.
L’attaque, quant à elle, est restée invisible, incapable de déstabiliser un rideau défensif français serein.
« Nous n’étions tout simplement pas là. Heureusement que Yassine (Bono) a sorti le match de sa vie, sinon l’addition aurait été bien plus lourde. C’est inexplicable », confiait un cadre de l’équipe en zone mixte.
La France en démonstration
En face, les Bleus n’en demandaient pas tant. Profitant de chaque largesse marocaine, les attaquants français ont déroulé leur football avec un cynisme clinique. À aucun moment le Maroc n’a donné l’impression de pouvoir inverser le scénario de ce match, le transformant en un long chemin de croix pour les supporters.
Une défaite qui n’efface pas le statut de pionnier
Si la pilule est amère, l’heure est au recul. Ce lourd revers, aussi frustrant soit-il, ne doit pas faire oublier la réalité du football moderne , le Maroc reste le patron incontesté du football arabe et africain.
Première nation de son continent et du monde arabe au classement, le Maroc conserve un statut de pionnier et de géant respecté que ce match manqué ne saurait détruire. Les Lions de l’Atlas sont tombés ce soir, mais leur trône, lui, reste intact. Ouhabi et son staff technique va devoir analyser ce jour sans pour rebondir, car les prochains sommets attendent déjà les rois d’Afrique. DIMA MAGHRIB