Par Abderrazaq MIHAMOU pour MCE
Il y a des éliminations qui ressemblent à des victoires manquées de peu. Ce soir-là, deux d’entre elles ont marqué le tournoi de leur empreinte, laissant derrière elles moins des vaincus que des équipes ayant regardé les futurs finalistes droit dans les yeux, sans jamais ciller.
L’Angleterre, plus forte qu’une Belgique héroïque
Face aux Diables Rouges, l’Angleterre de Harry Kane n’a jamais eu la partie facile. La Belgique, souvent annoncée sur le déclin, a livré une résistance d’une intensité rare, refusant de se laisser distancer malgré la pression constante des Three Lions. Chaque duel a été disputé comme une bataille de tranchée, chaque récupération arrachée dans la douleur. Mais dans les moments décisifs, ceux où le talent individuel finit par faire pencher la balance, Kane et ses coéquipiers ont su trouver la faille. Une victoire méritée, mais qui n’efface en rien la prestation admirable des Belges, tombés à un souffle de l’exploit.
La Suisse, à dix, plus grande que jamais
Le récit argentin, lui, s’est écrit dans des circonstances encore plus dramatiques. Réduite à dix dès la première période, la Suisse aurait pu s’effondrer. Elle a fait l’inverse. Repliée, disciplinée, habitée d’un courage collectif rarement vu à ce stade d’une Coupe du Monde, l’équipe helvétique a longtemps tenu tête à une Albiceleste pourtant portée par un Lionel Messi toujours aussi lucide dans la gestion du jeu. Les Suisses ont couru pour deux, défendu pour trois, et ont manqué la qualification de si peu que leur sortie du tournoi laisse un goût amer de grandeur inaccomplie. Messi et les siens l’ont emporté, mais ils savent ce qu’ils doivent à l’abnégation suisse : un match référence, de ceux qui grandissent une compétition davantage qu’ils ne la décident.
Le carré final est tracé
Voici donc venu le temps des demi-finales, et l’affiche ne pouvait être plus prestigieuse. D’un côté, France et Espagne s’apprêtent à en découdre dans un choc qui sent déjà la finale avant l’heure. De l’autre, Angleterre et Argentine, Kane face à Messi, deux générations et deux philosophies du jeu qui se percutent dans une rencontre de très haute facture. Deux affiches dignes d’un dernier acte, deux confrontations qui auraient largement mérité de se jouer un tour plus tard.
La morale d’un Mondial déjà exceptionnel
Si cette Coupe du Monde doit retenir une leçon, c’est bien celle-ci : toutes les équipes ayant franchi le premier tour ont démontré un football de très haut niveau, sans exception. Aucune place n’a été laissée au hasard, aucune qualification n’a été offerte. Un tel niveau de densité et d’intensité collective présage d’ores et déjà d’une Coupe du Monde 2030 hors norme, répartie entre le Maroc, l’Espagne et le Portugal, où seules les très grandes équipes, celles capables d’allier talent et abnégation, pourront espérer survivre jusqu’aux derniers tours.