Par Abderrazaq MIHAMOU pour MCE
Il n’y a pas eu de suspense, pas de frisson, pas de renversement de situation. La demi-finale entre la France et l’Espagne s’est jouée dans un seul sens, du début à la fin. Score final : 2-0 pour la Roja, qui rejoint la finale avec l’autorité tranquille des grands d’Europe.
Les Bleus, attendus comme l’un des favoris du tournoi, sont rentrés au vestiaire avec des regrets plein les crampons et une question lancinante : où est passée cette équipe de France que l’on croyait capable de tout ?
Yamal, encore et toujours
Si l’Espagne a une arme absolue dans cet Euro, elle a un nom, un âge qui donne le vertige, et un talent qui laisse sans voix : Lamine Yamal. Le prodige du FC Barcelone a, une nouvelle fois, été l’architecte du danger espagnol. Insaisissable sur son côté droit, il a multiplié les dribbles, les décalages et les situations dangereuses.
C’est lui qui se trouve à l’origine du penalty transformé par les siens — un geste d’intelligence dans la surface, une faute provoquée avec le sang-froid d’un vétéran. À son âge, cette maîtrise confine au prodige. Les défenseurs français, pourtant expérimentés, n’ont tout simplement pas trouvé la solution.
« On ne peut pas arrêter Yamal avec de la tactique seule. Il faut de la vitesse, de l’anticipation, et un peu de chance. Ce soir, on n’avait aucun des trois. » — dans les couloirs, l’amertume française résumait ainsi l’impuissance collective.
Une Espagne sérieuse, dynamique, implacable
Ce qui frappe le plus dans le jeu espagnol, c’est cette sérénité. Jamais bousculée, jamais précipitée, la Roja a déroulé son football collectif avec une fluidité déconcertante. Les combinaisons courtes, la pression haute, la récupération rapide du ballon : tout semblait huilé, répété mille fois à l’entraînement.
Face à une France qui cherchait ses repères, l’Espagne a imposé son tempo dès les premières minutes. Le deuxième but, fruit d’une transition foudroyante, a définitivement scellé le sort des Bleus et libéré la Roja pour le reste de la rencontre.
L’Espagne ne gagne pas par chance. Elle gagne parce qu’elle joue mieux, collectivement, depuis le début du tournoi.
La déception française
Du côté des Bleus, c’est la désillusion. Une équipe qui avait suscité tant d’espoirs, portée par une génération dorée, repart sans avoir vraiment existé dans ce match. Le manque de créativité, l’incapacité à fixer la défense espagnole, et une fébrilité inhabituelle dans les duels ont signé l’arrêt de mort d’un tournoi qui promettait pourtant beaucoup.
Les supporters français, venus en nombre, ont regardé avec une tristesse croissante leur équipe sombrer sans combattre vraiment. La France n’a pas perdu sur un coup du sort : elle a été dominée, techniquement et tactiquement.
En finale : l’Espagne attend son adversaire
L’Espagne est donc en finale. Elle y attend le vainqueur de l’autre demi-finale, qui opposera l’Angleterre à l’Argentine — le dernier survivant de l’Amérique latine dans cette compétition européenne. Un choc des cultures footballistiques s’annonce.
Quel que soit son adversaire, la Roja aborde cette finale avec les meilleures armes , un collectif soudé, un Yamal en état de grâce, et une confiance que rien ne semble pouvoir ébranler.
L’Espagne ne joue pas pour participer. Elle joue pour gagner. Et ce soir, contre la France, elle l’a prouvé avec éclat.