Le discours prononcé par le Roi Mohammed VI ce mercredi 29 juillet 2026 s’inscrit comme un manifeste de maturité pour le Royaume. Célébrant ses 27 ans de règne, le Souverain a délaissé les postures d’annonce pour livrer une feuille de route axée sur la consolidation des acquis, la résilience économique et l’affirmation d’une souveraineté stratégique décomplexée.
Voici l’analyse des grands axes de cette orientation royale.
Le pacte de stabilité, clé de voûte du modèle marocain
Dans un environnement mondial fragmenté, le Souverain a érigé la stabilité institutionnelle et politique du pays en valeur refuge. Ce « capital immatériel » n’est pas présenté comme un statut figé, mais comme un levier dynamique. L’hommage appuyé à la gestion de crise lors des récentes inondations dans le Nord et le Gharb illustre cette doctrine : la réactivité de l’?tat face aux aléas climatiques devient le baromètre de sa solidité.
Le grand basculement industriel
L’économie marocaine récolte les fruits de sa diversification. Le discours consacre une transition historique : les secteurs à haute valeur ajoutée, comme l’automobile et l’aéronautique, surclassent désormais le domaine historique des phosphates en représentant plus de 40 % des exportations globales. Soutenue par une croissance robuste de 4,9 % en 2025 et portée par un secteur touristique record aux 20 millions de visiteurs, la trajectoire macroéconomique du pays s’affirme.
La souveraineté décarbonée et technologique
L’avenir se jouera sur le terrain de l’autonomie et de la transition énergétique.
- L’hydrogène vert : Le coup d’envoi de l’« Offre Maroc » pose les jalons d’une indépendance énergétique couplée à une ambition d’exportation vers l’Europe.
- L’autosuffisance : En affichant un taux de couverture de 80 % pour ses besoins pharmaceutiques et agroalimentaires, le Royaume sécurise ses fondamentaux.
- La défense : L’accent mis sur l’émergence d’une industrie de défense et de cybersécurité nationale marque une volonté claire de s’affirmer en tant que puissance régionale autonome.
Le rappel à l’ordre du secteur financier
Le message royal s’est fait particulièrement direct à l’égard du monde de la finance. Tout en saluant la solidité du système bancaire, le Roi a exigé une implication plus audacieuse dans le tissu économique réel. Les banques sont pressées de dépasser les logiques de rente pour devenir de véritables partenaires du risque, en facilitant l’accès au crédit pour les PME, l’innovation technologique et les entreprises orientées vers l’export.
Un cap fixé au-delà des urnes
? l’aube du prochain scrutin législatif, le Souverain a pris de la hauteur par rapport au calendrier électoral. En évoquant l’après-2026, il a tracé les contours des priorités du futur exécutif. Quel que soit le paysage politique à venir, la mission reste inchangée : assurer la continuité des grands chantiers sociaux, réduire les disparités territoriales et sanctuariser les réformes de structure.
Par A.M. El Atlassi (TÉMOIGNAGES ET ANALYSE)