Maroc : ‘’On n’a pas de pétrole, mais on a des idées’’

Il y a bien-sûr les satellites : le satellite Mohammed VI A  lancé le 8 novembre 2017 par un lanceur Vega depuis le Centre spatial de Kourou. Le lancement du deuxième satellite (Mohammed VI B) est effectué avec succès le 21 novembre 2018.

Il y a aussi Imad Morchid, jeune ingénieur marocain âgé de 25 ans, qui a conçu une voiture électrique 100% marocaine.  Une voiture sportive 100% électrique, pensée, développée et produite au Maroc.

Mais il y a surtout cette femme qui a développé une idée, pour le moins brillante, lutter contre les pénuries d’eau dans une région du royaume touchée par des sécheresses à répétition. Il s’agit ni plus ni moins que de piéger le brouillard pour le transformer en eau potable.

Il; s’agit de Jamila Bargach qui, avec son associé Dr Aissa Derhem, créa en 2010, la fondation Dar Si Hmad, dont la mission est de venir en aide aux communautés de la région sud-ouest du Maroc.

Cette région a souffert de nombreuses sécheresses qui ont profondément affecté les communautés locales. À cette difficulté s’ajoute le manque des infrastructures nécessaires à la fourniture d’eau potable.

Selon Le journal Haaretz, la fondation Dar Si Hmad a installé un système de captage de brouillard qui en condense l’humidité pour la transformer en eau liquide distribuée ensuite dans la région d’Aït Baamrane. De larges filets sont ainsi plantés dans la roche pour capter le brouillard et le transformer en eau potable.

Le plus modestement du monde, Jamila Bargach explique que la technique derrière la collecte de l’eau du brouillard est toute simple : « Si vous pensez à un filet de volley-ball que le matin vous trouvez mouillé à cause de l’humidité recueillie, c’est le même principe » souligne-t-elle.

En tout et pour tout, 16 villages de la région d’Aït Baamrane bénéficient de ce projet. La fondation entend toucher d’autres villages. « Nous sommes en train d’étendre les projets et j’espère que nous connecterons au moins huit autres villages, sinon 12, en fonction du financement dont nous disposons », avait jouté Jamila Bargach.

Pénurie d’eau

Pour faire face à la pénurie d’eau dont souffre le pays, le gouvernement marocain a demandé aux autorités locales et régionales de prendre des mesures urgentes pour contrer  le gaspillage de l’eau.

L’alerte a été donnée par l’institut l’Economist Intelligence Unit, qui a publié un rapport sur les menaces écologiques en Afrique, précisant que la région nord ainsi que le bassin Méditerranéen en général figuraient déjà dans les projections des zones géographiques les plus exposées à des niveaux élevés et extrêmes de pénuries d’eau.

Plus précisément, le rapport classe le Maroc dans les régions les plus touchées par la raréfaction de l’eau. Ainsi, le royaume est cité dans la zone de risque « extrêmement élevé » avec une consommation supérieure à 80 % de ses ressources en eau.

Cette situation inquiétante est le résultat de « l’urbanisation galopante, la croissance démographique, le changement climatique et le développement économique » qui exercent une pression sur les systèmes d’approvisionnement en eau, note l’étude.

Selon les données, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye seraient les seuls pays du continent africain à subir cette menace, est-il précisé.

Par ailleurs, et pour faire face à la problématique de stress hydrique qui menace le Maroc, le gouvernement a demandé en plus aux autorités locales de prendre des mesures urgentes, pour garantir une gestion rationnelle des ressources en eau disponibles.

Ainsi, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit a recommandé d’« activer les Commissions préfectorale et provinciales prévues par l’article 89 de la loi 36-15 relative à l’eau », indique un communiqué du ministère.

Cette disposition légale a pour objectif d’« assurer la coordination et le suivi de la mise en œuvre des actions nécessaires à une gestion rationnelle des ressources en eaux disponibles pour la préservation de la ressource et garantir l’approvisionnement en eau potable dans les conditions satisfaisantes ».

D’autres « actions complémentaires » telles que le lancement de campagnes de sensibilisation à la protection des ressources en eau et à la rationalisation de la consommation d’eau, sont également prévues.

Laftit a par ailleurs invité les autorités locales à interdire le lavage des voies et places publiques à partir des eaux conventionnelles. C’est également le cas pour les prélèvements illicites d’eau au niveau des forages, des puits, des sources, des cours d’eau et des canaux d’irrigation.

Par Mustapha Bouhaddar pour Maghreb Canada Express, Vol. XX, N°08 , page 04, MOIS D’AOÛT 2022 .

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