Correspondance du Maroc par Abderrazaq MIHAMOU

Le rideau est tombé ce mercredi 31 décembre sur une phase de groupes intense. Sans surprise majeure lors de l’ultime journée, le tableau des huitièmes de finale est désormais figé. Après deux jours de trêve bien mérités, la compétition entrera dans sa phase la plus impitoyable le 3 janvier : là où l’erreur ne pardonne plus.

Une dernière journée sous contrôle

La journée du 31 décembre n’aura pas été celle des séismes. Les favoris ont tenu leur rang, confirmant la hiérarchie attendue. L’Algérie a terminé son sans-faute en dominant la Guinée équatoriale (3-1), tandis que le Cameroun et la Côte d’Ivoire ont assuré l’essentiel pour valider leurs tickets. Le Burkina Faso, victorieux du Soudan (2-0), s’est offert une place de choix pour la suite des événements.

Avec ces résultats, le puzzle du tableau final a été complété, offrant des affiches de haut vol dès l’entame de l’année 2026.

Le calendrier des 8èmes de finale

Après une pause de 48 heures (1er et 2 janvier) pour permettre aux organismes de récupérer, le tournoi reprendra ses droits. Voici le programme complet de la phase à élimination directe :

Samedi 3 janvier  :

  • Sénégal vs Soudan : Tanger à 17h00
  • Mali vs Tunisie        : Casablanca à 20h00

Dimanche 4 janvier :

  • Maroc vs Tanzanie : Rabat à 17h00
  • Afrique du Sud vs Cameroun : Rabat à 20h00

Lundi 5 janvier :

  • Égypte vs Bénin : Agadir à 17h00
  • Nigeria vs Mozambique : Fès à 20h00

Mardi 6 janvier :

  • Algérie vs RD Congo : Rabat à 17h00
  • Côte d’Ivoire vs Burkina Faso : Marrakech à 20h00

L’analyse : Entre chocs de titans et pièges à éviter

Si certaines affiches semblent déséquilibrées sur le papier, comme Nigeria-Mozambique ou Égypte-Bénin, deux duels retiennent particulièrement l’attention des observateurs :

  •  Algérie – RD Congo : Un véritable test pour les Fennecs de Vladimir Petkovic face à des Léopards toujours imprévisibles.
  •  Afrique du Sud – Cameroun : Un classique du football africain qui promet une intensité électrique au stade El Madina.

Pour le pays hôte, le Maroc, la confrontation face à la Tanzanie le dimanche 4 janvier s’apparente à une « finale avant la lettre ». Les Lions de l’Atlas savent qu’en cas de succès, le chemin pourrait croiser celui du Cameroun ou de l’Afrique du Sud en quarts.

Désormais, le calcul n’existe plus. C’est gagner ou rentrer à la maison, » résume un consultant technique de la CAF.

La trêve de deux jours est le calme avant la tempête. Dès samedi, le Maroc vibrera au rythme de l’élimination directe, là où les erreurs de concentration se paient cash au prix d’une élimination.

Focus sur les 8es de finale – Les chocs à la loupe

Alors que la phase de groupes a rendu son verdict, le tableau final propose des confrontations aux trajectoires radicalement différentes. Entre quête de rachat, confirmation de statut et rivalités régionales, voici l’analyse des cinq affiches phares.

1. Maroc – Tanzanie : La gestion de l’émotion (4 janv.)

L’enjeu : Pour le pays hôte, ce match est tout sauf une formalité. Après un premier tour maîtrisé, les Lions de l’Atlas entrent dans la « zone de turbulence » où la pression populaire devient un facteur à double tranchant.

  • L’analyse : Walid Regragui devra composer sans doute avec un bloc tanzanien très bas et compact. La clé résidera dans la capacité des milieux créatifs (Ounahi, Aynaoui et Diaz) à trouver des failles rapidement pour éviter que le doute ne s’installe.
  • Le duel clé : Achraf Hakimi face à la vitesse de transition des ailiers tanzaniens.

2. Algérie – RD Congo : Le crash-test de Petkovic (6 janv.)

L’enjeu : C’est sans doute l’affiche la plus équilibrée techniquement. L’Algérie sort d’un sans-faute, mais la RD Congo de Sébastien Desabre est une équipe bâtie pour les matches à élimination directe, solide et résiliente.

  • L’analyse : Les Fennecs ont retrouvé de l’allant offensif, mais leur équilibre défensif sera testé par la puissance physique des Léopards. Si l’Algérie impose son rythme au milieu, elle passera ; si le match devient un combat physique de transitions, la RDC aura l’avantage.
  • Le duel clé : Ismaël Bennacer face au bloc médian congolais.

3. Afrique du Sud – Cameroun : Le choc des cultures (4 janv.)

L’enjeu : Un classique africain entre la technicité léchée des « Bafana Bafana » et la puissance historique des « Lions Indomptables ».

  • L’analyse : Le Cameroun a montré des signes de fragilité en défense lors des poules, mais leur ADN de compétiteurs les rend redoutables dès que le couperet tombe. L’Afrique du Sud, forte de son ossature issue de Mamelodi Sundowns, mise sur une possession de balle étouffante.
  • Le duel clé : La charnière centrale camerounaise face à la mobilité de Percy Tau.

4. Côte d’Ivoire – Burkina Faso : Le derby du « Voisinage » (6 janv.)

L’enjeu : Une rivalité ouest-africaine intense. Les Éléphants, tenants du titre (2023), ont une revanche à prendre sur leur propre régularité face à des Étalons qui ne craignent personne.

  • L’analyse : Le Burkina Faso est une équipe de tournoi, capable de fulgurances tactiques. La Côte d’Ivoire, portée par ses individualités (Adingra, Haller), devra faire preuve de maturité pour ne pas tomber dans le piège de l’énervement ou de la précipitation.
  • Le duel clé : Edmond Tapsoba (Burkina) face à Sébastien Haller (Côte d’Ivoire).

5. Mali – Tunisie : L’échec et mat tactique (3 janv.)

L’enjeu : Deux équipes qui se connaissent par cœur. Ce match s’annonce comme une bataille tactique où le moindre détail — ou coup de pied arrêté — fera la différence.

  • L’analyse : La Tunisie excelle dans l’art de « pourrir » le jeu de l’adversaire pour mieux frapper en contre. Le Mali possède l’un des meilleurs milieux de terrain du continent (Bissouma, Camara) mais pèche souvent par manque de réalisme offensif.
  • Le duel clé : Le milieu malien contre l’organisation défensive des Aigles de Carthage.

By AEF