Correspondance du Maroc par Abderrazaq MIHAMOU (1)
Le 10 janvier 2026 restera gravé dans les annales du football africain. Au terme d’une journée de quarts de finale haletante, le tableau des demi-finales est désormais officiel. Avec la qualification de l’Algérie, du Nigeria, de la Côte d’Ivoire et de l’Égypte, le tournoi s’offre un dernier carré royal. Analyse d’une journée où la tactique l’a disputé à l’émotion.
Algérie – Nigeria : Le choc des ambitions contrariées
C’était le rendez-vous censé marquer le retour aux affaires des Fennecs, mais le terrain a livré un verdict bien plus cruel. Face à l’agressivité et à la détermination sans faille des Super Eagles, l’Algérie a affiché un visage terne, prisonnière d’une possession stérile et d’un manque criant de solutions offensives.
Si les Verts ont un temps cru tenir le ballon, ce n’était qu’une illusion de maîtrise face à un bloc nigérian affamé, prêt à bondir sur la moindre approximation technique. Là où le Nigeria dégageait une puissance athlétique et une envie débordante, l’Algérie a paru empruntée, incapable de répondre à l’intensité physique imposée par ses adversaires. Les contres nigérians, d’une verticalité dévastatrice, ont fini par exposer les fragilités d’une équipe algérienne sans idées et étrangement apathique dans les duels.
Ce match a agi comme un révélateur : d’un côté, un Nigeria métamorphosé par sa rigueur collective et son abnégation ; de l’autre, une Algérie en plein doute, dont la « grinta » habituelle semble s’être évaporée au profit d’une lenteur prévisible. Plus qu’une simple défaite, c’est une leçon de volonté que les Super Eagles ont infligée à des Fennecs retombés dans leurs travers.
Les incidents de l’après ce match.

L’élimination de l’Algérie par le Nigeria en quart de finale de la CAN 2026 a basculé dans un chaos urbain et sportif dès le coup de sifflet final le 10 janvier dernier. Dans plusieurs grandes villes françaises comme Marseille, Paris et Lyon, la déception de certains supporters s’est muée en scènes de vandalisme, marquées par des tirs de mortiers d’artifice, des dégradations de mobilier urbain et des affrontements directs avec les forces de l’ordre qui avaient pourtant déployé des dispositifs de sécurité exceptionnels. Parallèlement, la tension a gagné le stade même de la rencontre où des violences physiques sur la pelouse ont éclaté. Empêchés par la sécurité d’envahir la pelouse, les supporters ont saccagé les gradins du beau stade de Marrakech , forçant la Confédération africaine de football (CAF) à réagir fermement par l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur ces débordements qui ont lourdement entaché la fin de parcours des Fennecs.
Côte d’Ivoire – Égypte : Le cœur contre l’expérience
Dans l’autre choc de la journée, les Éléphants de Côte d’Ivoire, portés par un peuple en fusion, défiaient les Pharaons d’Égypte, maîtres absolus du temps faible. Ce fut une partie d’échecs monumentale.
La Côte d’Ivoire a affiché une générosité offensive remarquable, poussant les Égyptiens dans leurs derniers retranchements. Cependant, l’Égypte a rappelé au monde pourquoi elle reste la nation la plus titrée : une résilience à toute épreuve et une capacité clinique à exploiter la moindre faille. Les deux équipes ont livré une prestation de haut vol, confirmant que le football africain a atteint un niveau de maturité technique exceptionnel.
Deux révélations pour un destin grandiose
Au-delà des scores, cette journée a mis en lumière deux grandes révélations qui promettent des demi-finales d’anthologie :
- Le retour de la domination des « Historiques » : Après plusieurs éditions marquées par l’émergence de nations surprises, le « Carré d’Or » 2026 marque le retour en force des bastions traditionnels. L’Afrique du football retrouve ses piliers, garantissant un spectacle de qualité mondiale pour le bouquet final.
- L’évolution tactique du continent : On ne gagne plus seulement au talent en Afrique. La journée du 10 janvier a prouvé que les schémas tactiques, le pressing haut et l’analyse vidéo ont pris le pas sur l’improvisation. Ces quatre demi-finalistes sont des machines de guerre parfaitement huilées.
Le Maroc, l’ombre du favori
Malgré l’éclat de ces quatre qualifiés, un nom revient sur toutes les lèvres dans les travées des stades : le Maroc. Bien que le carré final soit désormais figé, les Lions de l’Atlas continuent de porter l’étiquette de favoris logiques.
Impressionnants de maîtrise depuis le début de la compétition, les hommes de Walid Regragui (RAS l’avocat) affichent une sérénité qui semble les placer un cran au-dessus sur le terrain. Leur capacité à alterner jeu de possession et transitions rapides en fait l’équipe à abattre. Si les quatre demi-finalistes ont de quoi faire rêver, le Maroc reste, aux yeux des observateurs, le patron technique de cette CAN 2026.
La route vers le sacre s’annonce dantesque. Entre l’histoire, la passion et la science du jeu, le sommet de l’Afrique n’a jamais semblé aussi haut.
Au sujet de l’auteur :
(1) Abderrazaq MIHAMOU est :

- Fondateur du Riduge
- Fondateur et past president Optimist international Club Maroc
Expert Digital & Organisation - Coach professionnel certifié
Directeur Fondateur du Groupe Eclisse - Chroniqueur dans plusieurs journaux et Magazines
- Membre de l’association des journalistes indépendants du Québec.
- Ex Professeur de la gouvernance du Sport ENCG Casablanca
- GSM / Wathsapp +212600599738
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