Le spectaculaire revirement diplomatique de la Colombie, qui vient de reconnaître officiellement la souveraineté du Maroc sur ses Provinces du Sud à Cali, ce vendredi 7 aout 2026, n’est pas un événement isolé. Il s’agit du prolongement direct d’un séisme géopolitique amorcé à New York.
En effet, depuis l’adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité des Nations unies, les verrous idéologiques hérités de la guerre froide sautent les uns après les autres. Ce texte onusien n’est pas une simple résolution de routine prolongeant le mandat de la MINURSO ; il incarne une bascule doctrinale majeure. En qualifiant l’initiative marocaine d’autonomie de 2007 de « seule base sérieuse, crédible et réaliste » pour clore ce différend régional, l’ONU a définitivement enterré les chimères référendaires et les options séparatistes irréalisables.
Cette consécration internationale a eu l’effet d’un accélérateur de particules diplomatique. Le Conseil de sécurité, en désignant explicitement toutes les parties — y compris l’Algérie — à s’engager sans conditions préalables dans des négociations basées sur le plan de Rabat, a fixé un cadre politique irréversible. Pour les chancelleries du monde entier, le message est d’une clarté limpide : l’avenir du territoire se conjugue sous souveraineté marocaine, et le statu quo n’est plus une option.
Le pragmatisme latino-américain face au déni d’Alger
La décision de Bogota de retirer sa reconnaissance à la fantomatique « rasd » démontre que le continent latino-américain rejette massivement le dogmatisme idéologique au profit du pragmatisme économique et sécuritaire. Ajouter à cela qu’en dépit des manœuvres intenses en coulisses pour altérer la portée de la résolution 2797, Alger subit un revers cinglant, se retrouvant isolée face au consensus international grandissant.
Une alliance transatlantique tournée vers l’avenir
L’annonce faite par le vice-président colombien José Manuel Restrepo et le ministre Omar Bula Escobar ce vendredi, en présence du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita (présent à Cali, sur Très Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, pour représenter le Souverain à la cérémonie d’investiture du nouveau président Abelardo de la Espriella) élève le Maroc au rang de premier partenaire stratégique de la Colombie en Afrique. Cette dynamique, portée par la vision à long terme de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, transforme les Provinces du Sud en un hub logistique et économique incontournable entre l’Amérique latine, l’Afrique et l’Europe.
Le temps des ambiguïtés est révolu ; la légitimité historique du Royaume, quant à sa souveraineté sur son Sahara, est désormais solidement arrimée à la légalité internationale et à la réalité du terrain.
Ali Mounir El Atlassi (TÉMOIGNAGES ET ANALYSE)