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Fév 21

Environnement : La Sebkha d’Imlily, un site écologique singulier qui reflète la richesse et la diversité naturelle de la région de Dakhla-Oued Eddahab

La Sebkha d’Imlily, l’une des zones humides les plus célèbres au Maroc, se veut un espace écologique singulier qui reflète amplement la richesse et la diversité naturelle de la région de Dakhla-Oued Eddahab.

Cette Sebkha se veut l’un des sites d’intérêt écologique à l’échelle internationale et ce, eu égard à sa valeur en tant qu’espace saharien hautement distingué par sa diversité biologique ce qui le qualifie pour servir, à l’avenir, de l’un des piliers essentiels du développement durable dans cette partie du territoire national.

La Sebkha d’Imlily est étalée sur une superficie totale de 20 km2, soit une longueur de 13 km et une largeur de 2,5 km, avec une profondeur variant entre 0,4 et 0,6 m et un taux de salinité allant de 24 à 350 gramme/litre.

Situé à 130 km au sud-est de la ville de Dakhla, la perle du sud marocain, ce site offre un espace splendide et pittoresque permettant aux visiteurs de découvrir 10 poches d’eaux permanentes ayant conféré à ce lieu toute sa singularité en tant que l’une des régions sahariennes humides à travers le globe.

Dans sa partie nord, la Sebkha d’Imlily compte 160 poches d’eaux permanentes, riches en espèces de poissons notamment de type Tilapia de Guinée (Tilapia Guineensis) se trouvant dans l’Afrique de l’ouest au sud du fleuve du Sénégal, outre d’autres espèces de plantes et d’animaux si singulières de la région.

La particularité de la Sebkha d’Imlily s’explique par le fait que ce site se trouve dans une zone caractérisée par son climat saharien rude, avec une pluviométrie ne dépassant guère les 30mm par an, alors même que ses poches d’eaux ne subissent nullement ces aléas climatiques et préservent de façon durable les mêmes volumes d’eau.

Une autre singularité réside dans l’existence d’espèces de poissons qui vivent de manière isolée dans les différentes poches d’eaux constituant la Sebkha d’Imlily, ce qui permet à ces êtres vivants de changer de couleur, de forme et de taille en vue de mieux s’adapter aux spécificités de ce milieu naturel (taux élevé de salinité et température élevée).

Quant aux autres poches d’eaux qui ne disposent pas de poissons, elles abritent d’autres espèces de la flore et de la faune notamment des crustacés, des reptiles, des mammifères et des oiseaux.

Approché par la MAP, le coordinateur régional Dakhla-Oued Eddahab de l’Alliance Marocaine pour le Climat et le Développement Durable (AMCDD), Mohamed Yaddas, a fait savoir que cette Alliance œuvre à travers plusieurs tribunes à sensibiliser le public quant à l’importance de la Sebkha d’Imlily en tant que site doté d’une diversité biologique indéniable, ainsi que d’une série de paysages naturels pittoresques, notant que cette Sebkha se veut un espace saharien fragile qui mérite qu’on lui accorde un intérêt particulier pour sa protection et sa préservation.

Et de faire observer, dans ce sens, que le tissu associatif opérant dans le secteur de l’environnement au niveau de la région de Dakhla-Oued Eddahab a pu constater une série de comportements négatifs auxquels se sont livrés des visiteurs et des touristes notamment, à l’égard des poches d’eaux de cette Sebkha et ce, dans une méconnaissance totale des instructions affichées sur des panneaux et qui interdisent clairement le jet des déchets et la baignade dans ce site.

“Ce genre d’agissements non justifiés est à même de porter atteinte au plan de développement durable au niveau de la région de Dakhla-Oued Eddahab, qui vise à promouvoir l’ensemble des potentialités naturelles et écologiques locales en tant qu’atout indéniable à même de drainer davantage de touristes dans la région”, a-t-il déploré.

M. Yaddas a, par la même occasion, insisté sur la nécessité d’unifier les efforts de l’ensemble des intervenants : pouvoirs publics, instances élues, acteurs associatifs et médias en vue de préserver cette zone humide en tant que réserve bénéficiant du Classement RAMSAR, plaidant en faveur de la multiplication des campagnes publicitaires et de sensibilisation pour attirer l’attention du public sur l’importance de tirer profit des multiples avantages qu’offre ce site écologique sans pour autant mettre en péril son existence.

Et d’ajouter que l’Association Nature Initiative (ANI), l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II (IAV) et les autorités locales ont élaboré une étude relative à cette Sebkha et son insertion dans la liste des réserves naturelles internationales afin de conférer à ce site écologique toute la valeur qu’il mérite.

M. Yaddas a relevé que l’importance à accorder à cette zone humide et sa promotion de la manière la plus adéquate permettra, sans nul doute, de tirer profit des multiples atouts naturels qu’offre cet espace en tant que levier indéniable du développement local durable au niveau de la région de Dakhla-Oued Eddahab.

Avec l’insertion de la Sebkha d’Imlily dans la liste des sites d’Intérêt Biologique et Ecologique (SIBE) à l’échelle internationale et ce, en application de la convention RAMSAR, le nombre des sites écologiques classés RAMSAR au Maroc s’élève à 26, étalés sur une superficie totale de l’ordre de 274.286 ha.

A rappeler que la liste des zones humides d’importance écologique a été créée selon la Convention sur les Zones Humides (RAMSAR-1971) qui confère aux sites inscrits un statut spécifique sur le plan national comme à l’échelle internationale, les considérant désormais comme un réservoir naturel et écologique pour l’ensemble de l’humanité.

Par Saad Aboudihaj (Source :  MAP)