Correspondance pour MCE du Maroc par Abderrazaq MIHAMOU
Malgré un succès mérité sur le papier, le match de classement entre le Nigeria et l’Égypte a laissé un goût d’inachevé. Si les Super Eagles confirment leur capacité à hausser leur niveau face aux cadors, cette rencontre a surtout mis en lumière les carences criantes d’une sélection égyptienne en perdition tactique.
Le Nigeria, un géant à réaction
Le constat est récurrent pour le Nigeria : cette équipe semble avoir besoin de l’adversité des grandes nations pour briller réellement. Face à une Égypte méconnaissable, les Super Eagles ont assuré l’essentiel sans pour autant forcer leur talent. Si la victoire ne souffre d’aucune contestation tant la domination a été nette, le manque de rythme et de fluidité dans la construction pose question. On a senti une équipe capable de fulgurances individuelles, mais qui s’est parfois calée sur le faux rythme imposé par l’adversaire.
Le naufrage tactique des Pharaons
Si le Nigeria a gagné, c’est aussi parce que l’Égypte a failli. Plus que la défaite, c’est la médiocrité du contenu proposé par les Pharaons qui choque. Malgré un réservoir de talents individuels indéniables, le collectif égyptien a paru totalement désarticulé.
Le staff technique est aujourd’hui au centre des critiques. Il semble y avoir un fossé abyssal entre le potentiel des joueurs sur le terrain et la stratégie mise en place. Le sélectionneur égyptien semble s’être égaré dans l’accessoire, multipliant les ajustements secondaires tout en négligeant l’essentiel:
- * Une animation offensive cohérente.
- * Un bloc défensif solidaire.
- * Une transition milieu-attaque fluide.
Un staff en deçà des enjeux
Le football moderne ne pardonne plus l’improvisation. En s’attardant sur des détails périphériques au détriment des fondements tactiques, le banc égyptien a condamné ses individualités à l’impuissance. Ce match de classement, loin d’être un simple amical, a servi de miroir déformant : d’un côté, un Nigeria sérieux mais sans génie face à un « petit » ; de l’autre, une Égypte qui doit urgemment repenser son encadrement technique pour ne pas gâcher une génération de joueurs talentueux.
La victoire du Nigeria est donc logique, mais elle agit surtout comme le révélateur d’une crise profonde au sein de la maison égyptienne.
Les Jumeaux la fosse note de ce festival
En fin de compte, ce naufrage porte une signature claire : celle d’un staff technique, sous la tutelle des Jumeaux, qui semble avoir confondu autorité et stratégie. Si l’arrivée du duo à la tête de la sélection promettait un regain de caractère, la réalité sur le terrain montre surtout une équipe déstabilisée par des choix imprévisibles et des impairs de gestion qui ont fini par gripper la machine.
La sélection égyptienne actuelle dispose du réservoir nécessaire pour tutoyer les sommets, mais elle se heurte à un plafond de verre tactique. Le coaching ne se résume pas à la motivation ou à la gestion de l’accessoire ; c’est avant tout la quête permanente de l’équilibre. Un équilibre entre la discipline et la liberté créative, entre la rigueur défensive et l’audace offensive.
En négligeant ces fondamentaux au profit de tensions internes ou de schémas de jeu illisibles, le staff égyptien a transformé une équipe potentiellement conquérante en une formation poussive. Ce match contre le Nigeria restera comme la preuve par neuf qu’une somme de talents ne fera jamais une grande équipe sans un architecte capable de prioriser l’essentiel. Pour les Pharaons, le chantier de la stabilité est désormais plus urgent que jamais.