De la part de Jamal Benziane, citoyen Marocain résidant au Canada.
Monsieur le Ministre,
Je suis un Marocain de la diaspora. Comme beaucoup d’autres, j’ai quitté mon pays pour apprendre, travailler et construire ma vie ailleurs. Mais partir ne signifie jamais cesser d’aimer son pays d’origine.
Comme des millions d’autres, je porte le Maroc dans mon cœur chaque jour, même lorsque je vis loin de lui.
Les propos rapportés lors de votre intervention, le 27 février à Casablanca, notamment l’expression « reste là-bas », ont suscité une incompréhension parmi de nombreux Marocains résidant à l’étranger.
Lorsque certains entendent « reste là-bas » ou « faut-il te remercier parce que tu sois rentré chez toi ? », ils peuvent ressentir une forme de distance avec une patrie à laquelle ils restent profondément attachés.
La diaspora marocaine n’attend ni privilèges ni remerciements. Mais elle espère être considérée comme une partie intégrante de la Nation.
Chaque année, des millions de Marocains à l’étranger contribuent à l’économie du pays, soutiennent leurs familles, investissent, et transmettent une image positive du Maroc dans le monde.
Beaucoup d’entre nous rêvent de participer davantage au développement de notre pays d’origine, en partageant nos compétences, nos expériences et nos réseaux.
Vos propos sont en décalage avec nos aspirations et avec l’esprit des orientations constantes de Sa Majesté le Roi Mohammed VI concernant les Marocains du monde.
À plusieurs reprises, le Souverain a rappelé l’importance stratégique et humaine de la diaspora marocaine.
Dans un discours royal, il a affirmé que les Marocains résidant à l’étranger doivent bénéficier d’une « pleine citoyenneté » et d’une participation optimale à la vie nationale.
Plus récemment, Sa Majesté a également souligné que le Maroc a besoin de tous ses enfants et de toutes les compétences établies à l’étranger pour contribuer au développement du pays.
Le Roi a aussi rappelé que les Marocains du monde sont de fervents défenseurs des causes nationales et de véritables ambassadeurs du Royaume à travers le monde.
Dans cet esprit, la diaspora n’est pas « ailleurs ».
Elle fait pleinement partie de la nation marocaine.
Des millions de Marocains vivent à l’étranger, mais leur cœur, leur culture et leur attachement restent profondément liés à leur pays d’origine.
Entendre dire « reste là-bas » ou « faut-il te remercier parce que tu es rentré chez toi ? » peut blesser. Non pas parce que nous attendons des remerciements, mais parce que beaucoup d’entre nous n’ont jamais cessé d’aimer, de soutenir et d’aider leur pays.
La diaspora marocaine contribue chaque année par son travail, ses transferts, ses investissements et par l’image positive qu’elle donne du Maroc dans le monde. Par son savoir et son expérience, elle constitue une force importante pour le développement du pays.
Elle n’est pas une périphérie du Maroc. Elle en est l’une des prolongations vivantes.
Beaucoup d’entre nous rêvent de revenir, d’entreprendre, de transmettre leur expérience et de participer au développement du pays.
Les accueillir avec respect et intelligence est une richesse pour la nation.
Un pays moderne ne demande pas à ses enfants où ils vivent. Il leur demande ce qu’ils peuvent construire ensemble
Les paroles publiques ont un poids symbolique. Elles peuvent rapprocher ou blesser.
C’est pourquoi beaucoup espèrent que l’esprit des orientations royales — fondé sur le respect, l’inclusion et la reconnaissance du rôle des Marocains du monde — continuera d’inspirer l’action publique.
Le Maroc n’est pas seulement un territoire où l’on vit. C’est aussi une mémoire, une langue, une culture et un attachement profond que même la distance ne peut effacer.
La diaspora n’est pas « là-bas ». Elle est aussi une partie du Maroc.
Le Maroc est assez grand pour accueillir tous ses enfants, qu’ils vivent au pays ou à l’étranger.
On peut vivre loin du Maroc… mais le Maroc ne vit jamais loin de notre cœur.
Car le Maroc, comme l’a souvent rappelé Sa Majesté, est la maison commune de tous ses enfants, où qu’ils vivent.
Avec respect pour nos institutions et avec un attachement sincère au Maroc.