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Mar 19

Virus invisible et imprévisible : En savoir plus… En paniquer moins !

Après son apparition en Afrique de l’ouest, le virus Ebola a fait plus de 20.000 morts, et il y a plus de 25.000 personnes qui meurent de faim chaque jour dans le monde. Mais, ces morts ne font pas la Une des journaux. Forcément, ces phénomènes ne touchent pas les pays avancés, pourquoi en parler ?

D’après le site de  l’institut Pasteur, au 4 mars 2020 (10h, HNEC), selon l’OMS, 93.090 cas ont été confirmés dans le monde pour le nouveau coronavirus SARS-Cov2, dont 80.422 en Chine. 12 668 cas ont été rapportés hors de Chine dans 76 pays différents. A ce jour, on dénombre 2 984 décès en Chine et 214 hors de Chine. Fin février 2020, deux mois après son apparition en Chine, l’épidémie semblerait y avoir atteint un pic.

En France, le 4 mars 2020 (16h, HNEC), selon l’Agence Nationale Santé Publique France, on dénombre 285 cas confirmés de COVID-19. Quatre patients sont décédés. Les autres sont guéris, ou diagnostiqués et pris en charge en milieu hospitalier.

Au cours du week-end du 22-23 février 2020, la situation épidémique a évolué au niveau mondial. Avec l’intensification des foyers en Corée du Sud, au Japon, et à Singapour, et l’apparition de nouveaux foyers en Iran et en Italie. Dans ces pays, on assiste alors à une diffusion communautaire sans lien identifié avec des cas importés de Chine.

Causes

Cette pneumonie est une maladie infectieuse causée par un virus appartenant à la famille des coronavirus, pour le moment identifié sous le nom de SARS-Cov2. Le réservoir de virus est probablement animal. Même si le SARS-Cov2 est très proche d’un virus détecté chez une chauve-souris, l’animal à l’origine de la transmission à l’homme n’a pas encore été identifié avec certitude. Plusieurs publications suggèrent que le pangolin, petit mammifère consommé dans le sud de la Chine, pourrait être impliqué comme hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l’homme.

Symptômes

D’après les éléments communiqués par les autorités chinoises pour les cas confirmés, les symptômes principaux sont la fièvre et des signes respiratoires de type, toux, sensation d’oppression et/ou douleur thoracique, avec parfois dyspnée (essoufflement). La durée de l’incubation est estimée à 6 jours mais peut aller jusqu’à 14 jours. Dans les cas plus graves, qui semblent concerner à ce jour principalement des personnes vulnérables en raison de leur âge ou de comorbidités (maladies associées), le patient peut être atteint d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë, d’une insuffisance rénale aiguë, voire d’une défaillance multi viscérale pouvant entraîner le décès.

Transmission

La majorité des cas initialement décrits concernait des personnes ayant fréquenté un marché d’animaux vivants. L’hypothèse d’une zoonose (maladie transmise par les animaux) est donc privilégiée. La transmission interhumaine est établie et on estime qu’en l’absence de mesures de contrôle et de prévention, chaque patient infecte entre 2 et 3 personnes.

France

A l’heure où j’écris cet article, l’épidémie de coronavirus continue de s’accroître. Elle a touché plus de 105.000 personnes dans le monde (plus de 58.000 personnes sont guéries) et a fait près de 3 500 morts. La France comptabilise à date 949 cas, soit 336 de plus que la veille, et 16 décès, annonce Jérôme Salomon, directeur général de la Santé. Il s’agit du 6e pays le plus touché par l’épidémie, après la Chine, la Corée du Sud, l’Iran, l’Italie, et l’Allemagne. 5 régions sont plus concernées que les autres : Grand Est avec 250 cas, les Hauts-de-France avec 173 cas, la Bourgogne-Franche-Comté avec 129 cas, l’Île-de-France avec 104 cas et Auvergne-Rhône-Alpes avec 102 cas. 8 régions françaises recensent moins de 50 cas. Nous sommes actuellement au stade 2 du plan d’actions du gouvernement qui a pour but de prévenir et limiter la circulation du virus. Deux départements, l’Oise et le Haut-Rhin, ont quant à eux été placés en stade 2 « renforcé ».

Psychose

En France, les gens ne se serrent plus la main, au travail ou ailleurs. Et dans les transports en commun dès que  quelqu’un tousse, tout le monde sursaute.

Comme on peut le lire dans le quotidien « Challenges », sous la plume de Gaëlle Macke le 03/03/20, c’est lui qui souligne : « De la peur du virus au virus de la peur, certains Français cèdent à la paranoïa. Leur pessimisme et leur défiance de l’autorité publique, spécificités bien françaises alimentent le doute et l’anxiété. Un casse-tête pour le gouvernement. Mais l’histoire montre que c’est un moment temporaire et que, après la première bouffée de panique, la société se révèle plutôt résiliente face aux crises sanitaires. A peine touchée par l’épidémie de coronavirus, voilà que l’économie française est déjà affectée par un symptôme collatéral: la contagion de la peur. Pendant deux mois, les Français ont gardé la tête froide. Certes, il y a eu des dérapages anti-asiatiques sporadiques, des réticences exprimées lors de la venue de tifosi turinois pour le match de la Juventus contre Lyon, une récupération politique de Marine Le Pen réclamant de fermer les frontières avec l’Italie. Mais, dans l’opinion publique, nul mouvement de panique. »

On a connu le virus de sida dans les années 80 qui a fait énormément de morts, la tuberculose, la peste, le virus H1, N1, Ebola, j’en passe et des meilleurs. Pourquoi céder à la panique ?

Victor Hugo disait qu’on est tous condamnés à mort, à chacun son sursis. Mais les médias sont terribles !  Ils  nous bombardent à longueur de journée du Coronavirus, et sèment la paranoïa partout.

Une pensée à Jacques Leibowitch qui était l’un des chercheurs les plus originaux et les plus féconds dans la lutte contre le sida. Il était connu pour sa pertinence mais aussi ses excès. Il est mort récemment à 77 ans. Et aux 25000 personnes qui meurent chaque jour de faim et de malnutrition dans le monde.

Par Mustapha Bouhaddar pour Maghreb Canada Express, (Édition électronique) Vol. XVIII, N°03 , page 06, Mars 2020.

Pour lire l’Édition électronique de Mars 2020 (**), cliquer sur l’image :

(**) Eu égard aux efforts collectifs pour endiguer la pandémie, et prenant en note que chaque geste, aussi minime soit-il, compte, Maghreb Canada Express sursoit à son Édition Papier, ce mois de mars 2020.