Par Abderrazaq MIHAMOU (Maroc).
Le Maroc a validé son billet pour le second tour de la Coupe du Monde 2026 en dominant Haïti (4-2) lors d’une dernière journée à suspense. Avec 7 points, les Lions de l’Atlas terminent ex æquo avec le Brésil, ne cédant la première place du groupe qu’à la différence de buts.
Une soirée de feu
Il flottait dans le stade un parfum d’épopée. Portés par une marée de supporters venus faire vibrer le Stade, les hommes de Ouahbi savaient qu’une victoire les propulserait vers les huitièmes de finale. Ils n’ont pas tremblé. Face à une équipe haïtienne accrocheuse et joueuse, le Maroc a livré une prestation de caractère, alternant maîtrise technique et efficacité offensive pour s’imposer 4 buts à 2.
Le scénario n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Haïti, jamais résignée, a su revenir à deux reprises dans la rencontre, rappelant que sur la scène mondiale, aucun adversaire ne se laisse intimider. Mais la profondeur de banc et la lucidité des Lions dans les moments-clés ont fait la différence.
Un public qui a impressionné le monde.
S’il fallait désigner un héros collectif, ce serait lui : le public. Dans un stade transformé en chaudron, des dizaines de milliers de supporters ont chanté, tambouriné et prié sans relâche, du coup d’envoi jusqu’au coup de sifflet final. Une marée rouge et verte, un mur de drapeaux, des chants repris en chœur qui n’ont jamais faibli, pas même dans les minutes de doute lorsque Haïti recollait au score. Ce public fantastique a véritablement joué le rôle d’un douzième homme, poussant les Lions de l’Atlas vers la victoire.
Mais la ferveur ne s’est pas arrêtée aux portes de l’enceinte de jeu. Partout, les Marocains étaient suspendus à leurs écrans. Au Maroc comme ailleurs, de Casablanca à Bruxelles, de Marrakech à Montréal, de Tanger à Paris, un peuple entier retenait son souffle au même instant.
Dans les fans zones rouges de monde, chaque but a déclenché des explosions de joie ; dans les cafés combles où l’on se serait pour ne rien manquer du moindre ballon ; dans les salons, autour de petits groupes d’amis et de familles réunis pour l’occasion, partageant le thé, les nerfs et l’espoir. Des klaxons aux youyous, des drapeaux aux écharpes, c’est tout un pays et toute une diaspora qui battait à l’unisson, uni par une même passion et une même fierté.
Cette communion, par-delà les frontières et les fuseaux horaires, restera l’une des images les plus fortes de la soirée : celle d’une nation entière vibrant comme un seul homme.
Sept points, la tête haute
Au terme de cette phase de groupes, le Maroc affiche un bilan remarquable de 7 points, à égalité parfaite avec le Brésil, l’une des grandes nations du football mondial. Seule la différence de buts (goal-average) relègue les Lions de l’Atlas à la deuxième place du groupe — un détail comptable qui n’enlève rien à la grandeur du parcours.
Terminer dans le sillage immédiat de la Seleção, c’est confirmer que l’épopée de 2022 n’était pas un feu de paille. Le Maroc s’installe durablement parmi les nations qui comptent.
« Nous avons joué pour notre drapeau, pour notre peuple. Finir à égalité avec le Brésil, c’est une fierté, mais nous ne sommes pas rassasiés. » répétaient les lions de l’Atlas.
Et maintenant ?
Le rêve continue. Qualifiés pour le second tour, les Lions de l’Atlas abordent la phase à élimination directe avec confiance et ambition. L’objectif est clair : prolonger l’aventure et écrire, match après match, une nouvelle page de l’histoire du football marocain.
Dans les rues du Royaume comme dans la diaspora, une même clameur résonne déjà : Dima Maghrib.