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Juil 05

ET POURTANT ELLE SE RÉCHAUFFE ! (2001-2010, une décennie d’extrêmes climatiques)

GENÈVE, le 3 juillet 2013 – Le monde a connu des phénomènes climatiques extrêmes à fort impact pendant la décennie 2001-2010, la plus chaude qui ait été constatée depuis le début des mesures systématiques, en 1850. Faisant suite à une longue période caractérisée par un réchauffement prononcé du climat, cette décennie a vu plus de records nationaux de température battus que n’importe quelle autre décennie précédente, selon un nouveau rapport publié par l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Intitulée The Global Climate 2001-2010, A Decade of Climate Extremes (Le climat dans le monde (2001-2010), une décennie d’extrêmes climatiques), cette étude porte sur les températures et les précipitations mondiales et régionales et sur les phénomènes extrêmes tels que les vagues de chaleur qui se sont abattues sur l’Europe et la Fédération de Russie, l’ouragan Katrina et le cyclone tropical Nargis qui ont balayé respectivement les États-Unis d’Amérique et le Myanmar, les sécheresses qui ont sévi dans le bassin de l’Amazone et en Afrique de l’Est et les inondations qui ont frappé le Pakistan.

La décennie 2001-2010 est la plus chaude qu’aient connue les deux hémisphères, que l’on considère les températures relevées à la surface des terres ou celles mesurées à la surface des océans. Cette chaleur record s’est accompagnée d’un recul rapide de la banquise de l’Arctique et d’une perte accélérée de masse nette des inlandsis du Groenland et de l’Antarctique et des glaciers de la planète. En raison de cette fonte généralisée de la neige et de la glace et de l’expansion thermique de l’eau de mer, le niveau moyen de la mer a augmenté au rythme de quelque 3 mm par an, soit environ le double de celui qui a été constaté au XXe siècle (1,6 mm par an). Moyenné sur la décennie, le niveau de la mer accusait une hausse d’environ 20 cm par rapport aux années 1880 selon cette étude.

Le rapport en question met en évidence la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre. La teneur de l’atmosphère, moyennée à l’échelle du globe, en dioxyde de carbone a atteint 389 parties par million en 2010 (soit une augmentation de 39% depuis le début de l’ère industrielle, en 1750), tandis que les concentrations de méthane et de protoxyde d’azote atteignaient respectivement 1808,0 parties par milliard (158%) et 323,2 parties par milliard (20%).

«Pour évaluer de façon rationnelle le changement climatique, l’échelle de temps la plus courte reste la décennie», a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud. «Le rapport de l’OMM révèle que le climat s’est nettement réchauffé entre 1971 et 2010 et que le rythme décennal d’augmentation des températures sur les périodes 1991-2000 et 2001-2010 est sans précédent. Les concentrations croissantes de gaz à effet de serre, dont la spécificité est de piéger la chaleur, sont en train de transformer notre climat, avec les bouleversements que cela suppose pour l’environnement et les océans, qui absorbent à la fois le dioxyde de carbone et la chaleur.»

«En raison de la variabilité naturelle du climat, qui résulte en partie des interactions entre l’atmosphère et les océans – les phénomènes El Niño et La Niña en sont une illustration –, certaines années sont plus froides que d’autres. Aussi l’évolution interannuelle des températures mondiales n’est-elle pas régulière, mais sur le long terme, la tendance est clairement à la hausse, et c’est encore plus net ces derniers temps», a indiqué M. Jarraud.

La décennie 2001-2010 n’a pas connu d’épisode El Niño de grande ampleur, associé en général avec un réchauffement du climat mondial (comme ce fut le cas par exemple en 1998, année qui battait alors tous les records de chaleur). La majeure partie de cette période a été marquée par des épisodes La Niña, qui ont normalement pour effet de refroidir le climat, ou par des conditions neutres, si l’on excepte l’épisode El Niño 2009/10 dont l’intensité était modérée à forte.

Le rapport, qui fait une centaine de pages, et sa version abrégée, le rapport de synthèse, qui intègrent les résultats d’une enquête effectuée auprès de 139 Services météorologiques et hydrologiques nationaux ainsi que des données socio-économiques et des analyses émanant de plusieurs partenaires et institutions des Nations Unies, sont rendus publics à l’occasion de la première session du Conseil intergouvernemental des services climatologiques. Ce dernier supervise la mise en place du Cadre mondial pour les services climatologiques, fruit d’une initiative internationale qui consiste à améliorer et étoffer l’offre d’informations climatologiques scientifiquement étayées pour aider la société à faire face à la variabilité naturelle du climat et au changement climatique anthropique.

«Une perspective sur dix ans nous permet d’évaluer les tendances et d’anticiper l’avenir», a fait valoir M. Jarraud. «Elle peut également étayer les mesures qui seront prises pour mettre au point des services climatologiques opérationnels capables de fournir des informations et des prévisions utiles aux décideurs dans les domaines notamment de l’agriculture, de la santé, de la prévention des catastrophes et des ressources en eau. Ces mesures sont coordonnées par l’intermédiaire du Cadre mondial pour les services climatologiques, dont l’OMM est le fer de lance.»

«Les services climatologiques nous sont plus que jamais nécessaires pour relever les défis que pose l’évolution du climat, encore plus sensible à l’échelle nationale et régionale. Malgré la baisse significative du nombre de décès imputables aux inondations et aux fortes tempêtes, le rapport de l’OMM fait état des conséquences alarmantes, sur la santé et les taux de mortalité, des vagues de chaleur qui ont frappé l’Europe et la Fédération de Russie. On s’attend à ce que les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses sous l’effet des changements climatiques et nous devons par conséquent nous y préparer», a souligné M. Jarraud.

Températures: La température moyenne à la surface des terres émergées et des océans pour la décennie 2001-2010 est estimée à 14,47°C, soit un écart de +0,47°C par rapport à la normale calculée pour la période 1961-1990 et de +0,21°C par rapport à la moyenne de la période 1991-2000 (avec un facteur d’incertitude de ± 0,1°C).

Le rythme décennal d’augmentation de la température à l’échelle du globe s’est accéléré entre 1971 et 2010, atteignant, en moyenne estimative, 0,17°C durant cette période, contre 0,062°C par décennie sur toute la période 1880-2010. En outre, l’augmentation de 0,21°C entre la température moyenne de la décennie 1991-2000 et celle de la décennie 2001-2010 est plus marquée que celle qui a été constatée entre les décennies 1981-1990 et 1991-2000 (+0,14°C).

À l’exception de 2008, chacune des années de la décennie 2001-2010 compte parmi les dix plus chaudes jamais enregistrées, le record étant détenu par 2010, qui présente une anomalie positive de la température moyenne de 0,54°C par rapport à la normale calculée pour la période de référence 1961-1990 (14,0°C), suivie de près par 2005.

La plupart des régions du monde ont connu des températures supérieures à la normale pendant la décennie 2001-2010, en particulier aux hautes latitudes de l’hémisphère Nord. C’est au Groenland que la moyenne décennale des températures a accusé l’anomalie la plus forte – +1,71°C –, l’écart par rapport à la normale atteignant +3,2°C en 2010. En Afrique, chacune des années de la décennie a été caractérisée par des températures supérieures à la normale.

D’après les résultats de l’enquête menée par l’OMM, la décennie 2001-2010 est la plus chaude qu’aient connue près de 94% des pays sondés, et aucun pays n’a signalé une moyenne décennale de la température inférieure à la normale au niveau national.

C’est entre 2001 et 2010 que des records de chaleur nationaux ont été enregistrés dans environ 44% des pays sondés, et entre 1991 et 2000 dans 24% d’entre eux. À l’inverse, alors que dans près de 32% des pays sondés, les records de froid remontent à la période 1961-1970, ce pourcentage n’est plus que de 11% en ce qui concerne la décennie 2001-2010.

Précipitations et inondations: La décennie 2001-2010 se classe au deuxième rang des plus arrosées depuis 1901, et 2010 est l’année la plus pluvieuse qui ait été enregistrée à l’échelle du globe depuis le début des relevés instrumentaux.

Les précipitations ont été supérieures à la normale un peu partout dans le monde pendant cette décennie. L’est des États-Unis d’Amérique, le nord et l’est du Canada et de nombreuses régions d’Europe et d’Asie centrale ont connu des précipitations particulièrement abondantes.

D’après les données dont dispose l’OMM, les inondations représentent le phénomène extrême le plus fréquemment observé tout au long de la décennie. L’Europe orientale a été particulièrement touchée en 2001 et 2005, l’Inde en 2005, l’Afrique en 2008, l’Asie (en particulier le Pakistan où 20millions de personnes ont été sinistrées et 2 000 ont trouvé la mort) en 2010 et l’Australie également en 2010.

Les sécheresses touchent plus de personnes que n’importe quelle autre catastrophe naturelle vu qu’elles surviennent à grande échelle et qu’elles ont un caractère persistant. Toutes les régions du monde en ont subi les effets entre 2001 et 2010. Des sécheresses persistantes et particulièrement dévastatrices ont frappé l’Australie (notamment en 2002), l’Afrique de l’Est (en 2004 et 2005, entraînant des pertes en vies humaines à grande échelle) et le bassin de l’Amazone (en 2010), avec des conséquences néfastes pour l’environnement.

Cyclones tropicaux: À l’échelle du globe, un total de 511 tempêtes a été observé pendant la décennie 2001-2010. Elles ont fait près de 170000 victimes et plus de 250 millions de sinistrés, et provoqué des dommages estimés à 380 milliards de dollars.

D’après l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA), la décennie 2001-2010 est celle où l’activité cyclonique dans le bassin de l’Atlantique Nord a été la plus marquée depuis1855. La moyenne annuelle de tempêtes baptisées s’établit à 15 pour cette décennie, contre 12 pour la période 1981-2010.

C’est dans le nord de l’océan Indien qu’a pris naissance le cyclone tropical le plus meurtrier de la décennie, Nargis, qui s’est abattu sur le Myanmar en 2008, au début du mois de mai. Plus de 138000 personnes ont été tuées ou portées disparues lors du passage du cyclone, qui a fait 8millions de sinistrés et détruit des milliers de foyers.

Conséquences: Entre 2001 et 2010, plus de 370000 personnes ont trouvé la mort en raison
de conditions météorologiques et climatiques extrêmes telles que vagues de froid ou de chaleur, sécheresses, tempêtes et inondations, selon les données fournies par le Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED), soit une hausse de 20% par rapport à la décennie 1991-2000. Cette situation est due essentiellement aux vagues de chaleur qui ont frappé l’Europe en 2003 et la Fédération de Russie en 2010 et qui ont participé à l’augmentation exponentielle (plus de 2000%) du nombre de victimes imputables aux vagues de chaleur à l’échelle du globe (de moins de 6000 pour la période 1991-2000 à 136000 pour la période 2001-2010).

En revanche, tempêtes et inondations ont fait moins de victimes. La baisse de 16% et de 43% observée respectivement est due en grande partie à l’amélioration des systèmes d’alerte précoce et des mesures de prévention, alors même que les régions exposées aux catastrophes sont de plus en plus peuplées.

Selon le Bilan mondial 2011, entre 1970 et 2010, l’effectif moyen de la population exposée aux inondations chaque année a augmenté de 114 % à l’échelle du globe, alors que la population mondiale augmentait de 87 %, passant de 3,7 milliards à 6,9 milliards. Le nombre de personnes exposées aux fortes tempêtes a presque triplé dans les régions sujettes aux cyclones, soit une hausse de 192 %.

De nombreux travaux de recherche portent sur la question de savoir s’il est possible d’imputer des phénomènes extrêmes isolés au changement climatique plutôt qu’à la variabilité naturelle du climat. Les scientifiques arrivent de plus en plus souvent à la conclusion que la hausse généralisée des températures a sans doute nettement accru la probabilité d’une vague de chaleur comme celle qui a frappé l’Europe en 2003. Il importe par conséquent d’approfondir ces recherches afin de consolider la science du climat et d’aider la société, grâce à des services climatologiques de meilleure qualité, à s’adapter au changement climatique.

Moyenne décennale des températures à la surface du globe (terres émergées et océans confondus) (°C) obtenue à partir de trois jeux de données distincts tenus à jour respectivement par le Centre Hadley du Service météorologique national et la Section de recherche sur le climat de l’Université d’East Anglia (HadCRU) (Royaume-Uni), par le Centre national de données climatologiques (NCDC) relevant de la NOAA (États-Unis d’Amérique) et par le Godard Institute for Space Studies (GISS) relevant de l’Administration américaine pour l’aéronautique et l’espace (NASA). La ligne horizontale grise correspond à la normale.

Incidence des phénomènes extrêmes au cours de la période 2001-2010 par rapport à 1991-2000: nombre total de victimes.

Notes aux rédacteurs: Les données et les informations climatologiques utilisées dans le présent rapport ont été fournies par divers organismes nationaux, régionaux et internationaux, et la plupart des données sur les conséquences des phénomènes extrêmes par le Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres. On trouvera des renseignements détaillés sur les sources, les collaborateurs et la bibliographie dans la version intégrale du rapport.

Source : Organisation Météorologique Mondiale (OMM)

(1 commentaire)

  1. Lect.

    AU SUJET DU PROTOCOLE DE KYOTO
    .
    Définition et catégories
    Le protocole de Kyoto est un traité international ayant pour objectif de réduire les gaz à effet de serre. Acté en 1997, il est le prolongement de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) adoptée en 1992 au sommet de la Terre à Rio de Janeiro (Brésil). L’objectif du protocole de Kyoto est de parvenir durant la période d’engagement 2008-2012? à la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique de 5,5% en moyenne (dans les pays engagés)? par rapport aux niveaux de 1990(1). Une seconde période d’engagement a été fixée lors du sommet de Doha en décembre 2012. Elle s’étend du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2020.?

    Le protocole a été signé le 11 décembre 1997 lors de la troisième conférence annuelle de la Convention à Kyoto (Japon). Pour entrer en vigueur, il devait être ratifié par 55 pays développés générant en consolidé au moins 55% des émissions de CO2 du monde en 1990. Il est entré en vigueur le 16 février 2005.

    A ce jour, 195 « Parties » (194 États et l’Union européenne) ont déposé leurs instruments de ratification(2), d’accession, d’approbation ou d’acceptation, à l’exception notable des Etats-Unis. En effet, le protocole a été signé sous la présidence Clinton mais n’a pas été ratifié par le Sénat américain.

    Seuls 37 pays industrialisés se sont réellement engagés sur les objectifs de ce dispositif. En pratique, les sanctions consécutives au non respect du protocole de Kyoto n’ont jamais été clairement définies. Dans les faits, l’accord n’est légalement pas contraignant à ce jour.

    La première phase du protocole de Kyoto s’achève fin 2012 et la prolongation de ce dernier est en discutée, notamment à l’occasion de la COP de Doha. (©2012 COP18/CMP8 Doha Qatar)?

    La première phase du protocole de Kyoto s’achève fin 2012 et la prolongation de ce dernier a été actée à l’occasion de la COP 18 de Doha. (©2012 COP18/CMP8 Doha Qatar)?
    Fonctionnement technique ou scientifique

    Le protocole de Kyoto vise à réduire les émissions des gaz à effet de serre dues à l’activité humaine. Les six gaz énoncés dans le traité sont les suivants :

    le gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2), produit lorsque des composés carbonés sont brûlés et en présence d’oxygène (combustion d’énergies fossiles, éruptions volcaniques, respiration des plantes, des animaux et des hommes, incendies naturels de forêts, etc.) ;
    le méthane (CH4), dû :
    aux fuites dans la gestion des gisements d’énergies fossiles (émissions des mines de charbon, fuites lors de l’exploitation du gaz naturel -méthane- et torchage incomplet du méthane relâché par l’industrie pétrolière) ;
    à la décomposition de la cellulose par les bactéries (fermentation anaérobie de la biomasse dans les zones humides (marais, tourbières, rizières…), dans les décharges, dans la panse des bovins) ;
    à la combustion incomplète de la biomasse notamment lors des feux de forêts ;

    deux halocarbures (HFC et PFC) : les gaz réfrigérants utilisés pour la climatisation et les gaz propulseurs des aérosols ;
    le protoxyde d’azote ou oxyde nitreux (N2O) issu d’engrais azotés et de certains procédés chimiques ;
    l’hexafluorure de soufre (SF6), utilisé dans des transformateurs électriques.

    Les pays développés ou en transition vers une économie de marché qui se sont engagés à limiter ou à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (Parties visées à l’annexe B du Protocole)(3)? regroupent des pays comme l’Allemagne, la France, la Suisse, le Japon, le Canada, la Russie. Ces pays ont en moyenne décidé de réduire de près de 5,5% leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) sur la période 2008-2012 par rapport aux niveaux de 1990 (sauf pour les cinq pays ayant une période de référence différente).

    Le Japon a accepté d’accroître cet objectif de réduction à hauteur de 6% et l’Union européenne de 8%. Constituée de 15 États membres au moment de sa ratification du protocole en mai 2002, l’Union européenne a décidé de répartir la charge de cet objectif entre lesdits États. Depuis, la plupart des pays ayant adhéré à l’UE se sont engagés à réduire leurs émissions de GES avec un objectif similaire(4).

    Les engagements des Parties constitutives de l’Annexe B sont ambitieux. Le protocole de Kyoto leur fixe une quantité d’émissions de GES qui ne doit pas être dépassée au cours de la première période dite d’engagement de 2008 à 2012.

    Chaque Partie doit s’engager à ne pas dépasser la quantité globale d’émissions attribuée prenant en compte les 6 gaz mentionnés. Toutes ont dû soumettre avant la période d’engagement 2008-2012 un rapport sur leurs émissions de GES.

    Par ailleurs, le protocole de Kyoto prévoit trois mécanismes de « flexibilité » auxquels les pays développés peuvent recourir. Ces mécanismes s’ajoutent aux mesures qui peuvent être mises en place sur le plan national pour réduire les émissions de GES :

    les permis d’émission, mécanisme qui permet de vendre ou d’acheter des droits à émettre des GES entre les pays industrialisés afin d’améliorer les systèmes de production les plus polluants. Les États membres fixent pour chaque période des objectifs de réduction d’émission de GES à chacune des installations concernées grâce à un Plan National d’Affectation des Quotas (PNAQ) ;
    la « mise en oeuvre conjointe » (MOC), mécanisme de financement de projets ayant pour objectifs principaux le stockage de carbone et la réduction des émissions de GES. Elle concerne principalement les projets industriels et forestiers lancés en Russie et dans les pays d’Europe centrale et orientale. Entre deux pays industrialisés, elle donne la possibilité aux entreprises d’investir dans des « projets propres » en dehors de leur territoire national. Ceux-ci permettent de générer des crédits d’émission de GES utilisables par les investisseurs.
    Le « mécanisme de développement propre » (MDP), mécanisme qui permet aux pays développés de réaliser leurs objectifs de réductions d’émissions de GES en investissant dans des projets réduisant les émissions de GES dans des pays en voie de développement En retour, ils obtiennent des crédits d’émission pouvant être utilisés pour leurs propres objectifs de réduction d’émissions de GES.

    Le système communautaire d’échange de quotas d’émission (SCEQE) a été initié le 1er janvier 2005 en Europe. Il s’agit du premier et du plus grand système d’échange de quotas d’émission de GES mis en place dans le monde. Il couvre actuellement environ 11 500 installations européennes.

    Durant la phase 1 (2005-2007) du SCEQE, le prix du carbone et le principe d’échange de quotas ont été définis. Durant la phase 2 en cours (2008 –2012), les quotas sont encore gratuits mais les sanctions sont durcies en cas de dépassement du plafonnement d’émissions autorisées. En phase 3 (2013 –2020), le périmètre d’application sera élargi à d’autres industries, avec un plafond d’émissions unique pour l’UE. Un système de vente aux enchères de quotas sera progressivement mis en place.
    Enjeux par rapport à l’énergie

    Enjeux environnementaux

    Certains scientifiques estiment que le réchauffement moyen à l’horizon de 2100 sera de 1,4 à 5,8°C par rapport aux températures de 1990(5). Les conséquences d’une telle augmentation pourraient être considérables : désertification, inondations, dissémination des maladies, disparitions d’espèces animales. Le réchauffement climatique est donc considéré par beaucoup comme le défi environnemental du XXIe siècle. Le protocole de Kyoto illustre l’importance que les pays mondiaux accordent à l’environnement et à la relation entre l’humanité et l’équilibre naturel de la planète.

    Enjeux économiques

    La mise en place du marché de permis d’émission de CO2 soulève de nombreuses questions économiques sur les implications financières pour les pays signataires du protocole de Kyoto. Comment les entreprises intégreront-elles la contrainte CO2 dans leurs comptes financiers et dans leurs prévisions de développement ? Quelles contreparties financières seront associées à l’engagement des pays en voie de développement de participer à l’effort collectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre ?

    Par ailleurs, le protocole de Kyoto redessine le clivage Nord-Sud. Il exonère les pays en développement et les pays émergents des responsabilités climatiques cruciales, sans contrepartie financière. Les pays en développement ont pourtant une démographie et une consommation énergétique en forte croissance. Les pays industrialisés sont incités à financer des « projets propres » dans des pays en développement s’ils ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs nationaux.
    Acteurs majeurs

    Entre sa signature en 1997 et son entrée en vigueur en 2005, le protocole de Kyoto a été ratifié en plusieurs phases successives.

    A l’heure actuelle, 195 « Parties » (194 pays et l’Union européenne) ont déposé leurs instruments de ratification, d’accession, d’approbation ou d’acceptation? du protocole de Kyoto.

    Toutefois, le protocole n’engage réellement que 37 pays industrialisés. Selon la convention sur le changement climatique de 1992, les pays développés doivent être à l’avant-garde de la lutte contre les changements climatiques. Les pays en développement, y compris le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Indonésie, sont également parties prenantes au protocole mais ne sont pas concernés par l’engagement de réduction d’émissions de GES.
    Unités de mesure et chiffres clés

    Exemples d’objectifs fixés (2008-2012)

    Les États-Unis qui ont uniquement signé le protocole (et non ratifié) ont manifesté l’intention de réduire leurs émissions de 7%.
    L’Union européenne s’est engagée à réduire ses émissions de 8%.
    Le Japon et le Canada doivent réduire leurs émissions de GES de 6%(3). Ces deux pays ne participent pas à la seconde période d’engagement du protocole de Kyoto.

    Les unités du marché du carbone

    Unité de Quantité Attribuée (UQA) : il s’agit de la quantité d’émissions attribuée par pays de l’Annexe B, répartie en tonnes d’équivalent CO2.
    Unité de Réduction des Emissions (URE) : ce sont les crédits attribués pour des réductions d’émissions réalisées dans le contexte de la mise en œuvre conjointe (MOC). Cette unité équivaut à une tonne métrique d’équivalent de CO2.
    Unité de Réduction Certifiée des Emissions (URCE) : ce sont des crédits attribués pour des réductions d’émissions réalisées dans le contexte du mécanisme de développement propre (MDP). Cette unité équivaut à une tonne métrique d’équivalent de CO2.

    Passé et présent

    Les Sommets de la Terre sont des rencontres entre les dirigeants mondiaux ayant lieu tous les 10 ans depuis 1972. Ils ont pour but de stimuler le développement durable au niveau mondial. Le premier sommet a eu lieu à Stockholm (Suède) en 1972, le deuxième à Nairobi (Kenya) en 1982, le troisième à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992, le quatrième et dernier avant Kyoto à Johannesburg (Afrique du Sud) en 2002.

    Le Sommet de 1992 a donné naissance à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) et a vu l’adoption de la Convention sur le Climat. Celle-ci confirme la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre et a abouti à la signature en 1997 du protocole de Kyoto.

    La négociation de Bonn finalisée à Marrakech en 2001 a permis la ratification par de nombreux pays en 2002 : par exemple, l’Union européenne alors composée de 15 États membres le 31 mai 2002, le Japon le 4 juin 2002. Par la suite, la Russie a ratifié le protocole le 22 octobre 2004 et cela a permis l’entrée en vigueur du protocole le 16 février 2005. En effet, pour entrer en vigueur, le protocole de Kyoto devait d’abord être ratifié par 55 pays représentant 55 % des émissions totales de GES en 1990.
    Futur

    En décembre 2009, la Conférence de Copenhague a abouti à un accord a minima non contraignant visant à réduire de moitié les GES en 2050 par rapport à 1990. L’objectif est de limiter à 2°C l’augmentation de la température du globe par rapport au début de l’ère industrielle.

    En décembre 2010, la Conférence de Cancun a réaffirmé cet objectif et mis en place l’allocation d’un Fonds Vert de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en voie de développement à lutter contre les changements climatiques et la déforestation. Cette conférence a par ailleurs révélé un point de désaccord sur la question de la prolongation du protocole de Kyoto, dont la première phase doit s’achever en 2012 : le Japon, la Russie et le Canada réclamaient la ratification des deux principaux pays consommateurs mondiaux, la Chine et les Etats-Unis.

    Lors de la Conférence de Durban en décembre 2011, les Parties se sont entendues sur une feuille de route visant un accord en 2015 englobant tous les pays pour lutter contre le réchauffement climatique. Cet accord devrait entrer en vigueur à partir de 2020.

    En 2012, la prolongation du protocole de Kyoto a été actée lors de la Conférence de Doha en décembre 2012. Le Japon, la Russie et le Canada ont refusé de poursuivre leurs efforts de réduction dans un cadre ne s’appliquant pas à la Chine et aux États-Unis?. La seconde période d’engagement concerne 37 pays dont les membres de l’Union européenne et l’Australie.
    Sommaire

    Définition et catégories
    Fonctionnement
    Enjeux
    Acteurs majeurs
    Unités et chiffres clés
    Passé et présent
    Futur

    Le protocole de Kyoto vise à réduire les émissions de 6 gaz à effet de serre différents, dues à l’activité humaine.

    L’Union européenne s’est engagée à réduire ses émissions de 8% entre 2008 et 2012.

    Le protocole a été signé par les États-Unis sous la présidence Clinton mais n’a jamais été ratifié par le Sénat américain.

    Concrètement
    Selon l’Agence européenne pour l’environnement, en 2011, les émissions de CO2 de l’Union européenne ont chuté de 2,5% par rapport à 2010(6).

    Le saviez-vous ?
    Par la « signature » d’une Convention, un État exprime, en principe, son intention de devenir Partie à la Convention. Mais la signature ne préjuge en aucun cas l’éventuelle suite (ratification ou non) que donnera cet État. Par contre, la « ratification » entraîne une obligation juridique pour l’Etat ratifiant de mettre en œuvre la Convention.
    dernière modification le 26 nov. 2012
    Sources

    (1) La période de référence diffère en Bulgarie (1988), en Hongrie (moyenne de 1985 à 1987), en Pologne (1988), en Roumanie (1989) et en Slovénie (1986). Manuel de référence du protocole de Kyoto (p. 55)

    (2) Un instrument de ratification est un document par lequel un chef d’Etat ou une autorité compétente confirme la validité de la signature que son plénipotentiaire a apposée au bas d’un accord ou d’un traité international.

    (3) Protocole de Kyoto

    (4) Protocole de Kyoto sur les changements climatiques, Site Europa de l’Union européenne.?

    (5) Enjeux et outils de la réduction des émissions de CO2, Sénat

    (6) Émissions de gaz à effet de serre en 2011, Agence européenne pour l’environnement

    Protocole de Kyoto, CCNUCC

    Objectifs d’émissions des pays engagés

    « Des principaux gaz à effet de serre d’origine humaine », Sénat.

    « Le méthane, un gaz à effet de serre : mesures de réduction et de valorisation des émissions anthropiques », Ministère de l’écologie, mars 2010.

    Source : http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/protocole-de-kyoto

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