citsDes experts et scientifiques, nationaux et internationaux,  ont débattu  à Rabat (Maroc), les 30 et 31 ocotbre dernier, sur les technologies spatiales et leur application à la gestion des ressources naturelles face aux changements climatiques.

La bonne gestion des ressources naturelles a été longtemps considérée comme un facteur de stabilité et de pérennité des écosystèmes. Elle permet entre autres de veiller à l’utilisation efficace et efficiente des ressources comme l’eau, l’espace naturel, les sols, la mer et les espaces cultivables. Cette bonne gestion est d’autant plus nécessaire avec les menaces actuelles sur l’environnement et qui sont liées principalement aux changements climatiques. Ces derniers sont considérées par les scientifiques comme l’un des plus grands dangers sur la viabilité et la diversité des espèces et de sur notre planète.

Des efforts considérables ont été déployés pour veiller à la bonne gestion de ces ressources en tenant compte de leur rareté, et de leurs impacts sur l’environnement. La communauté scientifique est presque unanime sur l’importance des outils tels que les satellites d’observations de la terre, les imageries aériennes, les systèmes d’information géographiques et les algorithmes de traitement des données. Des avancées considérables ont été réalisées en utilisant ces outils et d’autres sont à prévoir dans le futur proche avec la croissance grandissante des capacités de calculs, de collecte et de stockage des données.

Dans ce contexte, et dans l’objectif de permettre un espace d’échange réunissant différents acteurs (décideurs, scientifiques, …)  sur ces thématiques de grande importance, l’Ecole des sciences géomatiques et Ingénierie Topographique de l’IAV Hassan II à Rabat, Maroc, a organisé, les 30 et 31 Octobre 2013, un colloque international sur les technologies spatiales sous le thème : « la technologie spatiale au service des ressources naturelles face aux changements climatiques ».

DES EXPERTS DE FRANCE, DU CANADA, DU BAHREIN, D’EGYPTE ET DU MAROC

Le colloque qui s’est tenu au campus de l’IAV Hassan II à Rabat, a réunit les principaux départements ministériels liés par la thématique du colloque, des scientifiques et chercheurs marocains et internationaux (France, Canada, Bahrein, Egypte…). Il a été l’occasion d’échange et de partage des expériences et des projets autour des thématiques du colloque.

Le colloque a essayé de lancer le débat et de partager des expériences métiers dans des thématiques diverses sur la gestion des ressources agricoles, eaux, maritimes, énergétiques, forestières, littorales. L’approche suivie par les intervenants était de montrer comment les technologies géospatiales peuvent être utilisées pour mieux gérer ces ressources, et permettre ainsi d’atténuer les effets du changement climatique.
Les expériences proposées, qui ont été en majorité issues du monde académique et des instituts de recherches, ont été fortement appréciées par les décideurs et départements ministériels concernés par ces thématiques, et qui ont montré leur engouement et intérêt pour l’utilisation de ces techniques dans leur processus de prise de décisions liés à ces ressources.

RECOMMANDATIONS

Au terme de ce colloque, qui a réunit presque 200 participants, un certain nombre de recommandations ont été émises  et peuvent se résumer comme suit:

* Renforcer le rôle de la technologie spatiale dans la gestion et le suivi des ressources naturelles prioritaires souffrant de pressions et de surexploitations et vulnérables aux changements climatiques;
* Continuer l’effort de vulgarisation du rôle des technologies spatiales auprès des médias, universités, et autres administrations et organisations;
* Les chercheurs sont appelés à maintenir leurs efforts d’investigation afin d’innover et de créer de nouvelles connaissances scientifiques dans la modélisation des ressources, leur gestion adéquate, et la prévision des effets liés aux changements climatiques;
* Les décideurs doivent appuyer et renforcer le rôle de la recherche pour accompagner les efforts de modélisation et de compréhension des phénomènes de changements climatiques;
* Il est indispensable de mettre à la disposition des structures de recherche les fonds et les compétences nécessaires pour jouer pleinement leur rôle de locomotive pour le progrès et le développement national;
* Mettre à la disposition des chercheurs les données détaillées et les rapports d’études menées par les administrations publiques;
* Les acteurs sont vivement sollicités à suivre une politique de mutualisation et d’ouverture dans leurs offres de données géospatiales et suivre des initiatives de type OpenData. La mutualisation des données spatiales entre plusieurs acteurs permettra de rationnaliser les dépenses et éviter les doubles efforts;
* Besoin de normalisation des données spatiales. Mettre en place une Infrastructure de données spatiales pour éviter la redondance des données et pour mettre à la disposition des utilisateurs des données de qualité, normalisées et à multiples échelles;
* Nécessité d’élaborer une vision nationale commune de la technologie spatiale et créer des synergies pour renforcer les relations entre les différents intervenants, décideurs, professionnels et scientifiques dans la gestion des ressources naturelles et instaurer des passerelles d’entente entre scientifiques et décideurs;
* Mettre en place une structure qui fédère les compétences au niveau national dans le domaine des technologies spatiales et qui permettra d’harmoniser et de centraliser les informations sur la communauté scientifique nationale compétentes en technologie spatiale;
* Créer des réseaux de chercheurs et universitaires afin de regrouper, échanger et valoriser les compétences et connaissances, et mutualiser les efforts sur des thématiques multidisciplinaires;
* Besoin de renforcement des compétences en technologies spatiales pour suivre l’évolution technologique rapide du domaine. La formation doit être adaptée aux besoins de chaque région en encourageant la polyvalence au lieu de la spécialisation;
* Nécessité de donner l’importance à l’enseignement des bases théoriques solides et augmenter l’offre en formation continue et la formation en ligne sur l’utilisation des technologies spatiales pour la gestion des ressources naturelles. Les cycles de formation en technologies spatiales doivent être adaptés selon les besoins pour les décideurs, les cadres et les techniciens;
* Besoin d’étudier la vulnérabilité des territoires et des ressources naturelles en utilisant la technologie spatiale (côtes marocaines, oasis, sols, eaux souterraines, eaux de surface, …).

L’ensemble des interventions ainsi que le programme sont publié sur  le site  du colloque : www.iav.ac.ma/cits2013

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